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Emmanuel Macron et Édouard Philippe ou deux versions du "mea culpa"

ÉCLAIRAGE - "Une erreur" lors de la crise des "gilets jaunes", pour Emmanuel Macron. Un "regret" sur la crise sanitaire pour Édouard Philippe. Les deux politiques esquissent un "mea culpa". Passage en revue de deux styles bien distincts.

Édouard Philippe et Emmanuel Macron, le 29 juin 2020
Édouard Philippe et Emmanuel Macron, le 29 juin 2020
Crédit : CHRISTIAN HARTMANN / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad

La période semble être aux regrets. Emmanuel Macron et Édouard Philippe font tous les deux le bilan de leur expérience à l'Élysée pour le premier et à Matignon pour le deuxième. Même si les deux politiques n'évoquent pas des erreurs sur les mêmes périodes, tous les deux entament un "mea culpa". Chacun à sa façon. 

Pour Emmanuel Macron, la période des "gilets jaunes" restera celle qui a le plus marqué son quinquennat, après la gestion de la crise sanitaire. Dans une interview à la chaîne américaine CBS, le président de la République a indiqué qu'il "est nécessaire d'accompagner les gens" pour qu'ils puissent s'adapter à la transition écologique. 

"Si vous allez à la Maison-Blanche ou au palais de l'Élysée pour dire : maintenant, il va falloir vous adapter et payer plus cher, je peux vous assurer que vous accroîtrez les inégalités sociales. J'ai moi-même fait une erreur de ce genre, en 2018, lorsque nous avons sous-estimé les effets de ce type de mesures sur la classe moyenne", a-t-il précisé.

Une "part de responsabilité", selon Macron

Ce n'est pas la première fois que le président de la République concède une erreur sur la taxe carbone. En janvier 2020 face à la Convention citoyenne pour le climat, créée en réponse directe à la crise des "gilets jaunes", Emmanuel Macron déclarait : "On a fait une erreur sur la taxe carbone et j’ai ma part de responsabilité là-dedans".

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"L’acceptabilité d’une telle taxation, si elle était remise sur la table, n’est soutenable que si elle prévoit des mécanismes d’accompagnement pour les plus modestes (…) J’insiste sur écologique et social. Ce que je n’avais pas assez vu, c’est l’impact social sur des citoyens qui travaillent et vivent dans des endroits où il y a peu de transports collectifs", se justifiait-il à l'époque.

Mais reconnaître une erreur n'efface pas le bilan, selon Matthieu Orphelin. L'ancien député La République En Marche, engagé dans le collectif Écologie démocratie solidarité, juge que "c’est trop facile les mea-culpa". "S’il avait vraiment compris, le prêt garanti par l'État pour l’achat d’un véhicule propre ou l’avance de 100% des frais de rénovation thermique pour les ménages les plus modestes auraient été repris dans la loi Climat. Visiblement, il n’a pas retenu la leçon", explique-t-il au Parisien.

Un manque de "prudence", pour Philippe

Pour Édouard Philippe, les regrets sont ailleurs. Sur Europe 1, l'ancien premier ministre est revenu sur la gestion de la crise sanitaire liée au coronavirus. En période de crise, "il n'y a pas de bonnes décisions", a-t-il indiqué. "Quand vous prenez dix, douze ou quinze décisions par jour, vous savez que vous allez vous planter", a ajouté le maire du Havre. 

Pour lui, "il faut accepter l’idée que parfois, on prend des décisions qui sont moins bonnes que d’autres. En situation de crise, c’est presque mécanique compte tenu du nombre de décisions que vous prenez, et du fait qu'elles sont souvent fondées sur des informations incomplètes, erronées ou contradictoires". Édouard Philippe "regrette" de ne pas avoir "formulé un peu plus de prudence ou de nuance dans un certain nombre d’avis". Des avis "formulés sans nuance par ceux qui les formulaient". 

Les regrets de l'ancien chef du gouvernement sont accompagnés d'une critique en direction de l'Organisation mondiale de la Santé. "L'OMS nous a dit, jusqu’au mois de juin 2020, que le port du masque en population générale n’avait pas de sens. Je l’ai répété avec beaucoup d’assurance. Mais c’est vrai que maintenant, je me dis que si j’avais mis un peu de nuance là-dedans, j’aurais l’air moins… Bon. Sauf qu’en même temps, quand vous formulez un message de Santé publique avec des nuances, on peut vous faire le reproche, et je le comprendrais, de ne pas être suffisamment ferme, ne pas être suffisamment précis", a-t-il expliqué.

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