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Face aux chaleurs extrêmes, les destinations de vacances plus fraîches ont-elles la cote ?

L’été 2026 aura été marqué, partout en Europe, par des canicules à répétition et des feux de forêt dévastateurs. Depuis quelques années, de nouvelles destinations qui offrent une échappatoire à la chaleur sont plébiscitées par certains vacanciers.

Des touristes sur la plage de la Grande Motte, dans l'Hérault, à l'été 2018.

Crédit : PASCAL GUYOT / AFP

Benjamin Pierret

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Un été historiquement chaud. Aux quatre coins du Sud-Ouest de l’Europe, la période estivale de 2026 aura été marquée par des températures extrêmes, des feux de forêt ravageurs et, inévitablement, des évacuations. De quoi repenser ses habitudes estivales ? 

La catastrophe s'est annoncée dès le mois de juin : du Luxembourg à l’Espagne, en passant par l’Italie et la France, les alertes rouge se sont multipliées. Dans l’Hexagone, les vagues de chaleur se sont depuis succédées, occasionnant des canicules répétées. En outre, pas moins de 120.000 hectares ont été dévastés par des feux aux quatre coins du pays. Une situation qui a généré des évacuations par centaines de milliers ; 220.000 rien que dans le Sud-Ouest, dont de nombreux touristes.

Ainsi, l'été 2026 a agi comme une concrétisation de la menace climatique : juillet aura été le mois le plus chaud jamais enregistré en France, et la vague de chaleur qui a parcouru le mois d’août a battu un record de longueur. Mais les bouleversements environnementaux se font ressentir depuis déjà plusieurs années, et les touristes européens ont commencé à prendre leurs dispositions.

"Une partie des gens ne supporte plus la chaleur"

"Très clairement, la carte du tourisme bouge", affirme Jean-François Rial auprès de RTL.fr. Le PDG de l'organisateur de voyages Voyageurs du monde, qui revendique 500.000 clients par an en comptant toutes les marques du groupe, estime que la tendance s'illustre particulièrement avec le tourisme dans le bassin méditerranéen : "En Italie, en Grèce ou en Espagne, on constate une baisse de réservations chaque année, de façon continue, au profit des destinations du Nord : Irlande, Grande-Bretagne, Ecosse..."

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"Ça a commencé il y a un peu plus de cinq ans, avant le Covid, avec l’explosion de la Scandinavie", poursuit-il. "Norvège, Suède, Islande... Avant la guerre, la Russie explosait aussi, de même que les pays baltes."

Pour lui, cette redéfinition des destinations est essentiellement due aux chaleurs extrêmes et à leurs répercussions sur les vacances : "Une partie des gens ne supporte plus la chaleur. Les clients nous le disent."

Partir en "coolcation"

Des chiffres lui donnent raison : 42% des personnes interrogées dans le cadre d’une étude internationale publiée en avril dernier par le site de réservations Booking.com disaient souhaiter voyager hors de la haute-saison (de juin à août, les mois les plus chauds) et 25% affirmaient rechercher des destinations plus fraîches. La tendance à même un nom : depuis quelques années, médias et réseaux sociaux ont vu émerger le terme de "coolcation", abréviation de "cool" (frais) et "vacation" (vacances). En outre, en 2025, le site a observé un bond des recherches vers des destinations au climat tempéré par rapport à l’année précédente : la Slovénie (+29%), la Norvège (+33%) et la Finlande (+27%). En 2024, une autre étude du géant de la réservation avançait que 42% des voyageurs envisageaient de partir vers des destinations plus fraîches.

En juillet 2025, la European Travel Commission révélait même que les mois de septembre commençait à faire de l’ombre à la période estivale, avec 22% des européens prévoyant un voyage ce mois-là contre 25% privilégiant les mois traditionnels de juillet et août. "Cette préférence prononcée pour des voyages au début de l’automne suggère qu’une part significative des touristes est ouverte à des options en dehors de la haute saison, motivée par un temps plus tempéré, des foules moindres et un meilleur rapport qualité-prix", décryptait la commission.

La tendance se ressent peut-être déjà à l’échelle nationale : selon une enquête des Hauts-de-France Tourisme citée par Le Monde, la Côte d’Opale et ses températures modérées connaissent une popularité nouvelle cette année : le taux d’occupation des logements est de 4 points supérieur à celui de 2025. 

Vers une adaptation des vacances scolaires ?

Peut-on imaginer, alors, une carte du tourisme tout à fait redéfinie ? Un bassin méditerranéen déserté au profit des pays scandinaves ? Jean-François Rial tempère : non seulement la Méditerranée reste "extrêmement élevée en volume" en été, mais elle voit les touristes affluer à d’autres périodes : "L’arrière-saison, le printemps et l’automne, se développe beaucoup sur la Méditerranée, parce qu’il fait moins chaud et il y a moins de monde."

Un agenda reconfiguré auquel tous n’ont pas accès, les familles étant soumises aux impératifs des vacances scolaires. C’est pourquoi le spécialiste voit une petite révolution du calendrier académique se profiler : "Je pense qu’à long terme, les pays européens vont changer les dates de vacances." Il rappelle que l’industrie du tourisme représente 10% de l’économie mondiale : "L’enjeu économique est trop gros : les gouvernements vont adapter les vacances scolaires. Réduire l’été et augmenter l’automne et le printemps."

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