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"Zone Interdite" à Roubaix : tout comprendre à la polémique

La présentatrice de "Zone Interdite" sur M6 Ophélie Meunier ainsi qu'un participant du reportage tourné à Roubaix et diffusé le dimanche 23 janvier dernier, ont été placés sous protection policière après avoir reçu de nombreuses menaces de mort.

Ophélie Meunier a été placée sous protection judiciaire après un documentaire de Zone Interdite
Ophélie Meunier a été placée sous protection judiciaire après un documentaire de Zone Interdite
Crédit : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP
Romain Giraud & AFP

La polémique autour d'un reportage de Zone Interdite diffusé sur M6 qui portait sur l'islamisme radical dans la ville de Roubaix enfle. Elle a même pris un nouveau tournant avec le placement sous protection policière de la présentatrice Ophélie Meunier et d'un jeune Roubaisien, tous les deux menacés de mort. Cette protection est assurée par le SDLP, un service spécifiquement chargé de protéger les personnalités.

Ce reportage, diffusé dimanche 23 janvier, sur un sujet inflammable en pleine campagne présidentielle a provoqué de vives réactions sur les réseaux sociaux et des chaînes d'information en continu, faisant réagir jusqu'au ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, à l'Assemblée nationale.

"J’ai donné instruction qu’à chaque fois qu'un journaliste fait l’objet de menaces caractérisées, il bénéficie d’une protection policière", a-t-il réagi samedi 29 janvier sur Twitter.

Quelles sont ces accusations qui font autant réagir ?

Amine Elbahi, militant politique et associatif, raconte dans le reportage avoir alerté la préfecture du Nord fin 2020 sur une association de la ville, "Ambitions et initiatives pour la réussite", qu'il suspectait de dispenser des "cours coraniques" sous couvert de soutien scolaire, en bénéficiant de subventions publiques, notamment municipales. En arrière-plan, des soupçons de clientélisme à l'encontre du maire DVD, Guillaume Delbar. 

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Le jeune homme avait déposé plainte vendredi après avoir reçu de nombreuses menaces sur les réseaux sociaux, par SMS ou sur WhatsApp, ainsi que des enregistrements vocaux "constatés par huissier", selon son avocat est notamment qualifié de "kouffar" (mécréant en arabe, ndlr) et "on lui dit qu'il va être décapité", précise l'avocat à l'Agence France Presse.

"Ce que j'ai dit dérange. Je dois avoir visé juste au regard des menaces", avait-il déclaré à l'AFP en réaction à la polémique. Invité RTL ce lundi 31 janvier, il a affirmé qu'en aucun cas les menaces reçues ne lui feraient faire marche arrière :"Je dis aux islamistes qui cherchent à nous faire taire parce que nous les dérangeons, que je ne me tairai pas", a-t-il expliqué. "Ce qu'on voit dans Zone Interdite, c'est la montée d'un certain communautarisme et ce communautarisme s'explique parce que l'État n'a pas agi dans certains quartiers", selon lui.

Son alerte avait abouti à une enquête de la préfecture, qui a expliqué avoir constaté que "des cours d'arabe à caractère cultuel" étaient effectivement dispensés, puis fait un signalement au parquet. Le jeune homme s'était auparavant fait connaître pour son combat afin de rapatrier ses deux neveux de 4 et 6 ans, détenus dans un camp syrien. Sa sœur était partie rejoindre l'État islamique et est selon lui détenue dans une prison kurde. 

De quoi est accusée la municipalité ?

Guillaume Delbar, le maire de la commune, ainsi que trois membres de l'association sont convoqués ce mardi 1er février devant le tribunal correctionnel de Lille, le premier pour détournement de fonds "par négligence", les autres pour "abus de confiance". Une date fixée bien avant la diffusion du reportage. Se disant également victime d'un "déferlement de haines et de menaces", il a annoncé son intention de porte plainte lui aussi. 

Le procès pourrait cependant être renvoyé car deux avocats ont réclamé du temps pour étudier le dossier et que Guillaume Delbar, ainsi que son conseil, étaient positifs à la Covid-19 en fin de semaine. Accusé de clientélisme, l'édile a cette semaine avancé la possibilité d'avoir été "trompé" en soutenant "une association qui venait de faire scission avec une mosquée devenue salafiste". 

Guillaume Delbar vient d'être condamné à six mois de prison avec sursis et deux ans d'inéligibilité pour sa participation à un système frauduleux de défiscalisation via des micro-partis, une décision dont il a fait appel. 

Contactée par l'AFP, la préfecture du Nord a refusé de préciser les montants versés par l'État à l'association depuis 2016, dont elle demande le remboursement. La municipalité a indiqué que l’AAIR devait bénéficier en 2020 de 64.640 euros de subventions, mais que l'argent n'avait jamais été versé.

RTL apporte son soutien à toutes les personnes menacées : au témoin qui apparaît dans le reportage, ainsi qu’à la journaliste réalisatrice de l’enquête et du documentaire et à notre consœur de RTL et de M6, Ophélie Meunier.

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