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Alba Ventura : "Même quand il s'adresse à l'histoire, le Président prend une décision politique"

CHRONIQUE - François Hollande annoncera officiellement les noms des nouveaux entrants au Panthéon. Un choix patriotique, mais avant tout politique.

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Le Panthéon ? Un choix historique et politique Crédit Image : AFP / Loïc Venance | Crédit Média : RTL | Date :
Alba Ventura
Alba Ventura Journaliste RTL

François Hollande doit confirmer ce vendredi 21 février le transfert au Panthéon de quatre résistants. Deux femmes et deux hommes. Tout ceci a un sens. Qu'est ce qui frappe d'abord ? La Parité avec deux femmes, deux hommes. On est dans cette approche égalitaire, qui va du Mariage pour Tous, à la lutte contre les stéréotypes.

La Résistance, un patrimoine commun

C'est aussi un exercice imposé. François Hollande devait nommer une femme et personne n'aurait compris qu'il ne le fasse pas. Ce qu'il y a d'intéressant c'est que le chef de l’État n'a pas choisi de faire entrer "des" femmes contre les hommes, mais deux femmes et deux hommes. Ce n'est pas de la discrimination positive, c'est de la parité. Nuance ! Ceci en dit long sur sa volonté de ne pas en rajouter après la polémique sur les stéreotypes à l'école

Ces quatre nouveaux entrants au Panthéon sont quatre résistants. Ceci est aussi un choix de consensus puisqu'il parle à tout le monde et, surtout, personne ne viendra vous demander pourquoi les avoir choisis ? Ce n'est pas comme si on choisissait tel écrivain ou tel militant. La résistance est à tout le monde. C'est notre histoire, même si il y en aura toujours pour souligner qu'une telle était communiste et tel autre franc-maçon. On est là dans le patrimoine commun.

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Il ne faut pas oublier la notion de la filiation. L'homme politique André Malraux disait : "Entre ici Jean Moulin, toi et ton cortège d'ombres". D'une certaine manière, François Hollande a choisi de faire entrer quatre de ces ombres dans la lumière. La polémique n'est donc pas au rendez-vous. Quitte à se le voir reprocher par ceux qui estiment qu'il aurait du faire du plus "symbolique", en faisant entrer une féministe historique. Ces noms étaient très attendus par une partie de la gauche.

Une politique de l'apaisement via le patriotisme

François Hollande a clairement choisi la politique de l'apaisement. Du côté de l’Élysée, on nous explique qu'il y a un message caché, subliminal. Deux hommes, deux femmes, c'est vivre ensemble. La résistance, c'est l'union des forces de la France. C'est surtout le patriotisme.

Un élément est passé inaperçu. C'est dans le même esprit, que le président de la République est allé rendre hommage au soldat américain inconnu au cimetière d'Arlington, en Virginie (États-Unis). Il a ensuite inauguré un mémorial du soldat musulman. Ces conseillers disent même qu'il se réconcilie avec les patrons qu'il a reçu à l'Elysée.

Ce sera pareil ce matin au mont Valérien pour l'hommage à la résistance. Vivre ensemble dans le même pays, c'est ce que le Président aimerait que l'on retienne, après des semaines mouvementées où ce qui a été donné à voir, c'est plutôt un pays fracturé et divisé.

Mitterrand, Chirac et Sarkozy : tous ont fait des choix politiques

Le Panthéon est aussi un choix politique. Quand François Mitterrand fait entrer Marie Curie au Panthéon en 1995, trois semaines avant de quitter l’Élysée, il fait entrer pour la première fois, une femme en son nom propre, pas parce qu'elle est l'épouse d'un homme connu. Lui qui avait été le premier à nommer une femme premier ministre.

Quand Jacques Chirac fait entrer André Malraux au Panthéon, c'est pour revendiquer son ADN gaulliste. Quand il fait entrer de force Alexandre Dumas, qui refusait d'être enterré a Paris, c'est parce qu'il est quarteron. C'est un métis. On vit encore à l'époque sur la vague "black blanc beur" de la Coupe du monde de football. Jacques Chirac fera d'ailleurs appel à cette France métissée au deuxième tour de la présidentielle, face à Jean-marie Le Pen, en 2002.

De son côté, Nicolas Sarkozy voulait faire entrer Albert Camus, l'auteur de L'étranger, en plein débat sur l'identité nationale. C’était encore du symbole. Même quand il s'adresse à l'histoire, surtout lorsqu'il prend l'histoire à témoin, la décision d'un Président, c'est d'abord de la politique.

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