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Photographie de gouffre de L'Étang-Salé sur l'Île de La Réunion - 2013
Crédit : SPANI Arnaud / hemis.fr / Hemis via AFP
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Vendredi 29 juillet 2016, 20h50, les gendarmes de la brigade de L'Étang-Salé, une commune au sud de l’île de la Réunion, sont appelés en urgence pour se rendre au lieu-dit le "Gouffre de L'Étang-Salé". Une femme y est signalée disparue. L'endroit est un coin de promenade. Mais il a aussi une sinistre réputation, connu pour ses nombreux suicides.
Entre deux sanglots, Marie-Claudia Lauret, 26 ans, explique qu'elle se promenait sur un sentier avec sa compagne, Julita Bénard, âgée elle aussi de 26 ans. Selon elle, Julita s'est mise dans un coin du sentier pour uriner quand un inconnu a surgi de l’obscurité pour les attaquer. Elle s'est enfuie. Elle a laissé derrière elle sa copine. Elle ne la trouve plus, elle ne sait pas où elle est passée. Les gendarmes retrouvent sur place Marie-Claudia Lauret. Elle est alors en compagnie d'un jeune homme, Brian, qui la réconforte. Elle l’a appelé pour qu’il vienne l’aider.
Le lendemain de la disparition, les recherches pour retrouver Julita Bénard ne donnent rien. Interrogée à la gendarmerie, Marie-Claudia Lauret raconte qu’elle connait Julita depuis presque un an. Aventure sentimentale avec ses hauts et ses bas. Marie-Claudia explique que Julita a des relations compliquées avec son père et sa belle-mère. Ils ont du mal à accepter son homosexualité, dit-elle. Selon Marie-Claudia, Julita aurait des tendances suicidaires.
Mercredi 3 août 2016, le procureur ouvre une information judiciaire pour agression sexuelle, enlèvement et séquestration. Les enquêteurs découvrent que Marie-Claudia Lauret cache bien des secrets. Elle mène une vie sentimentale parallèle. Depuis un an, elle a une maîtresse, prénommée Wendy. Julita aurait été contrainte d'accepter cette liaison qui la rend jalouse. Marie-Claudia voit également des hommes. L'un d'eux raconte qu'au cours d'une dispute, elle lui a placé un couteau sous la gorge puis est partie avec sa carte bancaire.
Les soupçons se précisent autour de Marie-Claudia Lauret. Après la disparition, elle n’a pas affiché la moindre peine ni empathie. Tous ceux qui l’ont croisée, y compris sa maîtresse Wendy, ont été surpris par son attitude froide. Comme si rien ne s'était passé. "Les témoins qui l’ont vue revenir seule sur le parking disent qu’ils ont vu une personne revenir tranquillement, les mains dans les poches, ce qui est contradictoire avec le fait d’avoir été agressé", indique Me Hélène Andriot, avocate de la famille de Julita Bénard, dans L'Heure du Crime, sur RTL.
Mercredi 14 septembre 2016, Marie-Claudia Lauret et Brian, le jeune homme qu'elle a appelé le soir de la disparition, sont en garde à vue. Brian confirme la face sombre de Marie-Claudia. Elle lui aurait avoué s'être violemment disputé avec Julita alors qu'elles se trouvaient au bord du gouffre de l'Étang-Salé. Une dispute au cours de laquelle elle aurait fait basculer sa compagne dans le vide. La suspecte est mise en examen pour "assassinat".
Julita commençait à avoir des doutes. Marie-Claudia lui empruntait de l‘argent. Elle empruntait sa voiture pendant des jours.
Me Hélène Andriot, avocate de la famille de Julita Bénard
Un premier expert psychologue examine Marie-Claudia Lauret et remarque le discours tout fait d'une femme qui brandit sans arrêt la présomption d'innocence. Un autre évoque un possible trouble psychopathique qui entrainerait des comportements déviants. Les psychiatres ne détectent toutefois aucune maladie mentale. En revanche, le mensonge semble bien faire partie de son fonctionnement. Un élément, constaté par les enquêteurs, que souligne la procureure générale à la Cour d'appel de Saint-Denis, Fabienne Atzori : "Elle souffre d’une tendance à l'affabulation tout à fait hors du commun".
La juge d'instruction de Saint-Pierre-de-la-Réunion, Valérie Dinot, finit par exclure la chute accidentelle de Julita Bénard dans le gouffre de L'Étang-Salé. "Julita commençait à avoir des doutes. Marie-Claudia lui empruntait de l‘argent. Elle empruntait sa voiture pendant des jours. Elle fréquentait d’autres personnes en même temps. Julita s’était confiée à l'une de ses tantes, elle comptait la confronter", explique Me Hélène Andriot. Marie-Claudia était dans une impasse. Pour avoir la paix, elle devait se débarrasser de Julita Bénard.
Lundi 4 avril 2022, Marie-Claudia Lauret est devant la cour d'assises de Saint-Denis-de-la-Réunion. Elle est condamnée à 30 ans de prison, dont quinze années de peine de sûreté. En 2023, elle est rejugée. Elle reste sur ses dénégations. Après deux jours d'audience, Marie-Claudia Lauret est à nouveau condamnée à trente ans de prison. Son pourvoi en cassation sera rejeté. Le corps de sa compagne n'a jamais été retrouvé.
- Maître Hélène Andriot, avocate de la famille de Julita Bénard.
- Fabienne Atzori, procureure générale à la Cour d'appel de Saint-Denis.
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