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"Il nous prend pour des truffes !" : à couteaux tirés, le bloc central se craquelle face à Sébastien Lecornu dont l'ambition agace

La crise couvait depuis des semaines, elle éclate désormais au grand jour. Entre promesses non tenues sur les pesticides, saisie surprise du Conseil constitutionnel sur la fin de vie et omniprésence médiatique, le Premier ministre Sébastien Lecornu s’attire les foudres des députés macronistes.

Le premier ministre Sébastien Lecornu à l'Assemblée le 30 juin 2026

Crédit : AFP

Le journal RTL de 7h du 23 juillet 2026

00:08:51

Arthur Bellier - édité par Daniel Rampf

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C'est un psychodrame qui secoue l'Assemblée nationale. Alors que le gouvernement tentait d'éteindre l'incendie autour de la réintroduction de certains pesticides dans la loi d'urgence agricole, la méthode Lecornu passe de moins en moins auprès de ses troupes.

Dernier épisode en date : un amendement visant précisément à supprimer cette réintroduction a été jeté à la poubelle avant même l'ouverture des débats, et ce malgré les engagements fermes pris au préalable par Sébastien Lecornu. C’en est trop pour la majorité parlementaire. "Il nous prend pour des truffes !", tempête un député macroniste, furieux de voir la parole donnée une nouvelle fois bafouée.

"La gestion est affligeante"

L'agacement a désormais gagné toutes les chapelles de la macronie. Dans l'entourage de l'ancien Premier ministre Gabriel Attal, le constat est sans appel. "La gestion est affligeante", s'exaspère-t-on en coulisses. Le malaise est devenu tellement palpable que même la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, s'est émue publiquement des méthodes brutales employées par Matignon.

Échaudés par ces arbitrages chaotiques, les députés ont profité de leur dernière réunion de groupe pour vider leur sac. L'ancienne Première ministre Élisabeth Borne n'a d'ailleurs pas mâché ses mots pour recadrer l'exécutif : "Il y a deux moyens pour abîmer une majorité : présenter des textes qui la fracturent et remettre en cause son bilan. Le gouvernement fait les deux."

Le spectre du cavalier seul pour 2027

La semaine dernière déjà, les parlementaires avaient halluciné à quelques heures seulement de l'adoption du texte sur la fin de vie, en apprenant par surprise que Sébastien Lecornu avait l'intention de saisir lui-même le Conseil constitutionnel. Une démarche perçue comme un désaveu direct du travail parlementaire.

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Une suite d'incompréhensions qui pousse aujourd’hui une partie de la majorité à soupçonner le Premier ministre de préparer discrètement son propre calendrier en vue de la présidentielle de 2027.

L’alignement des planètes commence à faire beaucoup pour les élus, qui voient d'un œil très critique l'offensive médiatique du locataire de Matignon. "Tout ça, plus le bon sondage qui sort de nulle part, plus les photos dans Paris Match aujourd'hui... On n'est pas dupes", énumère avec agacement une députée du groupe.

À seulement neuf mois de l'échéance présidentielle, le rififi chez les (anciens) macronistes ne fait sans doute que commencer.

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