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Bernard Debré et sa "loi El Connerie", le déclin du discours politique ?

REPLAY - Ce jeu de mots de mauvais goût ne redore pas le blason des élus au discours de plus en plus vulgaire.

Bernard Poirette
Bernard Poirette
Crédit : Elodie Grégoire

On refait le monde avec :- Valérie Lecasble
- Ivan Rioufol
- Xavier Couture
- Paolo Levi

Les polémistes reviennent sur la déclaration du député Républicain de Paris, Bernard Debré. En parlant de la réforme du droit du Travail, il a changé le nom de la ministre Myriam El Khomri en : "El connerie". Un "jeu de mots" volontaire qui a déclenché un tollé sur Internet. "C'est Bernard Debré, il nous a tellement habitués depuis tellement longtemps qu'on ne relève même pas", juge Valérie Lecasble qui trouve ça "lamentable". "Je trouve qu'on devrait les virer ces mecs-là (...) Ce sont les vieux de droite, c'est une vieille génération, qui va bientôt je l'espère enfin passer la main, qui sont très à droite, très macho." 

La conseillère en communication en vient à se demander si ce n'est pas l'apanage des élus de droite de railler les femmes, et notamment les femmes issues de la diversité. Bernard Debré se serait-il permis de rire ainsi d'un homme, s'interroge-t-elle ?

Le mauvais exemple de Donald Trump

Pour l'Italien, Paolo Levi, "c'est tout à fait affligeant". "Il faut aussi se résigner au fait qu'aujourd'hui, c'est la grande mode", explique-t-il en faisant référence à Donald Trump, outre-Atlantique. En revanche, "je ne suis pas sûr que c'est machiste". Plus sérieusement, le journaliste se demande pourquoi, sur une réforme aussi importante, "on a envoyé un peu au massacre, cette jeune ministre sans beaucoup d'expérience au gouvernement." En Italie, la même réforme a effectivement été portée par "un brontosaure politique cuirassé", rigole Bernard Poirette.

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Ivan Rioufol, se souvient lui aussi que son nom a été l'objet de nombreuses "galéjades dans les cours de récréation. Mais dans mon souvenir, ça s'est arrêté à la 6e". L'éditorialiste du Figaro regrette "l'infantilisation du discours politique". "Le phénomène des petites phrases sur lequel les politiques se sont habitués à s'exercer afin d'être repris plus commodément dans les médias, leur permet aussi maintenant - vu qu'ils n'ont rien à dire - d'aller beaucoup plus loin dans l'infâme et de tomber dans cette vulgarité, et cette perte d'autorité pour eux" Peut-être aussi, les élus interprètent-ils mal la mode du politiquement incorrect, incarnée par Donald Trump ? "D'un excès de prudence, on irait maintenant à un excès de vulgarité."

Bien d'accord avec ses compagnons de débat, Xavier Couture rappelle que "c'est la première forme de harcèlement qui est de se moquer d'un patronyme. C'est beaucoup plus grave que ça en a l'air parce que ça banalise un acte de harcèlement." Par ailleurs, le producteur regrette qu'on s'attaque ainsi à une femme, ministre et fait remarquer que le père du député, Michel Debré, n'était pas non plus le dernier à sortir des saillies de mauvais goût, à la limite de la misogynie comme "il faut que la contraception ait ses règles".

À écouter

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31:33
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