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Démission de Hulot : "Une perte pour Macron et pour l'écologie", analyse Alba Ventura

ÉDITO - La décision de Nicolas Hulot de quitter son poste gouvernemental est avant tout un coup dur pour le président de la République qui tenait avec lui sa caution "écolo". Mais c'est un départ qui va bien au-delà de l'enjeu politique.

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Démission de Hulot : "Une perte pour Macron et pour l'écologie", analyse Alba Ventura Crédit Image : AFP / JOHN MACDOUGALL | Crédit Média : RTL | Date :
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Alba Ventura
Alba Ventura et Loïc Farge

C'est un ministre de poids qui quitte le gouvernement. Nicolas Hulot était le troisième dans l'ordre protocolaire. C'est une surprise, hormis ses sautes d'humeur habituelles. Même si le ministre de la Transition écologique te solidaire s'était donné un an pour faire le bilan de son action, il aura tenu quinze mois.

C'est une très grosse perte pour Emmanuel Macron, un coup dur politique. Alors au gouvernement on minimise, on atténue le choc. On explique que c'est un choix personnel, que Nicolas Hulot n'a peut-être pas mesuré ce qu'était une vie de ministre, mais qu'il a un bilan dont il n'a pas à rougir, qu'il a toujours été respecté dans les arbitrages.

On dit aussi que personne n'est irremplaçable et que la perte de Hulot ne va pas faire s'arrêter le pays. Non c'est sûr, mais c'est quand même une très mauvaise nouvelle. Parce que pardon, mais Hulot c'était une prise de guerre pour Emmanuel Macron. Hulot qui avait dit "non" à tout le monde et qui disait enfin "oui" à ce jeune président.

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L'écologie à l'épreuve du pouvoir

Macron tenait-là sa caution "écolo". Il en avait fait un trophée. Bon, le problème c'est qu'il ne l'a pas mis sur la bonne étagère. Comme toujours, l'écologie est le parent pauvre de la politique. Tous les ministres de l'environnement vous le diront.

Demandez à Roselyne Bachelot de vous décrire la difficulté de sa mission, alors qu'elle était ministre de Jacques Chirac. Le même Jacques Chirac qui appelait à une prise de conscience en 2002 au Sommet de la Terre de Johannesburg : "Notre maison brûle et nous regardons ailleurs".

Demandez à Nathalie Kosciusko-Morizet de vous raconter sa bataille sur les OGM. À Delphine Batho, son acharnement à refuser un budget en baisse qui la conduira à démissionner et qui, hors du gouvernement, se plaindra du poids des lobbies. Demandez à Ségolène Royal de vous rappeler son combat contre les boues rouges à Gardanne dans les Bouches-du-Rhône.

Macron n'a pas mis le trophée Hulot sur la bonne étagère

Alba Ventura
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Tous les présidents veulent faire de l'écologie. Mais, à l'épreuve du pouvoir, ça ne résiste pas. Les intentions sont là, mais la volonté politique n'y est pas vraiment. On voudrait en finir avec les voitures polluantes, mais les voitures électriques se font attendre.

On voudrait décréter la fin des pesticides, mais on n’a pas de produits de substitution. On voudrait en finir avec le nucléaire, mais on n'a pas les moyens de faire du renouvelable à 100%.

Parce que, comme tous ses prédécesseurs, le sujet d'Emmanuel Macron ce n'est pas l'écologie, c'est l'économie. Cela ne veut pas dire que rien n'a été fait. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas eu de paroles fortes. Mais au regard de l'urgence, ça ne fait pas le poids.

Hulot a sa part de responsabilité

Alors pendant quelques mois, Nicolas Hulot s'est bien accommodé de la "politique des petits pas" qu'il dénonce. Il disait tout le temps : "Je suis un pragmatique". D'ailleurs, il a sa part de responsabilité Nicolas Hulot. Il a cru qu'Emmanuel Macron était différent des autres. Il a cru que sa jeunesse offrirait un potentiel.

Sauf qu'il a vu que cette "politique des petits pas" venait se fracasser contre une réalité dramatique. Vous avez vu ces dernières semaines : des inondations, des incendies, la canicule, Allain Bougrain-Dubourg qui vient rappeler que 80% des hirondelles ont disparu, Yann Arthus-Bertrand qui vient expliquer que l'année dernière a été l'année la plus chaude, qu'on déforeste l'équivalent de la Belgique chaque année, qu'on est dans le déni.

Il les a entendus ses copains écolos, Nicolas Hulot. Et il s'est senti comme un géant aux pieds d'argile. Alors oui c'est une perte. Une perte pour Emmanuel Macron, mais aussi une perte pour l'écologie.

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2018-08-29 07:49:00
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