1. Accueil
  2. Actu
  3. Politique
  4. Emmanuel Macron : après un mois de juillet délicat, le Président serre la vis
3 min de lecture

Emmanuel Macron : après un mois de juillet délicat, le Président serre la vis

DÉCRYPTAGE - Le président de la République opère un resserrage du gouvernement et redéfinit les points clés de sa communication auprès de son entourage.

Emmanuel Macron, le 27 juillet 2017
Emmanuel Macron, le 27 juillet 2017
Crédit : Blondet Eliot-POOL/SIPA
Marie-Pierre Haddad

La phrase peut prêter à sourire mais elle n'en reste pas moins révélatrice. Emmanuel Macron s'est adressé à ses ministres "les moins expérimentés" pour leur dire : "C'est du pipi de chat, ce qui me remonte actuellement dans certaines de vos notes. Ne vous laissez pas enfermer dans le confort des documents rédigés par vos administrations. Certes, cela peut vous paraître sympathique et confortable de vous placer entre leurs mains. Mais vous verrez, dans six mois, si vous continuez, vous aurez disparu", comme le rapporte Le Figaro. De son côté, l'Élysée dément la tenue de ces propos par le Président.

Le mois de juillet avait mal débuté pour le président de la République : polémique au plus haut sommet de l'État avec le général de Villers, vive contestation avec la réduction des APL, baisse de dix points dans les sondages et succession d'erreurs et de couacs à l'Assemblée nationale. Désormais, Emmanuel Macron compte bien revoir sa communication et resserrer les rang au sein de son gouvernement.

Faire des adhérents REM des "relais d'opinion"

Le chef de l'État souhaite recadrer la majorité qui vit des heures délicates à l'Assemblée nationale. Selon les informations du Monde, Emmanuel Macron a reçu à l'Élysée le 26 juillet dernier Richard Ferrand, Christophe Castaner, Julien Denormandie, Arnaud Leroy et François Patriat. Il s'agissait d'une "réunion de cadrage politique, afin de tirer les enseignements de la mauvaise séquence de juillet", explique le journal. Le constat d'un proche de François Hollande est sévère : "Pour l'instant, c'est le bazar à tous les étages. Ça pourrait presque être nous au pouvoir !". 

Pour y remédier, le Président "souhaite visser son dispositif politique, en améliorant la fluidité entre exécutif, parti et groupes parlementaires", détaille Le Monde. Un participant explique qu'"il ne veut pas qu'on tombe dans les mêmes travers qu'hier. Il nous a rappelé que l'actuelle majorité devait donner des gages aux Français, en attente de changement". Un proche ajoute que "pour l'instant, les principales mesures mises en avant ont été des mesures de gestion budgétaire, avec la technique du rabot. On s'est 'bercyisé'. C'est tout l'inverse de ce que le président veut faire. Il ne veut pas gérer, il veut transformer".

À lire aussi

Au sein de La République En Marche un pilier de l'équipe a fait le constat, dans Le Figaro, qu'il "n'y a pas de stratégie, tous les changements en son sein sont renvoyés à l'automne. Les marcheurs ont été sollicités pour faire deux campagnes, puis on les a laissés seuls, dans la nature". Face à ce constat, Emmanuel Macron souhaite que les ministres et les élus coachent les adhérents. Ces derniers auront ensuite vocation à devenir des "relais d'opinion". Le président de la République aurait "également demandé que les responsables qui se révèlent défaillants soient remplacés. Dans le collimateur : certains vice-présidents, dépassés par la technicité de la conduite des débats et par les manœuvres de l'opposition".

Renforcer la communication du Président

De façon plus général, Emmanuel Macron souhaite revoir sa communication. Selon Le Monde, les responsables macronistes n'ont pu que constater que "trop peu de messages sociaux avaient été envoyés depuis mai". "Il n'y a pas ou peu d'expression sociale au sein de l’exécutif. Les Français ont l'impression qu'on fait une politique de droite", dénonce l'un d'eux. Un familier de l'Élysée indique que que "le Président a tout centralisé sur sa personne, il n'est pas assez protégé". Un ministre ajoute qu'il "y a de la tension, un peu de bashing au cœur de l'été".

D'après les observations du Figaro, la parole se serait libérée au sein de l’exécutif. "Certains conseillers, naguère ultradiscrets, s'expriment plus souvent pour donner des décryptages hors micro. Plus frappant: le conseiller politique du chef de l'État, Stéphane Séjourné, n'a pas hésité à s'exprimer sur Twitter. Le 27 juillet, il s'est fendu d'un commentaire sur cette 'opposition qui teste la résistance de la majorité en multipliant les incidents de séance, technique bien connue de la politique à l'ancienne…'. Inimaginable il y a encore quelques semaines…", peut-on lire. 

Un dernier épisode du mois de juillet aurait coincé encore : l'interview dans Le Parisien de Gérald Darmanin sur l'annonce des coupes budgétaires. Ceci est même "considéré par l'exécutif comme un contre-exemple de ce qu'il faudra faire dans l'avenir", précise le quotidien. Quant à Emmanuel Macron, il répète à ses collaborateurs : "Gardons un regard critique sur ce que nous faisons. SI quelque chose ne va pas, n'oublions pas que rien n'est gravé dans le marbre".

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/