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Violences faites aux femmes : comment sortir de cette spirale infernale ?

REPORTAGE - En 40 ans d'activité, Solidarité Femmes a secouru 15.000 femmes victimes de violences. En mettant à leur disposition des studios, les associations leur permettent de réapprendre à vivre en toute sécurité.

Yves Calvi_ 3 Minutes pour Comprendre La rédaction de RTL iTunes RSS
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Violences faites aux femmes : comment sortir de cette spirale infernale ? Crédit Image : Yuttana Jaowattana / EyeEm / GETTY | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
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Émilie Baujard
Emilie Baujard édité par Marie Gingault

Ce mercredi 25 novembre symbolise la Journée Internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. Le président de la République a par ailleurs rappelé mardi soir que ces violences avaient explosé pendant ces périodes de confinement. RTL s'intéresse ce matin à la prise en charge de ces victimes : comment elles réussissent à s'en sortir et à se reconstruire après des années de violences conjugales. 

Direction Dijon, dans une résidence pour femmes victimes de violences. Un endroit secret et protégé. C'est en effet ce que cherchent ces femmes quand elles arrivent ici : la sécurité. Ainsi, l'adresse est tenue secrète, à l'extérieur aucun signe distinctif, pas de boîte aux lettres. Dans l'ascenseur, il faut entrer un code pour accéder à l'étage où sont hébergées les femmes. Cette structure propose en tout 7 studios, tous occupés en ce moment. 

Ici, on n'est pas dans l'urgence, mais dans un accompagnement long. Nadia a 61 ans, elle est arrivée le 10 mars dernier, juste avant le premier confinement : "Pendant 41 ans j'ai été battue par mon mari, j'en pouvais plus parce qu'il était vraiment violent. Comme il m'a dit 'Je ne veux pas faire semblant de t'aimer'. Fin décembre, j'ai fait un infarctus et mon mari a refusé de m'accompagner à l'hôpital, du coup j'ai décidé que c'était terminé. Si je revis, je ne veux plus vivre avec lui (...) maintenant je pense un peu à moi". 

7 allers-retours en moyenne avant de quitter son conjoint violent

Du jour au lendemain, Nadia a donc pris la fuite et a contacté l'association Solidarité Femmes qu'elle avait déjà appelée à plusieurs reprises, mais à chaque fois, elle finissait par repartir chez elle. C'est un phénomène courant, une femme victime de violences fait en moyenne 7 allers-retours avant de quitter son conjoint violent, comme l'explique Anne Joseleau, la directrice de Solidarité Femmes à Dijon. 

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"C'est très compliqué de modifier ses représentations, ses habitudes de vie, tout quitter. Là, il aura fallu 12 ans, entre la première fois où Nadia est venue à l'association et la concrétisation de cet hébergement aujourd'hui. Et pendant tout ce temps-là, elle a été accompagnée, suivie, soutenue, à son rythme. Il faut qu'elle soit prête, sinon de toute façon ça ne marche pas", souligne la directrice. 

En effet, les femmes victimes de violences pourront trouver dans ces hébergements un accompagnement spécifique, car sortir de la violence ce n'est pas juste partir de chez soi. En moyenne, les femmes restent ici entre 6 et 8 mois. Ici, elles réapprennent le quotidien, voient des psychologues, des travailleuses sociales, elles font des formations, s'inscrivent à des activités, elles reprennent une vie normale. 

La violence abîme terriblement

Anne Joseleau, directrice de Solidarité Femmes à Dijon
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"La violence abîme terriblement, et donc il faut retrouver des choses, refaire à manger, ne pas se faire engueuler quand on a fait à manger, pouvoir faire un choix, aller au supermarché et choisir ce qu'on va manger. Cela paraît idiot, mais ce sont toutes ces petites choses là, qui, mises bout-à-bout redonnent confiance à la personne, la requalifient d'être humain", explique Anne Joseleau. 

Et cela a fait ses preuves, puisqu'en 40 ans, l'association a aidé 15.000 femmes comme Caroline, qui a passé 5 mois dans un de ces studios avec sa petite fille : "C'est une période où on s'est senties en sécurité, on ne s'en rendait pas compte quand on était dans notre maison, que finalement on n'était pas sereines. On a été protégées. J'avais un soutien, et ça c'est super important parce que vous avez malgré tout quelqu'un qui vous appelle, vous avez des rendez-vous, on a des cafés-rencontres. C'était une transition nécessaire. Honnêtement, sans l'association je ne sais pas exactement où j'en serais, mais je ne pense pas que je serais là où j'en suis aujourd'hui". Aujourd'hui, Caroline vit dans un appartement, seule avec sa fille. Elle a repris le cours de sa vie, sans violence.

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