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Emmanuel Macron : ce qu'il faut retenir de son interview sur France 2

ÉCLAIRAGE - Le chef de l'État s'est livré durant une quarantaine de minutes sur sa façon d'exercer le pouvoir et ses ambitions de réforme.

Emmanuel Macron lors d'une interview sur France 2 diffusée le 17 décembre
Emmanuel Macron lors d'une interview sur France 2 diffusée le 17 décembre Crédit : Capture d'écran
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Julien Absalon
et Clarisse Martin

Emmanuel Macron continue sa mue sur le plan de la communication politique. Le chef de l'État s'est de nouveau livré en longueur dans une interview télévisée, diffusée dimanche 17 décembre sur France 2, soit deux mois après son premier grand entretien à la télévision depuis son arrivée à la tête de l'exécutif.

Durant quarante minutes, au cours de ce rendez-vous enregistré quelques jours auparavant au Palais de l'Élysée avec le journaliste Laurent Delahousse, le président de la République a balayé l'actualité. Il a notamment répondu à des questions portant sur sa politique économique et sociale, l'environnement ou encore les dossiers internationaux comme la Syrie ou les États-Unis.

En pleine remontée dans les sondages, à en croire le dernier baromètre de popularité publié dans la presse, Emmanuel Macron s'est aussi confié sur sa façon d'exercer le pouvoir. 

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1. Il veut réformer le "plus vite possible"

Installé dans l'un de ses bureaux, celui dans lequel le portrait officiel a été pris, Emmanuel Macron a réaffirmé sa volonté d'entreprendre ses réformes sans perdre de temps. "Il faut faire le plus vite possible. Il y a du retard à rattraper", a-t-il déclaré, notant toutefois le paradoxe qui existe pour les électeurs entre "la parole politique" et le "temps politique". Reconnaissant être "obsédé" par la question du "rapport au temps", il estime possible de "changer les choses en profondeur si l'on décide d'y mettre beaucoup d'intensité".

Évoquant à plusieurs reprises son style présidentiel, Emmanuel Macron a remis en avant sa volonté de mettre à mal le clivage droite-gauche. "La victoire de mai dernier m'oblige à rassembler tous ceux qui sont prêts à faire avancer le pays sans états d'âme. Dans le gouvernement que j'ai nommé, il y a des ministres qui étaient contre moi quelques semaines avant. Ça m'est égal. Ils veulent faire travailler et avancer le pays ? Ils sont les bienvenus, on y va".

2. Sa façon de prendre le leadership international

Pour "retrouver le destin français", Emmanuel Macron mise beaucoup sur la scène internationale. "Je crois très profondément que la France n'est elle-même que quand elle porte une vraie vision européenne et une vraie volonté de tirer le monde vers son avenir", clame-t-il, revendiquant la dimension "héroïque" qu'il voit à son pays.

"Nos échecs internationaux, nous les payons sur le plan français", estime-t-il par ailleurs, justifiant la nécessité d'aller "beaucoup plus fort et vite à l'international". Il s'appuie sur un exemple concret : "Quand on n'a arrive pas à réformer l'Europe assez vite sur les travailleurs détachés, ce sont les Français qui en payent les conséquences".

3. Sa vision de l'avenir en Syrie

"Bachar est l'ennemi du peuple syrien. Mon ennemi, c'est Daesh". Par cette phrase, Emmanuel Macron a rappelé sa doctrine diplomatique et militaire dans la zone irako-syrienne : la défaite militaire du groupe jihadiste État islamique. "Je pense que, d'ici mi, fin février, nous aurons gagné la guerre en Syrie", a-t-il lancé une nouvelle fois.

Une fois le temps des combats passé, le chef des armées considère qu'il "faudra parler" avec son homologue syrien Bachar al-Assad, dont le départ immédiat est réclamé par de nombreux opposants. Emmanuel Macron dit néanmoins vouloir que le leader contesté "réponde de ses crimes devant son peuple, devant la justice internationale".

4. Son ambition pour le climat

Emmanuel Macron le reconnaît : "Je ne suis pas un activiste du climat depuis des décennies". Mais depuis sa prise de fonctions, il est tout particulièrement actif sur la question. "Il y a des gens qui m'ont convaincu", explique-t-il, prenant notamment exemple sur le dossier brûlant du glyphosate. Considérant que le "climat ne doit pas toujours être une idée négative mais une vraie transformation", il se dit convaincu que "l'on peut avoir une dynamique économique et une exigence climatique".

C'est d'ailleurs ainsi qu'il réitère sa confiance à Nicolas Hulot, son ministre de la Transition écologique et solidaire : "C'est un inquiet, c'est pour ça que je l'ai choisi. Moi, j'ai besoin de gens qui vivent dans le creux de leur ventre la nécessité de changer, de prendre des décisions, d'aller les expliquer, et de faire".

Enfin, le chantre du "Make our planet great again" semble douter des convictions de Donald Trump, qui ne croît pas au réchauffement climatique et qui a fait sortir les États-Unis de l'Accord de Paris. "Le moteur de sa décision, c'est qu'il s'était engagé à sortir (de cet accord) pendant sa campagne, il considère que c'est ce qu'il doit à ses électeurs, ça je ne peux que le respecter, c'est de la politique américaine".

5. Ses explications sur le nucléaire

Martelant son souhait de mettre l'accent sur la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, il justifie ainsi sa prudence sur les fermetures de centrales nucléaires. "Je ne suis pas un idolâtre du nucléaire, mais je pense qu'il faut choisir ses batailles. (...) Si je ferme demain une centrale nucléaire de plus, ce n'est pas vrai que je pourrai la remplacer par du renouvelable. Le renouvelable, c'est une énergie intermittente. (...) Le nucléaire n'est pas mauvais pour les émissions de CO2. C'est la manière la plus 'décarbonnée' de faire de l'électricité".

Afin d'avoir une production d'électricité un peu plus propre malgré tout, Emmanuel Macron préfère s'attaquer au "problème" des centrales thermiques et celles de charbon. "On va les fermer", promet-il.

6. Pas "intéressé" par le commentaire politique

Emmanuel Macron a tenu à se distancier de ses adversaires politiques. "Les gens qui s'opposent pour ou insulter ou décréter n'ont aucun intérêt. C'est le commentaire politique, mais ça n'intéresse pas le président de la République", a-t-il lâché.

Une posture qu'il a néanmoins brièvement quitté quelques instants après avoir prononcé ces mots, en adressant un tacle appuyé à Laurent Wauquiez. Le nouveau chef de file des Républicains avait estimé que le locataire de l'Élysée avait "la haine" de la province. "Ça n'apporte rien au pays. Ça dit la haine qu'il a pour votre serviteur, a répliqué Emmanuel Macron. Je la lui laisse, qu'il vive avec, ça fera son quotidien. Ça ne fera pas manger les Françaises et les Français, ça ne fera pas progresser le pays".

D'une façon générale, il a désigné comme ses principaux opposants "tous ceux qui pensent que notre pays est condamné à se replier sur lui même", tout en soulignant par ailleurs qu'il "faut des oppositions dans la vie démocratique".  Il a cependant assuré qu'il écoutait "toujours l'opposition parce qu'il peut y avoir des choses intéressantes à appliquer".

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2017-12-17 21:15:00
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