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Édouard Philippe : "Ni la popularité ni l'impopularité ne comptent à mes yeux"

Dans un entretien au "Point", l'ancien premier ministre revient sur son expérience à Matignon et sa relation avec Emmanuel Macron.

Édouard Philippe, le 29 septembre 2020
Édouard Philippe, le 29 septembre 2020 Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

"J'avais la trouille de ne pas être à la hauteur". À l'occasion de la sortie de son livre Impressions et lignes claires co-écrit avec Gilles Boyer, Édouard Philippe revient sur ses trois ans à Matignon. Mais pas que. L'ancien premier ministre explique dans un entretien au Point ne pas souhaiter voir ses "convictions partir à vau-l'eau". De là à jouer un rôle dans l'élection présidentielle de 2022 ? Mystère. 

"Ni la popularité ni l'impopularité ne comptent à mes yeux", explique-t-il, en référence à sa cote de popularité qui le place en personnalité politique préférée des Français. Le maire du Havre donne le ton. Son livre n'est en aucun cas "un journal" de bord. "Pas une chronique, explique-t-il. Certainement pas un traité. Mais un peu tout ça en même temps. Et sans prétendre à l'exhaustivité, avec des choix, des partis pris, des impressions. De toute façon, je n'ai pris aucune note quand j'étais à Matignon…".

Édouard Philippe poursuit en expliquant s'être "interdit" de prendre des notes lors de son passage à Matignon. "Je savais que je n'aurais pas le temps d'écrire. La tâche était trop accaparante. Et puis il y a des choses que je considère comme non dicibles. Par exemple, je n'ai jamais trahi le secret des conversations avec le président de la République et je n'ai aucune envie de commencer", raconte-t-il.

Philippe confie avoir lui-même remis sa démission

L'ancien premier ministre et actuel maire du Havre confie au Point : "Ce que je fais aujourd'hui est sans doute moins stressant, mais je ne vais pas nier que j'aime être aux manettes, en responsabilité".

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Il évoque aussi longuement sa relation avec Emmanuel Macron, de sa nomination à son départ de Matignon. Il dévoile ainsi le fait qu'il avait décidé dès juin dernier de présenter la démission de son gouvernement, après le second tour des élections municipales. "J'ai dit les choses très tôt et très clairement au président : quoi qu'il arrive, je lui remettrai ma démission à l'issue du scrutin au Havre. Je pensais qu'il lui appartenait, et à lui seul, de faire un choix sur la ligne politique et sur ceux qu'il voulait avoir à ses côtés pour la seconde partie du quinquennat", raconte-t-il au Point

Et si Emmanuel Macron lui avait demandé de rester ? "Si cette orientation m'avait convenu, oui, je serais resté. Mais je considérais que c'était sa décision souveraine et je voulais qu'il sache que j'étais très à l'aise avec ça. Il a tellement de choix délicats à faire que ce n'était pas la peine de compliquer celui-là. Il a décidé, et voilà…", répond-il. 

Un jour, ces taux monteront à nouveau, et ce jour-là, si nous continuons sur cette pente, nous aurons un problème, un gros problème

Édouard Philippe à propos de la dette dans "Le Point"
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Édouard Philippe et Gilles Boyer évoquent aussi dans Impressions et lignes claires des sujets d'actualité telle que la dette à rembourser. "C'est un sujet difficile, mais qui ne doit pas être mis sous le tapis. Aujourd'hui, l'État français emprunte sans problème, et à des taux négatifs. On lui donne de l'argent pour emprunter, ce qui est intellectuellement déconcertant. Il serait fou de penser que ça va durer et que les taux d'intérêt vont rester très bas ad vitam aeternam", explique l'ancien premier ministre.

"Un jour, ces taux monteront à nouveau, et ce jour-là, si nous continuons sur cette pente, nous aurons un problème, un gros problème. Nous ne voulons pas que la France rejoigne un jour le club des États qui ont été dépassés par leur propre dette", ajoute-t-il.

Très discret sur la présidentielle de 2022, Édouard Philippe revient sur celle de 2017. L'ancien juppéiste raconte que le nom d'Emmanuel Macron avait circulé comme possible premier ministre d'Alain Juppé, avant que ce dernier n'échoue à la primaire de la droite. "On avait repéré des personnalités susceptibles de nous rejoindre", parmi lesquelles figurait aussi Jean Castex, son successeur à Matignon.  

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