2 min de lecture Élections européennes

Européennes : Emmanuel Macron "n'a pas gagné d'avance", estime Olivier Mazerolle

ÉDITO - Pour Olivier Mazerolle, le débat des élections européennes qui a eu lieu jeudi soir à la télévision, a prouvé que si les opposés à l'Europe "font peur", "les 'pour' ne font pas plus envie".

Olivier Mazerolle L'Edito d'Olivier Mazerolle Olivier Mazerolle
>
Européennes : Emmanuel Macron "n'a pas gagné d'avance", estime Olivier Mazerolle Crédit Image : ludovic MARIN / AFP / POOL | Crédit Média : RTL | Date :
La page de l'émission
Olivier Mazerolle
Olivier Mazerolle édité par Joanna Wadel

Les élections européennes passionnent rarement les Français, et le débat de jeudi soir ne risque pas de faire évoluer ce constat. D'un côté, ceux qui veulent faire évoluer l'Europe de l'intérieur, et de l'autre, ceux qui veulent la quitter. Enfin, au milieu, Jordan Bardella du Rassemblement National, qui voudrait bien la quitter mais n'ose plus le dire car il sait que cela effraie une majorité d'électeurs. 

Par ailleurs, ce dernier affirme pouvoir changer l'Europe de l'intérieur avec ses alliés nationalistes qui ont le vent en poupe. Un projet peu crédible, car comme Florian Philippot l'a lui-même souligné, les Hongrois veulent des travailleurs détachés, les Italiens une répartition des immigrés, ce à quoi s'oppose le Rassemblement National. 

De plus, les Autrichiens ont demandé des sanctions contre les folies budgétaires de leurs chers amis italiens. Les Polonais se méfient de ceux qui flirtent avec les Russes, comme le fait Marine Le Pen, qui a dû attendre que Matteo Salvini vienne à Paris pour une réunion des ministres de l’Intérieur, et qu'il consente enfin à lui concéder la photo en commun espérée depuis des mois. Entre nationalistes, l'amitié n'est pas spontanée

À lire aussi
Nicolas Dupont-Aignan et Benoît Hamon élections européennes
Nicolas Dupont-Aignan et Benoît Hamon, invités du Grand Jury dimanche

Les Français n'attendent rien de l'Europe

Olivier Mazerolle
Partager la citation

En résulte que dans le grand Barnum Circus de jeudi soir, personne ne l'a emporté. Les opposés à l'Europe font toujours peur, à cause du Brexit et de leur vindicte à l'égard des autres nations, qui promettraient d'épouvantables conflits. 

Et mise à part la verve de l'écologiste Yannick Jadot, les "pour" ne font pas plus envie. Ils sont mécontents de l'Europe, dénoncent ses imperfections sans pouvoir expliquer comment parvenir à la changer. Alors que les Pays-Bas et l'Irlande recourent à la règle de l’unanimité pour empêcher tout changement dans la politique fiscale dont ils tirent les plus grands profits. 

Quant à Nathalie Loiseau, candidate de La République En Marche, qui peut se prévaloir de l'appui d'Emmanuel Macron, il est certain qu'après sa prestation, elle ne convaincra pas grand monde. Le dernier sondage publié par Le Figaro montre que les français n'attendent rien de l'Europe, et la jugent non performante sur des questions essentielles comme l'environnement, l'emploi, la fiscalité et l'immigration. Face à ce réquisitoire, le verbe sans flamme de Madame Loiseau n'éveille pas la moindre étincelle d'enthousiasme. 

L'impossible compromis d'Emmanuel Macron

Il est logique que pour Emmanuel Macron, convaincu que les intérêts de la France seront mieux défendus au sein d'une Europe capable de s'imposer sur la scène internationale, la relance européenne soit une stratégie. Mais il a du mal à convaincre ses partenaires, il paye les inconséquences budgétaires qui ont affaibli le pays depuis des dizaines d'années. 

Car la France a été incapable de faire valoir son point de vue, et s'est même parfois soumise à la loi des autres. Lorsqu'en 2001, Airbus est devenu un consortium européen, Dominique Strauss-Kahn, alors ministre de l'Économie et des finances, avait confié que la société avait été logée aux Pays-Bas pour des raisons fiscales, les impôts étant moins élevés qu'en France. 

Pour retrouver désormais la crédibilité nécessaire, Emmanuel Macron doit donc faire preuve de sérieux. Ce qui le prive de marge de manœuvre pour ses annonces de fin de grand débat, et l'handicape pour les élections. En liant les deux, le président court le risque de transformer les européennes en référendum "pour " ou "contre" lui. Le moins que l'on puisse dire est qu'il n'ait pas gagné d'avance. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Élections européennes Politique Nathalie Loiseau
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7797371766
Européennes : Emmanuel Macron "n'a pas gagné d'avance", estime Olivier Mazerolle
Européennes : Emmanuel Macron "n'a pas gagné d'avance", estime Olivier Mazerolle
ÉDITO - Pour Olivier Mazerolle, le débat des élections européennes qui a eu lieu jeudi soir à la télévision, a prouvé que si les opposés à l'Europe "font peur", "les 'pour' ne font pas plus envie".
https://www.rtl.fr/actu/politique/europeennes-emmanuel-macron-n-a-pas-gagne-d-avance-estime-olivier-mazerolle-7797371766
2019-04-05 20:16:00
https://cdn-media.rtl.fr/cache/dYZl43Vj5Nc6uuzNrF6yQQ/330v220-2/online/image/2019/0331/7797334796_emmanuel-macron-a-glieres-le-31-mars-2019.jpg