3 min de lecture Changement climatique

Macron et la Convention citoyenne : des relations de plus en plus tendues

ÉCLAIRAGE - Le gouvernement a entamé une série de réunions pour préparer le projet de loi issu des propositions de la Convention citoyenne pour le climat, à l'heure où se multiplient les critiques sur la méthode et sur le fond.

Emmanuel Macron s'adresse à la jeunesse, le 4 décembre 2020
Emmanuel Macron s'adresse à la jeunesse, le 4 décembre 2020 Crédit : Capture d'écran Facebook/Brut
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Emmanuel Macron a tapé du poing sur la table, lors de son interview sur Brut, et retoqué les critiques qui lui sont faites en matière d'écologie. "Je n'ai pas de leçons à recevoir !, a-t-il lancé. Personne n'en a autant fait, depuis dix ans !". Le président de la République s'est vu reprocher le non-respect de ses engagements sur la sortie du glyphosate. Un "échec collectif", selon lui. 

"On a arrêté des projets que tout le monde laissait traîner, Notre-Dame-des-Landes, la Montagne d'or, EuropaCity" s'est-il défendu. Concernant les propositions faites par la Convention citoyenne pour le climat (CCC), Emmanuel Macron a refusé d'en faire l'alpha et l'omega de sa politique environnementale. 

"Je ne veux pas dire que parce que les 150 citoyens ont écrit un truc, c'est la Bible ou le Coran", a-t-il répliqué. "Je suis vraiment très en colère contre des activistes qui m'ont aidé au début et qui disent maintenant : il faudrait tout prendre", a-t-il continué. 

Des "détricotages" ?

Pour rappel la Convention citoyenne pour le climat a été constituée en octobre 2019, à l'initiative du chef de l'État. Elle a regroupé 150 citoyens tirés au sort dans le but de proposer des mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Elle en a proposé 149 à Emmanuel Macron, qui s'est engagé à en reprendre 146.
  
Comment les relations se sont-elles tendues entre le président de la République et les 150 citoyens ? Le réalisateur Cyril Dion, un des "garants" de la CCC, a lancé une pétition en ligne pour "sauver la Convention" qui a dépassé les 300.000 signataires en deux semaines. "Ce n'est pas des sujets où on peut dire : c'est à prendre ou à laisser, c'est faux", a ajouté Emmanuel Macron. Le sujet est visiblement sensible pour le président de la République qui a conclu ses réponses par : "Pardon de m'être énervé".  

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"Les détricotages se multiplient", a répliqué Cyril Dion dans Le Monde. "Ce que nous - signataires de cette pétition - vous demandons (est) simplement de tenir parole", poursuit-il, rappelant que "les climatologues misent sur un réchauffement de 3 à 7°C d'ici la fin du siècle et que notre planète pourrait devenir partiellement inhabitable". 

Des réunions avant la présentation de la loi

Cette pétition a été mise en ligne au moment où le gouvernement finalise la loi qui doit reprendre une partie des propositions. Fin novembre, le gouvernement a annoncé vouloir créer un "délit d'écocide". Objectif : punir les atteintes à l'environnement. "Nous allons créer un délit général de pollution. Les pénalités seront modulées en fonction de l'intentionnalité de l'auteur. Les peines encourues vont de trois ans d'emprisonnement à dix ans d'emprisonnement selon qu'on est en présence d'une infraction d'imprudence, d'une violation manifestement délibérée d'une obligation et la plus lourde, d'une infraction intentionnelle", a expliqué Éric Dupont-Moretti dans un entretien au Journal du Dimanche.

Députés et membres de la CCC ont ainsi été conviés par le gouvernement à cinq réunions qui débuteront ce lundi 7 décembre autour des thématiques sur lesquelles ont planché les "150" (se loger, se déplacer, consommer, se nourrir, produire et travailler) pour leur "présenter les orientations retenues", selon des sources ayant reçu l'invitation gouvernementale. "Il s'agit de leur présenter en premier des arbitrages très attendus, comment on traduit leurs propositions," selon le cabinet de la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, en insistant sur l'aspect "inédit" d'une telle démarche, avant même la présentation du texte en Conseil des ministres

Mais l'exécutif a laissé entendre que la portée de plusieurs mesures serait limitée ou retardée, notamment en raison de la crise qui touche de plein fouet des secteurs particulièrement pollueurs, automobile ou aérien notamment. "Il semble manquer le groupe Se faire balader non ?" avait ainsi réagi sur Twitter un des "citoyens", Sylvain Burquier. 

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