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Coronavirus, réformes... Que pourrait annoncer Emmanuel Macron mardi soir ?

Le président de la République renoue avec cet exercice médiatique alors qu'une 5e vague se profile et que la présidentielle n'est pas loin.

Emmanuel Macron, le 16 août 2021
Emmanuel Macron, le 16 août 2021
Crédit : Christophe ARCHAMBAULT / AFP
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud

Va-t-il annoncer un reconfinement ? Une troisième dose de vaccin obligatoire pour tous ? Le masque à l'école sur tout le territoire ? Un durcissement du passe sanitaire ? La réforme des retraites ? L'annonce d'une nouvelle allocution élyséenne mardi 9 novembre 2021 a provoqué le surgissement de très nombreuses questions dans l'opinion publique. 

Il faut dire que les allocutions solennelles du président de la République sont souvent annonciatrices de grands changements pour la vie quotidienne des Français. Il s'agit aussi d'outils très efficaces de mobilisation du public. La prise de rendez-vous massive pour la vaccination lors de l'annonce du passe sanitaire en est la démonstration la plus éclatante. 

Mais pourquoi Emmanuel Macron prend la parole ce mardi et que compte-t-il dire aux Français. Le président de la République conservera jusqu'au dernier moment le secret de ses annonces. Naturellement, la reprise épidémique en Europe sera au cœur de cette prise de parole. Mais il ne devrait pas être question de reconfiner. Reste à savoir si la troisième dose de vaccin anti-Covid, intégrée au dispositif du passe vaccinal, sera rendue obligatoire. Sur le volet sanitaire, le Président devrait rester dans le domaine du conseil et de l'incitation. L'objectif gouvernemental et hospitalier est de convaincre les non-vaccinés de franchir le pas et les personnes fragiles de ne pas oublier cette 3e dose de rappel. 

3e dose : inciter ou obliger ?

Intégrer cette troisième dose au passe vaccinal, exclusivement pour ces personnes fragiles, entrerait en contradiction avec le secret médical et provoquerait une rupture d'égalité entre les citoyens. Avec un tel système, il y aurait ceux concernés par les deux doses comme aujourd'hui, et les autres qui devraient se soumettre à la troisième dose en temps et en heure pour disposer d'un parcours vaccinal complet. Les restaurateurs ou personnels de sécurité qui contrôlent les passes pourraient ainsi déduire la fragilité d'une personne concernée (obésité, diabète, immunodépression...) cette 3e dose obligatoire. Un tel système serait difficile à mettre en place et à faire accepter. 

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Emmanuel Macron devrait se contenter d'expliquer, une nouvelle fois, que la bataille n'est pas encore gagnée contre la maladie. Il pourrait, à l'image des communications gouvernementales récentes, inciter aussi les plus fragiles à se faire vacciner contre la grippe saisonnière. Emmanuel Macron ne devrait pas passer sous silence les bons résultats de la France, grâce à ce passe sanitaire, qui est de plus en plus copié chez nos voisins. 

Une politique de troisième dose pour tous ne serait pas si originale pourtant. Israël et bientôt en Allemagne l'ont déjà mis en place. "La discussion est clairement sur la table, il y aura un Conseil de défense mardi matin et le président de la République en tirera les conséquences", soulignait le député LaREM Sylvain Maillard. Vendredi, le Premier ministre Jean Castex a dit que l'exécutif réfléchissait en priorité à la piste d'un passe conditionné à une troisième dose. "Si au bout d'un certain temps, le vaccin n'est plus actif et qu'il faut une dose de rappel, il y a une certaine logique à le lier au passe sanitaire", estimait Yaël Braun-Pivet, présidente (LaREM) de la commission des lois, même si Richard Ferrand a dit que ce scénario n'était "à ce stade pas sur la table".

Pour l'épidémiologiste Dominique Costagliola "cette troisième dose pour l'ensemble de la population est sans urgence". "Le problème, ce sont les gens qui ne sont pas du tout vaccinés", ajoutait-elle. Alain Fischer, le "Monsieur vaccination" du gouvernement, insistait pour sa part dans le Journal du dimanche sur la priorité d'une troisième injection pour les plus fragiles et de convaincre les "13% des plus de 80 ans non vaccinés". Convaincre sans forcer la main, là est le dilemme de l'exécutif depuis des mois. 

Vaccin, masque... Que faire avec les enfants ?

L'autre volet que la France pourrait activer serait la montée en puissance de la vaccination chez les enfants qui est encore à la discrétion de chacun et sans contrainte d'un passe sanitaire qui conditionnerait l'accès à l'école par exemple. Aux États-Unis, le vaccin a été autorisé et recommandé pour les enfants de plus 5 ans. Mais en France, la question de la vaccination des mineurs et des plus jeunes reste explosive et Emmanuel Macron ne voudra certainement pas remettre une pièce dans la machine anti-vax et anti-passe. Les scientifiques restent d'ailleurs calmes sur la question de la vaccination des plus jeunes. Le professeur Alain Fischer considère par exemple que "La France peut se permettre d'attendre un peu et de voir comment les choses se passent aux États-Unis". 

Puisque nous parlons des enfants, l'exécutif pourrait aussi être tenté de freiner les territoires qui assouplissent le port du masque (notamment à l'école) et rappeler aux Français que le temps des gestes barrière n'est pas encore révolu. Port du masque à l'école généralisé sur tout le territoire national ? Peut-être. Mais cela reviendrait pour le gouvernement à revenir sur ses propres critères et sa politique sur-mesure en fonction des situations épidémique dans tel ou tel département. Il est peu probable qu'Emmanuel Macron se dédise. 

Ne pas parler que de la pandémie

Mais le coronavirus et le vaccin ne seront pas l'alpha et l'oméga de cette allocution. Emmanuel Macron ne veut pas s'enfermer dans cette discussion et souhaite toujours tracer une ligne politique pour la France. Un rôle naturel pour le locataire de l'Élysée et vital pour quiconque veut entrer dans l'arène de 2022. Emmanuel Macron, n'a pas encore dit s'il allait se représenter mais il compte bien évoquer ce mardi la relance économique et faire un point sur les réformes comme celle - aussi crainte qu'attendue - des retraites. Emmanuel Macron ne devrait pas non plus se priver de mettre en avant son bilan économique. Mais les mauvaises nouvelles sur le pouvoir d'achat et l'inflation généralisée, notamment sur la question de l'énergie et des carburants pourraient noircir le tableau et empêcher le président de présenter, sans risque, un satisfecit. 

Lors de sa dernière allocution le 12 juillet, Emmanuel Macron avait confirmé la mise en œuvre de la réforme de l’assurance-chômage, annoncé le plan France 2030 et "un revenu d’engagement" pour les jeunes, devenu un "contrat d’engagement". Le président pourrait donner des détails pratiques pour la mise en œuvre de ces réformes qui ne sont pas encore très claires pour les Français. Il pourrait aussi se laisser tenter par quelques annonces explosives qui auraient le mérite de le plonger dans la campagne présidentielle et d'éclipser, un temps, celles et ceux parmi ses concurrents qui occupent le terrain médiatique. Une allocution, c'est la certitude d'être écouté et d'être président jusqu'au bout. Et à cinq mois du scrutin, cela est précieux.

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