2 min de lecture Justice

Violences conjugales : 10 ans requis contre une femme qui a tué son conjoint

En 2016, Alexandra Richard avait tiré sur son conjoint, qui s'était alcoolisé avant de menacer sa compagne de lui "défoncer la gueule".

Une cour d'assises (illustration). Crédit : SEBASTIEN BOZON / AFP
Ryad Ouslimani
Ryad Ouslimani
et AFP

Le 16 octobre 2016, Alexandra Richard était avec son conjoint dans leur domicile de Montreuil-en-Caux en Seine-Maritime, lorsqu'elle lui a tiré dessus avec un fusil de chasse. Âgé de 36 ans et alcoolisé, l'homme s'était levé de son fauteuil en menaçant de "défoncer la gueule" de sa compagne. Pour ces faits, dix ans de prison ont été requis contre la prévenue ce jeudi 26 novembre lors de son procès à Rouen. 

"Oui c'était un homme violent", a estimé devant la cour d'assises de Seine-Maritime l'avocate générale Corinne Gérard, "mais vous ne pouvez pas répondre à la violence par la violence".

Poursuivie pour meurtre au départ, Alexandra Richard a vu l'avocate générale demander l'accusation requalifiée en "violence volontaire ayant entraîné la mort sans intention de la donner". La magistrate a justifié ce changement par le fait que ce n'était pas un accident, selon elle. 

Alexandra Richard, mère de trois enfants dont un qu'elle a eu avec la victime, a assuré à la barre qu'elle ne voulait pas que son compagnon "soit décédé". "C'est pas ce que je voulais", a confié l'accusée au casier judiciaire vierge, qui avait chargé l'arme. Elle était en couple depuis environ deux ans avec cet homme, condamné en 1999 pour avoir tiré sur un rival amoureux.

10 ou 20 ans de prison selon la qualification retenue

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"C'était une arme de dissuasion. Je voulais (...) m'enfuir avec mes enfants", a ajouté l'accusée. Selon son récit, son conjoint avait commencé à boire du whisky dès le matin avant de l'insulter et d'être une nouvelle fois violent avec elle.

"Vous avez subi des violences physiques et sexuelles", a ajouté son avocate Nathalie Tomasini, qui a été le conseil de Jacqueline Sauvage, condamnée pour avoir tué son mari avant d'être graciée fin 2016 par François Hollande. "Même en prison, je dormais mieux qu'à côté de lui. Personne ne me frappait", a expliqué Alexandra Richard qui a fait de la détention provisoire.

Pour l'avocate des parents du défunt, Rose-Marie Capitaine, en revanche "il y avait des excès chez (lui) mais de là à le présenter comme un tortionnaire, évitons ces excès". Et il n'est "pas possible de retenir l'homicide involontaire ou les coups mortels". "Si c'est pour faire peur, pas besoin de charger le fusil", a-t-elle argué.

Le verdict doit être rendu dans la nuit de jeudi 26 à vendredi 27 novembre. Pour meurtre, l'accusée encourt la réclusion à perpétuité ; pour violence volontaire ayant entraîné la mort dans intention de la donner, la peine encourue est vingt ans.

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