2 min de lecture Santé

Arrêts maladie : Pénicaud ne veut pas que les entreprises payent

Selon "L'Express", Muriel Pénicaud s'est opposée au projet gouvernemental de faire financer par les entreprises les arrêts maladie de courte durée.

Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, à Montreuil le 25 mai 2018.
Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, à Montreuil le 25 mai 2018. Crédit : ISA HARSIN/SIPA
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
et AFP

Afin de bien amorcer la reprise, le gouvernement d'Édouard Philippe effectuera un séminaire le 31 août prochain, soit quelques jours avant la présentation du projet de budget 2019. L’exécutif, qui a promis de ne pas augmenter les impôts, devra réaliser un train d'économies important s'il veut tenir ses objectifs de réduction des déficits publics à 2,3% du PIB en 2019.

Pour l'instant, le gouvernement refuse d'indiquer à ce stade s'il compte réviser en baisse ses hypothèses de croissance. Or la croissance 2018 s'annonce moins forte que prévu avec 1,8% au lieu des 2% espérés au printemps. L'État devra notamment financer la suppression partielle de la taxe d'habitation, qu'il compensera pour les communes.

Certains ministres semblent ne pas être en total adéquation avec les arbitrages sur le budget. Dans une lettre datant de juillet révélée par L'Express, Muriel Pénicaud s'est opposée au projet gouvernemental de faire financer par les entreprises les arrêts maladie de courte durée. 

4 jours d'indemnités journalières

Le quotidien Les Échos indiquait début août que l'exécutif envisageait de faire prendre en charge par les entreprises, à la place de la Sécurité sociale, quatre jours d'indemnités journalières pour les arrêts de moins de huit jours. Un projet auquel le patronat s'est vivement opposé.

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Selon le site de L'Express, l'idée n'enchante pas non plus Muriel Pénicaud. Dans une lettre du 24 juillet envoyée Édouard Philippe, elle bat en brèche l'argument, brandi notamment par sa collègue de la Santé Agnès Buzyn, selon lequel cela responsabiliserait les entreprises si la hausse des arrêts maladie est due à une détérioration des conditions de travail

"Ce présupposé n'est pas documenté de façon robuste et sérieuse par la littérature économique", tranche la ministre du Travail. Le projet "risque", par ailleurs, "de mettre un coup d'arrêt net à la perception d'un gouvernement 'pro-business'" et "c'est 'l'effet ordonnances travail' et fiscalité pro-investissement qu'on risque de mettre à bas", ajoute-t-elle, dans des passages écrits en gras selon L'Express

Agnès Buzyn opposé au gel du RSA

Selon l'hebdomadaire, Muriel Pénicaud aurait recommandé, si le gouvernement n'abandonnait pas son projet, de "présenter ce transfert comme une solution ultime au cas où les partenaires sociaux ne trouveraient pas une autre source d'économies par la négociation". Une stratégie similaire a été, un temps, utilisée par le gouvernement sur le sujet du bonus-malus sur les contrats courts, autre projet vilipendé par le patronat. 

L'article évoque aussi une lettre d'Agnès Buzyn datant de juillet, dans laquelle elle s'oppose à un gel du RSA. "Je souhaite que le revenu de solidarité active soit exclu de la liste des prestations sociales dont l'évolution ne suivra pas celle des prix à la consommation", écrit-elle. Ses arguments: l'"économie modeste" que cela représenterait - "135 millions d'euros en 2019 et 180 millions en 2020" -, le fait que "l'intégralité de ces économies profitera(it) aux départements qui sont aujourd'hui financeurs de la prestation" et le fait que cette mesure serait "difficile à porter" en parallèle du plan pauvreté. 

Muriel Pénicaud et Agnès Buzyn ont participé mercredi à une réunion avec le Premier ministre et les ministres de l'Economie et des Comptes publics sur les derniers arbitrages budgétaires. Contactés par l'AFP, les deux ministères se sont refusés à commenter. 

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