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"Les réserves s'épuisent" : à Debel, village encerclé par l'armée israélienne au Liban, les habitants coincés sans nourriture ni électricité

Le Moyen-Orient entre ce dimanche 5 avril dans son 37e jour de guerre, après l'attaque israélo-américaine contre l'Iran. La situation est particulièrement tendue dans le sud du Liban où l'armée israélienne progresse et détruit des villages. Elle encercle notamment Debel, à six kilomètres de la frontière.

Un char israélien, le 10 août 2025

Crédit : TSAFRIR ABAYOV / ANADOLU / Anadolu via AFP

"Nous payons le prix d'une guerre qui ne nous concerne pas" : au Liban, le village de Debel encerclé par l'armée israélienne

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Gautier Delhon-Bugard - édité par Marine Langlois

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Un village coupé du monde encerclé par l'armée israélienne. Au Liban, les quelque 400 familles du village de Debel, à 6 kilomètres de la frontière avec Israël, s'apprêtent à vivre Pâques alors que la région entre dans son 37e jour de guerre. Les chars israéliens et les soldats encerclent le village et commencent à détruire les maisons, raconte le père Fadi, le curé de Debel, à RTL. 

"Ils ont fait sauter six maisons dans la périphérie et ils vont faire exploser celles de notre village. Nous payons le prix d'une guerre qui ne nous concerne pas", dénonce-t-il. Les habitants vivent au rythme des bombardements israéliens et des échanges de tirs entre Tsahal et le Hezbollah alors que le village est coupé du reste du pays. 

" Les conditions de vie sont très dures"

Un père et son fils ont tenté d'emprunter la dernière route encore ouverte la semaine dernière pour aller trouver un peu de nourriture, ils ont été abattus par l'armée israélienne. "400 familles, près de 1.700 personnes, des habitants du village et des réfugiés qui ont fui les localités voisines vivent terrés dans leur maison. Impossible de quitter le village pour aller acheter de la nourriture, les réserves s'épuisent, il n'y a presque plus d'électricité", déplore le père Fadi. 

Ajoutant : "La Croix-Rouge nous a apporté des médicaments et de l'eau, mais ça ne suffit pas. Le puits du village est inaccessible, encerclé par les Israéliens. Les conditions de vie sont très dures. Les parents essaient de faire l'école aux enfants à la maison, mais nous ne voulons pas partir. Nous sommes ici sur la terre de nos ancêtres." Le père Fadi espère rassembler les habitants sous le clocher en pierre blanche pour fêter Pâques, faisant de son église le dernier sanctuaire de ce village assiégé.

À écouter aussi

La situation se dégrade dans le sud du Liban. Le président Joseph Aoun a renouvelé dimanche 5 avril son appel à des négociations directes avec Israël, pour empêcher que le sud du pays, où l'armée israélienne progresse et détruit des villages, se transforme en nouveau Gaza, ravagé par la guerre. 

"Il est vrai qu'Israël veut peut-être faire au sud du Liban comme Gaza (...) Gaza a été détruite, il y a eu plus de 70.000 morts et ensuite ils ont dû négocier", a dit le chef de l'Etat, dans un discours retransmis en direct. "Pourquoi ne pas négocier pour arrêter ces tragédies (...) sauver ce qui reste de maisons qui n'ont pas encore été détruites?", a-t-il terminé. 

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