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Var : poignardée par son compagnon, elle doit désormais régler ses loyers impayés

VU DANS LA PRESSE - Après avoir survécu à 59 coups de couteau, la mère de famille doit payer 32.000 euros de loyers impayés par son ex-compagnon en prison.

Une HLM à Calais (illustration)
Une HLM à Calais (illustration)
Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
Jérémy Billault

L'absurdité vient se joindre à la douleur des violences physiques. Dans le Var, une mère de famille de 44 ans a été victime de violences conjugales et d'une tentative d'assassinat, survivant aux 59 coups de couteau de son ex-compagnon.

"Désemparée et en colère", elle raconte à France Bleu ce que la justice lui réclame, à elle. Un bailleur HLM lui demande de régler 32.000 euros de loyers impayés par son agresseur, de vider et de rendre les clés de l'appartement. Cet appartement qu'elle a quitté en 2018, pour fuir les violences, justement.

À l'époque, elle avait pourtant pris soin de se désolidariser du bail du logement par courrier-recommandé envoyé au bailleur en question. "Miraculée", c'est quelques mois après avoir quitté l'appartement qu'elle sera frappée de 59 coups de couteau sous les yeux de ses enfants, devant l'école. L'individu a été placé immédiatement en prison et condamné en septembre dernier à 25 ans de prison avant de faire appel. Le bail n'a jamais été résilié, les loyers doivent toujours être payés. 

"C'est comme si j'étais victime une seconde fois"

"J'ai raconté les violences, les plaintes au commissariat et mon départ dans un centre d'hébergement d'urgence, raconte la victime. Ce courrier (envoyé au bailleur) est la première chose concrète de ma vie sans lui. J'ai ensuite eu des échanges par mail avec l'un des employés du bailleur qui confirme que tout est pris en compte. Je me sens libérée."

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Les huissiers frappent aujourd'hui à sa porte et menacent de saisir ses affaires et celles de ses enfants. "C'est comme si j'étais victime une seconde fois, car j'ai cette épée de Damoclès au-dessus de la tête, déplore la Toulonnaise. J'ai vraiment l'impression d'être seule au monde. Quand on est victime de violences, on ne devrait pas avoir autant de pression et de problématiques à gérer. Ce serait logique que je sois accompagnée jusqu'au bout !" 

Son avocate, elle, parle de "nouvelles violences psychologiques qui exacerbent la douleur et aggravent le syndrome de stress post-traumatique déjà très aigu" chez sa cliente. Son associé espère "qu'il ne s'agit que d'un dysfonctionnement interne du bailleur et que tout va rentrer rapidement dans l'ordre, car ce dossier est insupportable".

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