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2022 : l'éventuelle candidature de Bertrand divise un peu plus Les Républicains

DÉCRYPTAGE - Après le retrait de François Baroin de la liste des potentiels candidats de la droite pour 2022, les regards se tournent désormais vers Xavier Bertrand. Et avec eux, les vieilles rancœurs refont surface.

Xavier Bertrand, le 28 septembre 2020
Xavier Bertrand, le 28 septembre 2020 Crédit : Alain JOCARD / AFP
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

La droite ne participera pas à l'élection présidentielle de 2022 pour "faire de la figuration". Le président du groupe LR à l'Assemblée Damien Abad, l'assure : son parti aura "un candidat en capacité de gagner". L'intention est affichée mais qui l'incarnera ? Les ambitions présidentielles de Xavier Bertrand ne font désormais plus de doutes. Peu à peu Les Républicains entament un changement de positionnement vis-à-vis de l'ancien membre du parti. Mais les tensions perdurent. 

Le président des Républicains, Christian Jacob, envisage désormais la candidature de Xavier Bertrand comme un plan A. "Il n'est pas si éloigné que ça", du parti, a-t-il indiqué sur Europe 1 le 8 octobre. Il précise aussi "s'il a une majorité aujourd'hui, c'est grâce aux LR. Xavier Bertrand ne pourrait pas diriger les Hauts-de-France sans les Républicains".

La veille des propos tenus par Christian Jacob, Damien Abad a aussi ouvert la porte au président de la région Hauts-de-France. Dans Le Figaro, il déclare que "sa ligne politique, celle d'une droite sociale, territoriale et ferme sur le régalien, peut fédérer".

Hortefeux tempère la possible candidature de Bertrand

Les discussions autour de la candidature de l'ancien ministre du Travail révèle aussi les tensions au sein du parti. Alors que la direction du parti envisage l'option Bertrand, Brice Hortefeux estime qu'il n'est pas forcément "le mieux placé" pour sortir la France de ses "graves difficultés". Ce proche de Nicolas Sarkozy a aussi indiqué, lapidaire : "Je pense que les favoris d'aujourd'hui seront les perdants de demain". Le départ du président de la région Hauts-de-France reste en travers de la gorge de Brice Hortefeux. Sur CNews, il tacle : il "a fait le choix d'abandonner notre famille politique quand elle était dans la difficulté"

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L'ancien ministre de l'Intérieur a tenu à rappeler que le nom de Xavier Bertrand n'était pas le seul sur la liste des potentiels candidats dans la course à l'Élysée. "Si c'est lui, nous nous rassemblerons autour de lui, mais en revanche, il ne faut pas laisser entendre qu'il n'y a que lui". Parmi les "très nombreux talents" qui "pourront jouer un rôle le moment venu", il évoque le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau et la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse

L'ancien ministre sarkozyste a aussi cité le nom du président de la région Auvergne Rhone-Alpes Laurent Wauquiez, "qui a décidé assez courageusement de prendre du recul" vis-à-vis de la politique nationale, "ce qui lui a fait considérablement gagner en humilité, en densité, en sincérité". 

Le spectre de la division

Reste à savoir comment désigner le candidat de la droite. Le chantier s'annonce titanesque. Le président du Sénat Gérard Larcher et le président de LR Christian Jacob s’attelle à la préparation d'un "système de départage" des futurs candidats du parti à la présidentielle. Le dispositif devrait être annoncé "après" les élections régionales du printemps et serait "soumis à l'approbation des militants". À moins qu'un seul candidat "n'émerge" d'emblée, a expliqué avec prudence Christian Jacob. 

Ces annonces visant à calmer les ambitions de chacun pourraient au contraire laisser la place aux divisions, si présentes chez Les Républicains. L'eurodéputé François-Xavier Bellamy qui avait porté la campagne des européennes à LR met en garde contre une "guerre de tranchées" interne au parti. Une guerre ressemble davantage "à une guerre des boutons qu'à un vrai débat de fond, à travers des petits confidentiels" dans la presse, a-t-il déploré. 

Brice Hortefeux a quant à lui plaidé pour "un dispositif qui évite le cadenassage par une instance d'un parti politique" mais "qui évite le hold-up par des gens qui fausserait le résultat". Quant au mot "primaire", il "ne me plaît pas", a-t-il conclu.

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