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Comment Marine Le Pen et le Rassemblement national tentent de gommer l'héritage du FN

DÉCRYPTAGE - Le parti veut rapidement mettre le colloque organisé pour les 50 ans du FN derrière lui afin de poursuivre sa transformation dans le paysage politique.

Marine Le Pen et les députés Rassemblement national dans l'hémicycle, le 3 octobre 2022
Marine Le Pen et les députés Rassemblement national dans l'hémicycle, le 3 octobre 2022
Crédit : LUDOVIC MARIN / AFP
Marie-Pierre Haddad

L'un fera la fête sans sa fille. L'autre fera un colloque sans son père. L'humeur n'est pas aux cotillons, aux bougies, à la musique et autres célébrations au sein du Rassemblement national. Le Front national a fêté ses 50 ans, le mercredi 5 octobre. Une date anniversaire qui a déclenché une migraine dans la direction du RN.

La problématique est en effet complexe : comment ne pas froisser les historiques du parti ? Et les nouveaux arrivants ? Après avoir passé dix ans à effacer l'héritage du Front national, Marine Le Pen s'est retrouvée face à un casse-tête. 

Au parti, on reconnaît "un choix difficile" qui a mobilisé les esprits pendant plusieurs jours. "Peu importe la décision prise, cela va déclencher une incompréhension, nous indique-t-on. Si on fête les 50 ans du RN, on dira que nous n'avons pas tourné la page. Si on ne le fête pas, on dira qu'on n'assume pas. Si on le fête discrètement, les militants diront qu’on a honte", énumère-t-il.

La direction du RN a tranché et décidé d'organiser un colloque à l'Assemblée nationale à l'occasion des 50 ans du FN. À travers cette décision, le parti de Marine Le Pen parachève sa dédiabolisation et entame une nouvelle étape. Le but "est de montrer que ce parti n'est plus ce qu'il était et qu'on a largué les amarres", a expliqué un proche de l'ancienne candidate à l'élection présidentielle.

Election du président du parti en novembre

Le Rassemblement national n'est pas encore arrivé au bout de sa mue, mais l'objectif est presque atteint. Diabolisation, dédiabolisation... Ces mots ont disparu des éléments de langage du parti. C'est "l'institutionnalisation" qui prime désormais. Autrement dit, la capacité de la formation politique à travailler dans les institutions, à influer "et à préparer 2027", ne manque pas de rappeler un élu RN. 

Comment ? En opérant une nouvelle évolution. En novembre prochain, les militants du Rassemblement national éliront leur nouveau président : Jordan Bardella ou Louis Aliot. L'ère des Le Pen à la tête d'un parti politique est terminé.

Officiellement, la campagne entre les deux candidats suit son cours et se déroule sans accrochages ou guerre de clans. Un soulagement pour la direction du parti. Mais certains restent sur leur garde, rappelant que rien n'est encore joué. "C'est friendly mais ça reste une compétition", souligne un cadre du parti

Une nouvelle génération de députés

Le 5 novembre prochain, un nouveau chef sera donc à la tête du RN. En attendant, c'est du côté de l'Assemblée nationale que le parti a enclenché sa transformation la plus importante. Une nouvelle génération de députés frontistes a fait son entrée dans l'hémicycle. Des députés qui pour certains n'auraient pas voté pour Jean-Marie Le Pen à l'époque du Front national. C'est "un parti contestataire qui apportait peu de solutions mais qui levait des sujets et les imposer dans le débat. Mais sans avoir vocation à prendre le pouvoir...", explique un élu. 

Un autre élu évoque même une jeune génération de députés RN "anti-Jean-Marie Le Pen". Un vent de nouveauté souffle ainsi sur les bancs de l'hémicycle. "La vraie question désormais est de savoir où on veut mettre le curseur : est-ce qu'on reste sur nos sujets, comme la sécurité et l'immigration ou on s'ouvre à de nouvelles thématiques", se questionne-t-il. 

"La ligne a évolué", affirme-t-on. Et avec deux lignes commencent à s'opposer sur la façon dont le RN doit incarner l'opposition : construction ou opposition ferme ? "Il y a un équilibre à trouver. Nous sommes dans une volonté d'être dans une opposition de gouvernement et de montrer notre capacité à gouverner. Sans pour autant jouer l'obstruction", analyse un membre du parti. Tandis qu'un autre assume ne pas vouloir incarner "le rôle de pompier" pour "essayer de corriger le tir des textes gouvernementaux". Nouvelle ligne et donc nouveaux débats à trancher en interne dans les mois à venir.

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