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Crues : comment s'adapter à la multiplication des précipitations ? La réponse de Jean-Marc Jancovici

La France a connu lors de ce mois de février des précipitations d'une durée inédite. L'ouest du pays a été particulièrement touché par ces intempéries qui ont provoqué crues et inondations.

Une photo prise à La Réole (Gironde), où la Garonne est en proie à d'importantes crues ce jeudi 12 février 2026.

Crédit : PHILIPPE LOPEZ / AFP

"Qu'il pleuve plus, ce n'est malheureusement pas surprenant dans un climat qui se réchauffe"

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Jean-Marc Jancovici - édité par Justine Audollent

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Mercredi 25 février, l'alerte rouge "crues", en vigueur depuis deux semaines, a été levée dans les départements du Maine-et-Loire et de la Charente-Maritime. La France a connu 40 jours de pluie consécutifs, un record.

Qu'il pleuve plus n'est malheureusement pas complètement surprenant dans un climat qui se réchauffe. Quand le climat se réchauffe, l'air est capable d'emporter plus de vapeur d'eau. Un air plus chaud peut contenir plus de vapeur d'eau. Et par ailleurs, une eau plus chaude s'évapore plus. Dans un climat qui se réchauffe, les océans vont évaporer plus de vapeur d'eau qui va se retrouver dans l'atmosphère. Cette dernière va condenser et donner lieu à des précipitations. 

Un risque d'augmentation des précipitations hivernales en France

Depuis qu'on a des modèles pour explorer ce qui se passe dans un climat qui se réchauffe, on sait que les précipitations vont augmenter. Et la seule question, c'est où est-ce que ça retombe ? Et sous quelle forme ça retombe ? Est-ce que ça retombe un peu partout sur Terre sous forme de crachin breton ? Ou est-ce que ça retombe trois jours par an dans quatre endroits sur Terre sous forme de déluge ? 

La réponse est un peu des deux. En ce qui concerne la France, on connaît depuis longtemps qu'il y a un risque d'augmentation des précipitations hivernales, ce qu'on est en train de constater. Il est surtout beaucoup plus marqué au nord de l'Europe, globalement, mais chez nous, ça fait partie des choses qui peuvent arriver.

Pas de solution triviale

De temps en temps, on peut prendre des options, mais quand ce ne sont pas les bonnes, on n'a pas de solution de repli à très court terme. La quasi-totalité des villes dans notre pays sont traversées par un cours d'eau parce que dans les temps anciens, la voie d'eau était ce qui permettait le transport et d'avoir de l'eau potable avant que les réseaux d'adduction d'eau n'existent. 

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Sauf que dans les temps anciens, on a quand même fait ce qu'il fallait pour construire dans des endroits où ça ne débordait pas trop souvent. Et puis avec la pression foncière, l'augmentation du nombre de logements, le goût pour la maison individuelle, on a construit énormément de logements dans des zones inondables, près des cours d'eau. On a beau aménager ces derniers en faisant des zones d'expansion à l'amont, de temps en temps, on se fait surprendre par des crues et on se fait inonder. 

Une fois qu'on est dans cette situation, il n'y a plus de solution évidente. On peut éventuellement abandonner les habitations, mais cela a un sacré coût. On peut conseiller aux gens de prendre leur mal en patience et de ne pas mettre de meubles au rez-de-chaussée. Il n'y a pas de solution triviale pour se prémunir contre ce genre d'épisode. Ce qui en plus va poser un dernier problème, c'est la question de l'assurabilité. Il y a des endroits, par exemple aux États-Unis, où maintenant une large partie des logements sont devenus inassurables parce que le coût de l'assurance est excessif par rapport à la valeur du logement. 

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