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L'hôtel de Matignon (illustration)
Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
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Le climat de travail de Matignon est au cœur d'investigations judiciaires. D'après le parquet de Paris, une enquête préliminaire, confiée à la brigade de Répression de la délinquance à la personne, est en cours après le dépôt d'une plainte pour harcèlement moral déposée par une cadre et visant des membres du cabinet du Premier ministre.
Fin juin, un représentant du personnel avait déjà effectué un signalement pour harcèlement moral et mise en danger de la vie d'autrui, concernant des faits qui auraient conduit un fonctionnaire à tenter de mettre fin à ses jours. Révélé par France Inter, l'alerte faisait état de deux suicides, d'une tentative de suicide et d'une personne retrouvée morte dans des toilettes, dans des conditions suspectes.
Le bilan humain de ce dossier est particulièrement lourd. En octobre 2025, une salariée a tenté de mettre fin à ses jours en se tailladant la gorge avec un cutter. En mars 2026, deux salariés se sont suicidés. Selon l'Opinion, le premier, chargé de projet du Secrétariat général pour l'investissement, s'est donné la mort chez lui, alors qu'il était en télétravail. Le second, Secrétaire général du gouvernement, s'est suicidé dans le Val-d'Oise.
À peine un mois plus tard, en avril, une femme travaillant pour la correspondance du Premier ministre depuis 2022 est rattrapée in extremis alors qu'elle allait se jeter sous un train. Cette dernière décrit une dégradation progressive de ses conditions de travail après un changement de hiérarchie intervenu fin 2023. Son avocate, Christelle Mazza, affirmait sur France Inter : "Ma cliente a été invisibilisée, elle n'était plus conviée aux réunions, elle a été enlevée de l'organigramme, elle n'était plus rien. Elle était moquée, conspuée comme dans un harcèlement scolaire, mise au ban".
Cette cadre a pourtant cherché à obtenir de l'aide à plusieurs reprises. Elle a effectué des signalements, notamment auprès de son syndicat, et adressé une demande écrite de protection à son N+2, restée sans réponse. Elle a ensuite consulté son médecin du travail et sollicité le dispositif Vigisouffrance. La seule issue qui lui aurait alors été proposée: quitter son service.
Pour son avocate, le problème est institutionnel. "Il y a une vraie problématique systémique au sein de ces services, les services du Premier ministre, qui assurent la continuité de l'État", explique-t-elle sur RTL. Avant de poursuivre : "C'est l'instabilité - en particulier depuis la dissolution de l'Assemblée nationale en juin 2024 qui a vu défiler un certain nombre de cabinets du Premier ministre - qui a généré une sidération vis-à-vis des agents qui assurent cette continuité de l'État et une souffrance au travail collective".
De son côté, Matignon annonce que plusieurs enquêtes administratives ont été diligentées et assure que la prévention des risques psychosociaux est une priorité au sein des services du Premier ministre. Par ailleurs, aucune de ces personnes ne travaillait directement avec le Premier ministre ou dans son cabinet, précise la Direction des services administratifs et financiers.
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