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Neige et verglas : idées reçues, vrais dangers et bons réflexes à adopter pour conduire en sécurité

Pneus hiver, sel sur les routes, vitesse à adopter, conduite à tenir en cas de verglas… À chaque épisode hivernal, les mêmes questions reviennent chez les usagers de la route. Face aux idées reçues, RTL vous rappelle les règles essentielles pour circuler en toute sécurité lorsque la neige et le verglas s’invitent sur les routes. On fait le point.

Une voiture sous la neige. (illustration)

Crédit : DON EMMERT / AFP

Yasmine Boutaba

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Ce lundi 5 janvier a été marqué par un épisode neigeux, les routes peuvent être glissantes et dangereuses, alors voici quelques principes et bonnes pratiques pour rouler de la manière la plus sécurisée possible. D'abord, contrairement à une idée répandue, les pneus d'hiver ne servent pas uniquement lorsqu’il neige. Dès que la température descend sous les 7°C, leur gomme spécifique améliore nettement l’adhérence, notamment sur chaussée froide et humide. Même en l’absence de flocons, ils offrent une meilleure tenue de route et réduisent les distances de freinage.

D'ailleurs, dans 34 départements soumis à la réglementation "loi Montagne", les véhicules doivent être équipés entre le 1er novembre et le 31 mars. Cette obligation concerne certaines communes situées dans les massifs alpins, corses, du Massif central, jurassien, pyrénéen et vosgien. Les automobilistes doivent alors disposer soit de quatre pneus hiver marqués "3PMSF", soit de chaînes à neige, soit de chaussettes à neige sur au moins deux roues motrices. Les zones concernées sont définies par arrêté préfectoral et signalées par une signalisation spécifique.

Plus largement, lorsque la circulation devient difficile, il est essentiel de disposer d’équipements adaptés, comme des chaînes ou des pneus hiver. Les chaînes doivent être compatibles avec la taille des pneus et installées sur les roues motrices. Il est fortement recommandé de s’entraîner à les poser avant le départ. Les pneus hiver peuvent être montés dès la mi-octobre et retirés vers la mi-mars.

Réduire sa vitesse et déneigner son véhicule

Aussi, réduire sa vitesse est essentiel. Diminuer son allure d’au moins la moitié permet de conserver la maîtrise de son véhicule ou de son vélo lorsque l’adhérence chute fortement, notamment en cas de pluie, de neige ou de verglas. Cette prudence doit s’accompagner d’une augmentation significative des distances de sécurité et d’un freinage progressif, sans manœuvres brusques.

Un simple déneigement partiel ne suffit pas. Pare-brise, vitres, phares, plaques d’immatriculation et toit doivent être entièrement dégagés avant de prendre la route. Un véhicule mal déneigé représente un danger pour son conducteur comme pour les autres usagers. En cas de contrôle, une contravention peut être dressée.

Avant de prendre la route, il est indispensable de faire toutes les vérifications. Regarder le niveau de liquide lave-glace antigel, l’état des pneus, ainsi que le bon fonctionnement de la batterie, du dégivrage et du chauffage. "Il ne faut surtout pas oublier de déneiger le toit du véhicule" a rappelé Mathieu Jouveau, moniteur d'auto-école, sur France 3 Normandie. "En roulant, la neige fond et peut retomber sur le pare-brise, gênant fortement la visibilité."

Saleuses et déneigeuses en action : pourquoi il est interdit de les dépasser

Sur la route, la priorité doit toujours être laissée aux engins de déneigement et de salage. Lorsqu’un véhicule de salage ou de déneigement circule avec son gyrophare bleu allumé, cela signifie qu’il est en intervention. Il est alors strictement interdit de le dépasser. En contournant ces engins, les automobilistes s’exposent à une chaussée non traitée et risquent de gêner, voire bloquer, les opérations en cours. Suivre leur trajectoire permet au contraire de rouler sur une route sécurisée et de contribuer au brassage du sel, prolongeant son efficacité.

Le sel n’est pas le seul moyen utilisé pour traiter les routes en hiver. Les gestionnaires routiers ont pour objectif de rétablir des conditions de circulation normales le plus rapidement possible, en adaptant leurs interventions aux conditions météorologiques. Deux types de traitements sont mis en œuvre : préventifs et curatifs.

Avant l’apparition de neige ou de verglas, un salage préventif peut être effectué afin d’éviter la formation de glace sur la chaussée. Ce procédé est efficace jusqu’à environ -7 ou -8°C. Lorsque la neige ou le verglas est déjà présent, le sel seul ne suffit plus. Les agents utilisent alors des mélanges de sel et de saumure pour le verglas, ou procèdent à des opérations mécaniques de déneigement à l’aide de camions équipés de lames. Une fois la neige raclée, un salage est réalisé sur la chaussée résiduelle. Malgré ces dispositifs, un délai d’intervention reste inévitable, pouvant entraîner des fermetures temporaires de routes.

Adapter sa conduite sur chaussée enneigée

En cas de chute de neige, les feux de brouillard avant peuvent compléter ou remplacer les feux de croisement. Les feux de route doivent parfois être évités afin de ne pas éblouir les autres usagers. Les feux de brouillard arrière peuvent être utilisés uniquement en cas de forte chute de neige.

Sous la neige ou le verglas, l’adhérence est très faible. La conduite doit être souple, sans à-coups, que ce soit au freinage, à l’accélération ou au volant. "Évitez les freinages brusques pour ne pas bloquer les roues et perdre toute capacité de contrôle" a conseillé Mathieu Jouveau sur France 3 Normandie. En ville, il a recommandé de ne pas dépasser 20 à 30 km/h dans ces conditions et de démarrer en seconde si le véhicule patine, notamment en côte.

En conditions normales, la distance de sécurité recommandée est de deux secondes. En cas de neige ou de verglas, elle doit être portée à cinq ou six secondes. Cette marge permet d’éviter une collision en cas de perte d’adhérence. Pour l’évaluer, il suffit de prendre un repère fixe sur la route et de compter le temps écoulé entre le passage du véhicule précédent et le sien.

En cas de dérapage, les bons réflexes pour garder le contrôle

Le verglas est particulièrement redoutable car souvent difficile à détecter. Les routes brillantes, les zones ombragées, les ponts, les viaducs, les lignes blanches et les passages piétons sont particulièrement glissants. La vigilance doit être renforcée à la sortie des virages, où la force centrifuge peut provoquer une perte d’adhérence. 

Si les roues arrière se mettent à glisser, le premier réflexe est de regarder dans la direction où l’on souhaite aller et non vers l’obstacle. Il faut contrebraquer doucement, sans gestes brusques. Sur une voiture à boîte manuelle, débrayer peut aider à retrouver de l’adhérence. Sur une boîte automatique, il est conseillé de relâcher l’accélérateur et de freiner très progressivement.

En période hivernale, lorsque chacun adapte sa conduite et réduit son allure, les accidents sont le plus souvent matériels. La prudence et l’anticipation restent les meilleurs alliés face à la neige et au verglas.

Pour rappel, prendre la route en période de vigilance météorologique augmente le risque d’incident et de blocage. En cas d’intempéries annoncées ou de vague de grand froid, il est conseillé de reporter ses déplacements lorsque cela est possible. Pour les longs trajets, la météo doit être consultée localement, notamment en zone de montagne où les conditions peuvent évoluer rapidement. Vérifier l’état du trafic, les restrictions de circulation et l’équipement du véhicule reste indispensable.

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