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Valence : 23 ans après les faits, un père jugé pour la mort de son bébé

Vingt-trois ans après les faits, le procès d'un homme accusé de violences ayant entraîné la mort d'un nourrisson s'est ouvert lundi 8 février devant la cour d'assises de la Drôme.

Une cellule de prison (illustration)
Une cellule de prison (illustration)
Crédit : AFP
Venantia Petillault & AFP

En 1998, Andrea-Marie Siette, âgée de deux mois et demi, décédait dans un hôpital portugais où elle avait été admise dans le coma à la suite d'un traumatisme crânien. Le rapport clinique faisait également part d'une hypothermie et de brûlures à l'abdomen. La procédure judiciaire s'enclenche en France dès 1999 car c'est là que résidaient la mère biologique, Carla Ventura, et l'homme qui avait reconnu l'enfant, Cyril Siette.

De 2001 à 2003, le dossier passe entre les mains des parquets d'Evry, Pontoise, Bobigny et de nouveau Pontoise, en fonction de la domiciliation des parents. Des transferts qui ont pu ralentir la procédure. "Mais au final, on ne sait pas ce qui s'est passé", concède l'avocate de Mme Ventura, Laure-Alice Bouvier. "La responsabilité de l'État pourrait être mise en cause mais cela ne servira pas vraiment le fond de l'affaire et c'est ce qu'on traite", ajoute-t-elle.

Les deux parents, désormais séparés, sont entendus en garde à vue en 2003. Le père explique alors que l'enfant, laissé sans surveillance, est tombé du canapé. La mère, de son côté, accuse son ex-compagnon d'avoir secoué le nourrisson avant de le jeter sur le canapé puis de lui avoir donné un coup de pied qui l'aurait projeté contre un mur. Aucune suite n'est donnée jusqu'à ce qu'en 2012, Carla Ventura écrive au parquet de Paris pour demander que les faits ne restent pas impunis.

Mais une information judiciaire ne sera ouverte contre Cyril Siette qu'en novembre 2017. Résidant alors à Étoile-sur-Rhône (Drôme), il est mis en examen cette même année.
Il encourt 30 ans de réclusion pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Me Bouvier estime que sa cliente était au moment des faits sous emprise, "victime de violences psychologiques, économiques, physiques et sexuelles". Constituée partie civile, Carla Ventura avait uniquement porté plainte en 1999 pour les violences exercées sur sa fille. Me Vincent Bard, avocat de la défense, n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP.

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