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"Les nationalistes corses sont en position de force", décrypte Alba Ventura

ÉDITO - Emmanuel Macron se rend dès mardi 6 février en Corse. D'abord pour rendre hommage au préfet Érignac, tué il y a vingt ans. Il prononcera ensuite un discours sur l'avenir de l'île, deux mois après la victoire des nationalistes.

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"Les nationalistes corses sont en position de force", décrypte Alba Ventura Crédit Image : AFP / PASCAL POCHARD-CASABIANCA | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Alba Ventura
Alba Ventura et Loïc Farge

Emmanuel Macron effectue mardi 6 et mercredi 7 février l'un des déplacements les plus sensibles depuis son entrée à l'Élysée en se rendant en Corse.

Les nationalistes sont en position de force sur l'île, parce qu'ils ont remporté une large victoire en décembre dernier.Ils ont obtenu la majorité absolue. Même s'il faut rappeler que la participation n'était pas au rendez-vous.

Mais ce sont eux qui sont désormais aux manettes. C'est un succès qu'ils ont construit depuis plusieurs années maintenant, dans cette île où les partis traditionnels ont failli. C'est comme cela qu'ils ont réussi à s'emparer d'abord de la ville de Bastia il y a trois ans, puis de la région, et puis trois députés ont fait leur entrée à l'Assemblée nationale en juin dernier.

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Alors oui, ils sont en position de force. Ils ont d'ailleurs voulu le rappeler à Emmanuel Macron, samedi 3 février, lors de leur manifestation. C'est donc un défi pour le Président, qui n'a pas toujours été très clair sur le sujet Corse.

Le slalom de Macron sur la Corse

Le chef de l'État a un peu slalomé entre son discours d'avant la présidentielle et son discours d'après. Avant on était en plein dans l'art consommé du "et en même temps". Cela donnait "La République est indivisible mais plurielle", ou encore "La place de la Corse est dans la République, une République suffisamment forte pour accueillir des particularités". C'était assez flou, mais on mettra ça sur le compte de la campagne.

Depuis, Emmanuel Macron est devenu président, et les nationalistes ont remporté la mise à l'Assemblée territoriale. Aujourd'hui pour Emmanuel Macron, tout l'enjeu est d'articuler son propos entre le fait des urnes et le fait de la République.

Il y a évidemment des lignes rouges. Prenez la question de l'amnistie des prisonniers politiques. C'est une ligne rouge, d'autant qu'il faudrait savoir exactement de qui on parle. Est-ce qu'il s'agit  de ceux qui ont du sang sur les mains (autrement dit des terroristes), ou de ceux qui sont éligibles à une libération conditionnelle ? Ce n'est pas la même chose. D'ailleurs les deux leaders nationalistes, Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, ne sont pas tout à fait sur la même longueur d'onde dans ce dossier.

Une ligne rouge : la langue

Et puis il y a un autre sujet extrêmement délicat : celui de la langue. Ce que veulent les nationalistes, ce sont deux langues officielles : le corse et le français. Ça pour Emmanuel Macron, ce n'est pas négociable. Qu'il y ait des langues régionales, oui ! Mais quand vous dites que le corse doit être "langue officielle", de facto vous vous détachez de la France. Et ce qui soude la France, c'est la langue française.

Même si Emmanuel Macron, président, a ouvert la possibilité de territoires à géométrie variable (il avait appelé cela la "différenciation territoriale"), il semble que sa colonne vertébrale républicaine l'empêche d'aller au-delà d'une certaine limite. Que la corse s'émancipe, oui. Qu'elle aille vers plus d'autonomie, oui. Mais ça ne peut pas être "open-bar" !

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ÉDITO - Emmanuel Macron se rend dès mardi 6 février en Corse. D'abord pour rendre hommage au préfet Érignac, tué il y a vingt ans. Il prononcera ensuite un discours sur l'avenir de l'île, deux mois après la victoire des nationalistes.
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2018-02-05 07:58:00
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