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Une couleur par département, c'est fini : les cartes de vigilance de Météo-France passent à l'échelle infra-départementale

Vent, orages, pluie-inondation, neige-verglas : Météo-France pourra désormais affiner ses cartes de vigilance à l'échelle "infra-départementale" lorsque la situation le permet.

Une carte des vigilances de Météo-France (Illustration)

Crédit : Météo France

Jérémy Descours & AFP

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Météo-France fait évoluer un outil bien connu du grand public : ses cartes de vigilance. Jusqu'ici, la règle était simple : une couleur par département, du vert au rouge, pour signaler le niveau de danger. Désormais, pour certains phénomènes, le service national de la météorologie et de la climatologie en France va pouvoir montrer plus finement quelles zones d'un même département sont les plus exposées.

Sur son site, Météo-France explique franchir "une nouvelle étape" en introduisant "une information géographique plus fine" pour quatre phénomènes : le vent, la pluie-inondation, les orages et la neige-verglas.

Concrètement, la carte principale ne change pas : elle continuera d'afficher "un niveau de danger unique par département". Mais dans la lecture détaillée, phénomène par phénomène, il sera désormais possible, dans certains cas, de distinguer à l'intérieur d'un même territoire les secteurs les plus menacés. 

Météo-France prend l'exemple d'une tempête : si les rafales les plus violentes concernent surtout le littoral, la vigilance pourra être plus élevée sur cette bande côtière que dans l'intérieur des terres.

"Adapter l'alerte et les moyens de secours"

Pour Benoît Thomé, directeur des relations institutionnelles de Météo-France, "on va faire progresser la vigilance pour lui donner plus de précision sur la localisation géographique des dangers à un niveau plus fin que le département qui était jusqu'à maintenant la norme". Même logique pour Mathieu Plu, directeur des opérations pour la prévision : cette extension "va permettre d'avertir plus finement les populations".

L'enjeu est double pour Météo-France. D'abord, mieux informer le public. Le service français explique que cette représentation infra-départementale doit rendre la vigilance "plus visuelle et synthétique" et permettre "une meilleure compréhension des zones les plus exposées". 

Ensuite, aider les autorités. L'établissement y voit "un outil supplémentaire d'aide à la décision pour la gestion de crise", afin de "mieux localiser les zones exposées au danger les plus sévères, et adapter l'alerte et les moyens de secours".

Une évolution liée au "dérèglement climatique"

Cette évolution répond aussi à un contexte plus large. Dans un communiqué cité par l'AFP, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, souligne que "le dérèglement climatique accroît la fréquence et l'intensité de nombreux événements météorologiques". Selon elle, "mieux connaître et mieux localiser les risques, c'est permettre de mieux s'y préparer".

Mais Météo-France insiste aussi sur les limites de l'exercice. Cette précision nouvelle ne sera pas systématique : elle ne sera utilisée que "lorsque les prévisions permettent de délimiter les zones avec suffisamment de certitude". 

Autrement dit, pas question de faire croire à une prévision rue par rue. Sur des phénomènes très brusques, comme certaines inondations par ruissellement ou les tornades, la localisation exacte restera difficile. Une vigilance au niveau communal serait même "illusoire", selon Benoît Thomé.

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