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Affaire Jouyet : un rouage essentiel du dispositif présidentiel au coeur de la tourmente

ÉCLAIRAGE - L'affaire Jouyet-Fillon menace directement le plus proche collaborateur du président de la République, le secrétaire général de l'Élysée.

Jean-Pierre Jouyet et François Hollande, à l'Élysée le 10 janvier 2013
Jean-Pierre Jouyet et François Hollande, à l'Élysée le 10 janvier 2013
Crédit : BERTRAND LANGLOIS / AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue

Boules puantes, manipulation, complot, cabinet noir... Depuis quelques heures, les cadres de l'UMP n'ont pas de mots assez durs pour qualifier l'affaire Fillon-Jouyet. Si les conséquences de ce scandale d'État qui embarrasse à la fois le pouvoir socialiste et le premier parti de l'opposition sont encore difficiles à évaluer, il jette l'opprobre sur le plus proche collaborateur du chef de l'État, le secrétaire général de l'Élysée, Jean-Pierre Jouyet

En racontant à deux journalistes du Monde que François Fillon aurait demandé à l'Élysée d'intervenir pour accélérer les procédures judiciaires visant Nicolas Sarkozy, cet ami de trente ans du président Hollande a mis le feu aux poudres. Après un démenti jeudi, il a finalement admis dimanche qu'il s'était bien entretenu avec l'ancien Premier ministre sur les ennuis de Nicolas Sarkozy avec la justice. 

Une volte-face spectaculaire qui pousse désormais une partie de la droite et même quelques voix à gauche a réclamer sa démission. Au cœur de la tourmente, voila un rouage essentiel du dispositif présidentiel qui se retrouve sur la sellette.

Le pivot du Palais présidentiel

À 60 ans, Jean-Pierre Jouyet est le patron de l'administration de la présidence de la République depuis le 16 avril dernier. Figure du premier cercle de François Hollande, il a pris la succession de Jean-René Lemas au poste prestigieux de deuxième personnage le plus puissant du Palais. Amis depuis les bancs de l'ENA, Jean-Pierre Jouyet et François Hollande sont désormais réunis sous les ors de l'Élysée où leurs bureaux communiquent directement. 

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Bras droit du chef de l'État, le secrétaire général de l'Élysée se doit en effet d'être au plus près du Président. Son champ de compétences est large. Il gère l'agenda présidentiel, assure la coordination avec Matignon et la majorité, prépare le Conseil des ministres, fait le tri entre les dossiers, relit les discours importants, gère les relations avec les partis et les syndicats... En clair, il est celui qui assure le lien entre le président de la République et tout ce qui est extérieur à l'Élysée.

Homme de l'ombre, il entre dans la la lumière à chaque formation de nouveau gouvernement. C'est lui, sur le perron de l'Élysée, qui déclame les noms des ministres formant la nouvelle équipe gouvernementale.

Une influence sur la politique du Président

À cheval entre les profils de parfait technocrate et d'éminence grise, il veille également sur les domaines d'intervention privilégiés du Président, la politique étrangère et la Défense. Une assise diplomatique qui a servi de passerelles à certains titulaires du poste. Hubert Védrine et Dominique de Villepin, notamment, ont ainsi été nommés au ministère des Affaires étrangères quelques mois après leur passage à l'Élysée.

Quatre secrétaires généraux ont par la suite accédé à la fonction de Premier ministre : Édouard Balladur, Pierre Bérégovoy et Dominique de Villepin. Signe de l'importance du poste, l'histoire retient que c'est ce dernier qui a persuadé Jacques Chirac du bien-fondé de la dissolution de l'Assemblée nationale en 1997. Un échec dont il sera tenu responsable et qui lui vaudra d'être surnommé "Néron" par Bernadette Chirac.

Nicolas Sarkozy a largement redéfini les contours de la fonction - qui n'a jamais été occupée par une femme - pendant son quinquennat. À la tête du secrétariat général de l'Élysée de 2007 à 2011, Claude Guéant est sorti de la réserve traditionnellement imposée au poste en donnant des interviews et en prenant souvent de court le Premier ministre François Fillon. Une omniprésence qui lui a valu d'être qualifié de "vice-président" de la République.

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