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Dermatose nodulaire : le réchauffement climatique a-t-il joué un rôle dans l'explosion de l'épidémie en France ?

Pour la première fois depuis plus d'un demi-siècle, les bovins seront absents du Salon de l'agriculture en février prochain. En cause, l'épidémie de dermatose nodulaire. Jean-Marc Jancovici, président du Shift project, nous explique comment évaluer l'impact du réchauffement climatique sur cette crise agricole.

Un nouveau cas de DNC détecté dans une ferme en Ariège, 113 vaches vont être abattues ce vendredi 2 janvier.

Crédit : Philippe De Maria / RTL

Jean-Marc Jancovici & La rédaction numérique de RTL

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Fait historique, les vaches seront les grandes absentes du prochain Salon de l'agriculture, une première en 60 ans. Jean-Marc. Cette décision a été prise en raison des risques posés par la dermatose bovine qui n'est pas sans lien avec le réchauffement climatique.

La dermatose nodulaire contagieuse, DNC, est une maladie qui est, semble-t-il, arrivée en Europe et donc en France très récemment, ça ne fait même pas un an que nous sommes confrontés à cette maladie. Son arrivée en France a été favorisée par deux facteurs. 

Le premier, c'est la mondialisation qui fait voyager des insectes qui sont porteurs de virus ou de parasites qui arrivent dans des fleurs, dans des marchandises, dans des flaques d'eau, des pneus... À peu près n'importe quoi. Ce premier facteur ne doit donc rien au réchauffement climatique, mais tout à l'énergie : la mondialisation, ce sont des bateaux et des camions.

L'effet de l'adoucissement des températures sur les insectes

Le deuxième facteur, lui, doit tout au réchauffement climatique. Avec l'adoucissement des températures quand on se rapproche des pôles, les insectes qui portent l'agent de la maladie (ici des taons ou des moucherons) survivent plus facilement ou ont une période d'activité plus longue.

La DNC, une maladie qui était endémique en Afrique, mais qui ne concernait pas l'Europe, s'y développe donc désormais notamment à la faveur du réchauffement climatique. Il y a également la fièvre catarrhale ovine, qu'on appelle aussi la maladie de la langue bleue, qui est concernée exactement par les mêmes processus, favorisée par le réchauffement climatique.

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Pour l'être humain, la mondialisation favorise également la dissémination des maladies, on l'a vu avec le Covid-19. Mais le réchauffement climatique joue également un rôle car un certain nombre de maladies s'attrapent justement avec des insectes qui vont nous piquer, nous sucer le sang... 

Tout le monde pense à la maladie de Lyme, il y a aussi la fièvre jaune, la dengue, ou le chikungunya, qui sont des maladies pour lesquelles le réchauffement climatique ne joue pas en notre faveur, parce qu'il permet l'implantation en France d'insectes ou de parasites qui n'existaient pas avant et qui peuvent se développer dans un climat qui a été modifié.

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