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Coronavirus en France : l'exécutif nez à nez avec sa "part d'incohérence"

DÉCRYPTAGE - Sur la campagne vaccinale ou sur un retour à une vie presque normale, le gouvernement ajuste sa stratégie. Quitte à provoquer des incompréhensions. "Une part d'incohérence" observée "partout dans le monde", selon Gabriel Attal.

Jean Castex et Olivier Véran le 4 mars 2021
Jean Castex et Olivier Véran le 4 mars 2021 Crédit : Alain JOCARD / AFP / POOL
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Confinement, couvre-feu, gestes barrières, télétravail, vaccin... Le gouvernement continue, un an après le premier confinement, à mener une bataille contre le coronavirus et les variants. Au risque parfois de revenir sur des décisions actées et de provoquer certaines contradictions. Des changements de pied de plus en plus délicats à justifier pour les ministres en première ligne, notamment sur la vaccination et la fermeture des lieux culturels. 

Ayant hérité de la périlleuse tâche d'organiser avec les élus la campagne vaccinale sur le terrain, Olivier Véran décortique la ligne fixée par le président de la République et le Premier ministre et évoque désormais à demi-mot l'ouverture de vaccinodromes

L'autre versant de la montagne concerne la réouverture des lieux culturels, des musées et la reprise des festivals et des concerts. Sur ces sujets, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal s'est démarqué lors d'un entretien au Parisien

À tâtons sur les vaccinodromes

La pression sur les épaules de l'exécutif est donc intense. Le ministre de la Santé souhaite qu'"à chaque fois qu'un vaccin est disponible sur notre territoire", "un Français soit vacciné, que ce soit le lundi, le dimanche". La première étape semble être franchie pour le gouvernement : Jean Castex a chiffré à plus d'un demi-million les vaccinations faites sur ces trois derniers jours.  
Cette accélération de la campagne de vaccination nécessite une logistique précise qui a poussé l'exécutif à revoir sa position sur les vaccinodromes. En janvier dernier, Olivier Véran déclarait que le gouvernement avait fait "le choix de vacciner les personnes âgées et très fragiles chez elles, dans leur lieu de résidence, les soignants dans les hôpitaux". Le ministre de la Santé défendait une stratégie de vaccination dite "de proximité". "Je ne suis pas du tout certain, et c'est mon opinion, que cela doit prendre la forme de grands stades dans lesquels viendraient faire la queue des milliers de personnes".

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Deux mois plus tard, aux côtés de Gérald Darmanin, le ministre de la Santé a revu sa position sur les vaccinodromes. "Lorsqu'il y a suffisamment de vaccins pour justifier d'ouvrir des centres le week-end, nous le faisons", a-t-il fait valoir. Des centres de vaccinations XXL ont ainsi ouvert à Toulouse, Poitiers, Nice, Marseille.

L'option des vaccinodromes n'avait jamais été écartée

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Le gouvernement a-t-il changé d'avis ? Selon les informations du Journal du Dimanche, Emmanuel Macron a serré un peu plus l'étau autour de ses ministres en exigeant des "vaccinations sept jours sur sept". Et pourquoi pas mobiliser les pompiers, l'armée et les soignants. Du côté du ministère de la Santé, on explique au JDD que "l'option des vaccinodromes n'avait jamais été écartée, mais poursuit-on, jusqu'à présent, nous avions des approvisionnements limités pour un public fragile et restreint. Quand on aura passé le cap du million de doses livrées par semaine, il faudra multiplier les canaux et redimensionner les centres de vaccination". 

Mais pas question pour l'exécutif d'utiliser le mot de vaccinodrome. "Le mot est encore interdit. Le gouvernement redoute que ces usines à piquer apparaissent vides, faute de doses, à la télévision. C’est le traumatisme encore vivace de la campagne contre le H1N1", explique l'éditorialiste politique de RTL Olivier Bost. 

"À titre personnel" sur la réouverture des musées

Dans l'attente d'une réouverture et d'une reprise d'activité, l'impatience du monde de la culture a atteint son paroxysme. Plusieurs milliers de professionnels du monde de la culture ont manifesté le 7 mars pour crier leur colère et leur lassitude. À Paris, plusieurs personnes ont fait irruption au sein du théâtre de l'Odéon et l'ont occupé. La ministre de la Culture Roselyne Bachelot s'était rendue sur place.

"Je comprends les inquiétudes notamment sur les suites de l'année blanche : ils le savent, mon objectif est de poursuivre la protection de l'emploi artistique autant que nécessaire. Nous poursuivrons nos échanges", a tweeté la ministre. 


Le gouvernement, qui a fermé fin octobre les théâtres, musées et autres lieux culturels, n'a toujours pas donné de date de réouverture. Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a tenté de fixer une ligne à l'horizon. Un "retour à une vie plus normale (...) peut-être dès la mi-avril", a-t-il évoqué. En attendant les questions se multiplient pour tenter de comprendre la stratégie de l'exécutif vis-à-vis de la sphère culturelle. 

J'avoue avoir du mal à expliquer qu'on puisse aller dans un Sephora, mais pas dans un musée

Gabriel Attal dans "Le Parisien"
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À la question : "à quand la réouverture des lieux culturels ?", le porte-parole du gouvernement fait une réponse étonnante. "Je pense que les musées seront parmi les premiers lieux à rouvrir. J'avoue avoir du mal à expliquer qu'on puisse aller dans un Sephora, mais pas dans un musée. Mais il y a nécessairement, dans la gestion d'une telle épidémie, une part d'incohérence quand il faut limiter les interactions et les flux de personnes. On le voit partout dans le monde", a-t-il indiqué dans Le Parisien.

C'est donc "à titre personnel" que Gabriel Attal "espère" "la réouverture des lieux culturels" avec "un soutien financier assez fort pour permettre au plus grand nombre de Français d'y avoir accès".

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