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Marine Le Pen et Jordan Bardella à Matignon le 11 mars 2026.
Crédit : Bertrand GUAY / AFP
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La question revient comme un refrain à chaque échéance présidentielle : comment le Rassemblement national financera-t-il sa campagne ? À un an du scrutin de 2027, le sujet ressurgit avec acuité, relancé cette fois par les déclarations du président de la Fédération bancaire française (FBF), Daniel Baal, mercredi 29 avril sur RTL.
"Oui c'est un problème", a reconnu le dirigeant, également patron du Crédit Mutuel, interrogé sur le fait qu'aucune banque française ne souhaite, à ce stade, accorder de prêt au RN.
Il a toutefois insisté sur les risques associés à ces financements, rappelant les conditions nécessaires au remboursement par l'État : obtenir au moins 5% des voix et faire valider ses comptes de campagne.
"C'est une responsabilité des pouvoirs publics, le fonctionnement de la vie démocratique, le financement de la vie démocratique, in fine c'est bien l'État qui le fait", a-t-il précisé face à Thomas Sotto. Et de souligner qu'il s'agissait d'"un vrai risque" pour les établissements prêteurs.
Des propos qui ont immédiatement fait réagir Marine Le Pen. Sur X, la cheffe de file du RN a dénoncé, ce mercredi, une situation bloquée : "Ces propos sont très problématiques puisque, à part les dons, limités par ailleurs, seules les banques (européennes) peuvent financer une campagne présidentielle. Les prêts de particuliers ne peuvent pas financer une campagne présidentielle. Donc, on fait quoi ?".
Quelques jours plus tôt, le président du parti, Jordan Bardella, pointait déjà du doigt le refus des banques françaises : "Les banques françaises ont refusé de prêter, ce que je trouve anormal. Encore une fois, un parti politique qui représente des millions de Français devrait pouvoir avoir accès à un financement ! J'ai bon espoir que les banques françaises puissent assurer et assumer, dans le cadre de cette élection présidentielle, un rôle de conscience démocratique", déclarait-il, le 21 avril dernier, sur Europe 1 et CNews.
En coulisses, l'ancien Front national s'active pour trouver les quelque 10,7 millions d'euros correspondant au plafond maximal remboursé par l'État pour les candidats accédant au second tour. Le trésorier du parti, Kévin Pfeffer, reconnaissait, le 15 avril à l'AFP, que plusieurs demandes avaient été déposées, avec déjà "des retours négatifs" de certains établissements.
"J'ai toujours dit que ce serait compliqué auprès des banques françaises" qui "ne jouent plus le jeu de la démocratie", affirmait-il, citant notamment des refus "définitifs" de la Société Générale et de La Banque Postale, qui ne financent plus la vie politique.
Le parti met pourtant en avant des garanties qu'il juge solides : des sondages plus que favorables, au-delà du seuil des 5% requis pour le remboursement, et une subvention publique annuelle avoisinant les 15 millions d'euros (grâce aux 130 députés RN élus à l'Assemblée), supérieure au montant recherché. Malgré cela, l'incertitude demeure au sein du RN.
"Les discussions continuent", assure toutefois le trésorier, qui n'exclut pas de se tourner vers des banques européennes, comme en 2022.
Il faut le dire, rien de tout cela n'est nouveau pour le parti nationaliste. En effet, à chaque présidentielle, le RN - et avant lui le Front national - se heurte aux mêmes obstacles. En 2022 déjà, Marine Le Pen avait dû attendre le mois de février pour obtenir un prêt de 10,6 millions d'euros auprès d'une banque hongroise, à quelques semaines seulement du premier tour.
Chose importante à noter : depuis 2017, les règles se sont durcies. Les candidats ne peuvent plus emprunter auprès de banques non européennes, réduisant encore plus le champ des possibles pour les partis. Cette même année, alors qu'il venait de contracter un prêt de 8 millions d'euros pour sa campagne, Jean-Luc Mélenchon avait d'ailleurs estimé la situation du FN (à l'époque) "injuste".
"C'est injuste parce que ou bien le Front national est interdit comme un parti dangereux pour la démocratie, ou bien c'est un parti qui a des élus (...) comme les autres, et, dans ce cas, il n'y a pas de raison pour un banquier de faire de l'ostracisme", avait-il déclaré.
Faute d'accès facile au crédit bancaire, le Rassemblement national s'appuie en partie sur des prêts de particuliers, même si ceux-ci ne peuvent suffire à financer une campagne présidentielle.
Car le sujet reste crucial pour un RN sans capacité d'autofinancement. Le parti est en effet engagé dans un remboursement "soutenu" de sa dette : proche de 19 millions d'euros fin 2024, ce passif a été ramené à 10 millions fin 2025 et s'établit à environ 8,5 millions fin mars, avait précisé le trésorier Kévin Pfeffer, qui prévoit de réduire encore l'ardoise à 5 millions fin décembre, jusqu'à zéro en mars 2027, juste avant la présidentielle.
Malgré ces contraintes récurrentes, le parti a jusqu'ici toujours réussi à réunir les fonds nécessaires, souvent au terme d'une course contre la montre. Reste à savoir si, pour 2027, le scénario se répétera ou si cette "éternelle difficulté" trouvera enfin une issue plus prévisible.
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