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Édouard Philippe au Havre le 28 janvier 2026
Crédit : Lou BENOIST / AFP
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C'était en septembre 2024, dans les colonnes du Point : "Je serai candidat à la prochaine élection présidentielle", déclarait Édouard Philippe, plus de deux ans avant l'échéance. Depuis, l'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron s'était fixé pour projet de n'amorcer sa campagne qu'à la rentrée prochaine. Mais c'était sans compter sur Gabriel Attal qui s'est lancé à ses trousses en mai dernier, précipitant le calendrier.
Gérer son temps. Ne pas ouvrir son jeu trop tôt. C'était l'obsession d’Édouard Philippe, traumatisé par l'échec d'Alain Juppé à la primaire de la droite de 2016, après une campagne trop vite entamée. Jusqu'à ce que, fin mai, un autre Premier ministre d'Emmanuel Macron annonce qu'il se lançait dans l'arène : "J'ai décidé d'être candidat à la présidence de la République", déclarait Gabriel Attal le 22 mai lors d'un déplacement dans l'Aveyron.
Alors, pour Philippe, c'est toute une stratégie qu'il faut revoir. Fini les déplacements sans journalistes et les prises de parole au compte-gouttes. Petit à petit, avec un peu d’avance, il a dû endosser ses habits de candidat plus tôt que prévu. Un grand meeting à l'Adidas Arena début juillet, des interviews dans la presse... Hors de question de laisser sa relative avance s’effriter. "Édouard, c’est un gros diesel", sourit un soutien. Et pour cause : avec Attal, un pacte a été scellé : si, d'ici février, le risque d’un duel entre La France insoumise et le Rassemblement national devient trop fort, l’un des deux se retirera. D’ici là, il faut faire la différence.
Et pour cela, Edouard Philippe cherche à ne pas apparaître comme un héritier d'Emmanuel Macron. Premier et plus long locataire de Matignon sous l'actuel président, il reste associé aux Gilets jaunes, au Covid ou encore à la première réforme des retraites. Autant de sparadraps difficiles à décoller. Alors, il y a quelques mois, il a tenté de les arracher d’un coup sec.
Sébastien Lecornu, tout juste nommé Premier ministre, vient de démissionner et Édouard Philippe lâche une bombe en direct dans notre studio : "(Emmanuel Macron) s'honorerait si, par exemple, il proposait un nom de Premier ministre avec pour fonction d'exécuter les affaires courantes et qu'à l'issue il organise une élection présidentielle anticipée."
Réclamer la démission d’Emmanuel Macron ? En coulisses, ce jour-là, Edouard Philippe apparaît comme libéré. Les fidèles du maire du Havre parleront plutôt d’un acte fondateur : "Je ne lui dois rien", dira-t-il plus tard, avant de nuancer. Car c’est pour lui tout l'enjeu de cette campagne : capter les premiers des marconistes sans pour autant renoncer à tous ceux qu’il a déçus.
Autre exemple, lorsqu’il a concédé un mea culpa sur l’abaissement de la vitesse à 80 km/h ; un autre de ces sparadraps qui lui collait à la peau.
Reste désormais l’encombrant sujet des retraites, lui qui propose un report à 67 ans de l’âge de départ. Ce sera le dossier chaud de sa rentrée. Après trois semaines de vacances en Italie, avant de réenfiler ses gants… Et de monter définitivement sur le ring.
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