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Borne à recharge électrique (illustration)
Crédit : Prakash MATHEMA / AFP
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Un mois après la présentation d’un plan gouvernemental destiné à augmenter la consommation d’électricité dans le pays, Emmanuel Macron a convié, ce mardi 26 mai, à l’Élysée l’ensemble des acteurs de la filière, des grands groupes énergétiques aux artisans chauffagistes.
L’objectif affiché par l’exécutif est double : diminuer les émissions de CO2, notamment dans les transports et l’industrie, mais aussi réduire la dépendance du pays au pétrole importé, alors que la guerre au Moyen-Orient fait toujours grimper les prix du brut.
Aujourd’hui, les énergies fossiles représentent encore 60% de la consommation énergétique française. Le gouvernement souhaite faire tomber cette part sous les 50% d’ici 2050 grâce à une production d’électricité d’origine nucléaire et renouvelable. D'ici à 2035, l'électricité devrait idéalement passer de 27% actuellement à 38% grâce à la production abondante d'électricité d'origine nucléaire ou renouvelable.
Dans la cour de l’Élysée, des tracteurs et engins de chantier électriques ont été exposés pour illustrer cette stratégie d’électrification des usages.
Invité de RTL ce mardi 26 mai, l'ingénieur, spécialiste de l'énergie et du climat, Jean-Marc Jancovici, a défendu cette stratégie d’électrification comme une "réponse au problème" face aux enjeux climatiques et énergétiques actuels. Il a notamment cité trois grands secteurs concernés : la mobilité avec le remplacement des moteurs thermiques par des moteurs électriques, le chauffage grâce aux pompes à chaleur et l’industrie avec l’électrification des fours et procédés aujourd’hui alimentés au gaz.
À l’occasion de cette réunion, EDF, qui fête ses 80 ans cette année, a détaillé plusieurs engagements. L’énergéticien prévoit de consacrer 240 millions d’euros à l’électrification du pays.
Ce budget sera divisé en trois. Une enveloppe de 80 millions d’euros sera destinée à aider les particuliers à remplacer leurs chaudières au gaz ou au fioul par des pompes à chaleur. Un autre volet de 80 millions servira à soutenir l’achat de poids lourds électriques et l’installation de bornes de recharge. Enfin, 80 millions supplémentaires seront investis dans la préparation de terrains industriels destinés à accueillir de grands consommateurs d’électricité.
EDF entend également accélérer l’électrification des logements sociaux et des Ehpad, dont 8% fonctionnent encore au fioul. Le groupe souhaite aussi développer l’installation de bornes électriques dans les copropriétés.
Pour les industriels, l’entreprise publique prévoit un "coup de pouce chaudière électrique" de 30 millions d’euros afin d’encourager le remplacement des équipements fonctionnant au gaz.
D’autres acteurs du secteur ont également annoncé de nouveaux investissements. Le fournisseur d'électricité renouvelable Octopus Energy prévoit le déploiement d'"au moins 10.000 pompes à chaleur" dans les douze prochains mois, dans le cadre du dispositif de leasing soutenu par le gouvernement. L’entreprise envisage aussi jusqu’à 150 millions d’euros d’investissement pour construire une usine de pompes à chaleur en France.
L’opérateur Electra - spécialisé dans les bornes de recharge de véhicules électriques partout en Europe - a annoncé vouloir investir 300 millions d’euros d’ici 2030 afin d’installer 1.000 nouveaux points de charge ultra-rapides par an. De son côté, Lidl France prévoit aussi d’investir 13,5 millions d’euros en 2026 dans de nouvelles bornes électriques.
EDF a également annoncé le lancement d’Izivia Trucks, présenté comme le premier réseau de recharge en itinérance pour les poids lourds électriques. Un premier objectif de près de 200 bornes d’une puissance supérieure à 400 kVA a été fixé.
Parmi les annonces les plus marquantes de cette journée figure celle de Stellantis. Le constructeur automobile multinational "va investir plus d’un milliard d’euros" sur son site de Mulhouse pour produire, à partir de 2029, une nouvelle génération de véhicules électriques, a annoncé Emmanuel Macron.
"C’est un véritable avenir industriel que nous offrons à ce site de Mulhouse", a déclaré le chef de l’État devant les représentants de cette "équipe de France de l’électrification".
Cette annonce était particulièrement attendue par les salariés de l’usine alsacienne, qui emploie environ 4.000 personnes. Le site, qui produit actuellement des Peugeot 308, 408 et des DS7, fonctionnait ces derniers mois à cadence réduite et n’avait pas encore obtenu l’attribution d’un nouveau modèle contrairement à d’autres usines françaises du groupe.
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