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Corse : les 3 enjeux de la visite d'Emmanuel Macron sur l'île de Beauté

ÉCLAIRAGE - Le président de la République entame mardi un déplacement sensible sur l'île de Beauté trois jours après une manifestation organisée par les nationalistes.

Emmanuel Macron à Furiani, en avril 2017.
Emmanuel Macron à Furiani, en avril 2017. Crédit : PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP
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Ludovic Galtier
Journaliste RTL

Quelle est la vision d'Emmanuel Macron quant à l'avenir de la Corse ? Muet sur ses intentions dans ce dossier depuis son accession à l'Élysée au printemps dernier - sa dernière prise de parole remonte au 7 avril 2017 - le chef de l'État s'apprête à dévoiler le cap imaginé par l'exécutif.

Au cours d'un déplacement d'un peu plus de 24 heures, mardi 6 et mercredi 7 février, le Président rendra d'abord hommage au préfet Claude Érignac mardi, vingt ans jour pour jour après son assassinat à Ajaccio. Le point d'orgue de sa visite est prévu mercredi. À proximité de Bastia, il prononcera un discours, dont la majorité régionale pèsera chaque mot.

Deux mois après la victoire sans partage du tandem composé de Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni lors d'élections territoriales d'un nouveau genre, les nationalistes et les indépendantistes démontrent leur impatience.

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Preuve en est avec l'organisation samedi 3 février d'une manifestation "sans précédent ces dernières années", selon les nationalistes, pour défendre leurs revendications parmi lesquelles "un statut d'autonomie de plein droit et de plein exercice" et une modification de la Constitution. La balle est maintenant dans le camp du gouvernement.

1. Répondre aux revendications des nationalistes

Révision de la Constitution, plus grande autonomie, statut de résident... Sur le fond, Emmanuel Macron est attendu au tournant.

Difficile pour l'heure de connaître le contenu du discours d'Emmanuel Macron. Sa dernière intervention au long cours sur le dossier corse remonte au 7 avril 2017. "La place de la Corse est dans la République parce que la République est suffisamment forte pour accueillir des particularités en son sein", avait alors déclaré le candidat Emmanuel Macron, qui a depuis distillé ci et là son refus de la co-officialité de la langue corse.

"S'il apparaît que le cadre actuel ne permet pas à la Corse de développer ses potentialités, alors nous pourrons envisager d'aller plus loin et de réviser la Constitution", avait-il ajouté dans ce discours au ton girondin et décentralisateur alors salué par les nationalistes modérés.

Son message aux nationalistes est le principal enjeu de ce déplacement sensible, tant il y a de la friction sur la ligne entre l'île de Beauté et Paris. Pour Jean-Guy Talamoni, président de l'Assemblée de Corse, il faut qu'Emmanuel Macron vienne avec "un esprit ouvert" et "adresse un signal très fort d'ouverture et de dialogue", loin de "l'indifférence" dont il a fait preuve, selon lui, jusqu'à présent.

Invité de RTL lundi 5 février, Gilles Simeoni est allé dans son sens. L'homme fort de l'île a précisé que son entretien, susceptible d'être organisé mardi soir avec le Président, n'était "pas confirmé". Le président de l'exécutif de la collectivité unique de Corse s’interrogeait : "Il y a une part d'incertitude, une part d'inquiétude qui grandit", regrettait-il avant que l'Élysée ne fixe officiellement la date de la rencontre entre Emmanuel Macron et les dirigeants nationalistes. L'échange est prévu mardi à 19h au siège de la collectivité territoriale de Corse, à Ajaccio.

Précédemment, les deux alliés corses étaient sortis déçus d'entretiens à Paris les 22 et 23 janvier avec le Premier ministre Édouard Philippe et le président Les Républicains du Sénat Gérard Larcher. "Maintenant au président de la République de dire, de parler, et, je l'espère, de montrer qu'il a entendu ce que nous avons dit", espère Gilles Simeoni.

2. Éviter "une crise politique" ?

Encore en position de force au vu de leur victoire rapprochée aux élections territoriales, Gilles Simeoni avertit, toujours sur RTL : "Il y a une fenêtre (pour) nous inscrire dans un dialogue qui a vocation à reconstruire une relation de confiance entre la Corse et l'État. Si demain, les portes du dialogue restaient fermées, nous serions dans une situation de crise et de blocage politique."

La situation pourrait par ailleurs s'envenimer sur le plan social. À Ajaccio, les lycéens sont en grève, lundi 5 février, en attendant le Président. Interrogé au micro de RTL, Jean-Christophe explique que "c'est une bonne manière pour dire que la jeunesse s'implique et veut engager un dialogue politique."

3. Régulariser ses relations avec les élus corses REM

Avant la venue du Président, les élus La République En Marche de Corse ont provoqué l'ire de la majorité présidentielle. Les six élus REM de l'Assemblée de Corse ont voté une résolution solennelle à l'initiative de dirigeants nationalistes.
Ce texte, qui reprend la plupart des revendications portées par ce camp sera remis à Emmanuel Macron à son arrivée sur l'île. Invité du Grand Jury RTL, Le Figaro, LCI dimanche 4 février, le patron du parti présidentiel Christophe Castaner a désavoué ce vote.

"Ils n'ont pas voté une position qui est celle de La République En Marche", a estimé l'ancien socialiste. "Le seul positionnement politique de La République En Marche n'est pas celui de la motion qui est adoptée, je vous le dis, il est celui du discours du président de la République, qu'il a tenu à Furiani pendant la campagne."

L'incertitude persiste sur une visite mardi d'Emmanuel Macron à la citadelle de Bonifacio, dont le maire Jean-Charles Orsucci est le chef de file REM dans l'île.

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