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ÉDITO - Dissuasion nucléaire française en Europe : Emmanuel Macron prononce lundi un discours très attendu - et pour Étienne Gernelle, "ce sera peut-être son héritage le plus important"

Depuis l'Île Longue à Brest, le président pourrait annoncer une extension de la protection nucléaire française, marquant un tournant historique pour l'Europe. Avec le soutien inédit du chancelier allemand Friedrich Merz.

Emmanuel Macron, à l'Élysée vendredi 13 février 2026.

Crédit : Bertrand GUAY / POOL / AFP

Force de frappe nucléaire : le dernier atout de Macron

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Force de frappe nucléaire : le dernier atout de Macron

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Etienne Gernelle & AFP - édité par Alexian Giron

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Emmanuel Macron prononcera ce lundi 2 mars 2026 un discours très attendu sur la contribution de la dissuasion nucléaire française à la sécurité du continent européen, face aux bouleversements géopolitiques mondiaux, aux doutes sur le parapluie américain en Europe et aux risques de prolifération nucléaire. Le président de la République prendra la parole dans le cadre très solennel de l'Île longue, à Brest, où sont stationnés les quatre sous-marins nucléaires lanceurs d'engins assurant la composante océanique de la dissuasion nucléaire française, au côté des forces aériennes stratégiques.

Ce serait peut-être l'héritage le plus important du deuxième mandat du locataire de l'Élysée. Le contenu du discours est pour l'instant top secret. Il pourrait être question de l'élargissement de la protection offerte par la dissuasion nucléaire française. Toutefois, il ne s'agit pas, et il ne s'agira jamais, du partage de la décision d'emploi. Contrairement à ce que disent certains complotistes, ça n'a jamais été envisagé. 

Il va surtout s'agir d'une extension plus formelle de la garantie ou du "parapluie" avec peut-être à terme la perspective de stationnement de nos armes nucléaires hors de France, voire d'emport de ces armes par des avions européens.

Le chancelier allemand est ouvertement favorable

Ce serait un vrai tournant pour l'Europe. Dès 1962, Georges Pompidou affirmait à l'Assemblée nationale : "Du seul fait que la France est en Europe, sa force de dissuasion joue pleinement et automatiquement au bénéfice de l'Europe". Une position qui a été réaffirmée par le général de Gaulle en 1964 et par tous ses successeurs depuis. 

La nouveauté étant que Friedrich Merz, chancelier allemand, est ouvertement favorable. Il a d'ailleurs déclaré avoir "entamé des discussions confidentielles avec le président français au sujet de la dissuasion nucléaire européenne"

Un véritable tournant. Angela Merkel, avec qui Emmanuel Macron avait abordé le sujet, était beaucoup plus réservée. En résumé, la situation va dans le sens du président français. La combinaison de l'agression russe et du lâchage américain donne rétrospectivement raison à Emmanuel Macron qui depuis 2017 prêchait un peu dans le désert pour sa fameuse autonomie stratégique européenne. 

La France conserve son atout : la dissuasion nucléaire

Alors le problème de la France étant la dette, limitant la capacité du pays à investir dans la défense européenne. Mais limitant également la dissuasion envers nos voisins de mettre leurs œufs dans le même panier que nous. La France conserve quand même cet atout de la dissuasion nucléaire. Elle est l'un des deux pays disposés en Europe, avec le Royaume-Uni, et la seule dans l'Union européenne. 

Or, la dissuasion nucléaire est un marqueur géopolitique majeur et un marqueur d'unité. Comme disait Ésope, dans la fable intitulée Les enfants désunis du laboureur : "Mes enfants, si vous restez unis, vous serez invincibles à vos ennemis. Mais si vous êtes divisés, vous serez facile à vaincre". 

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