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Matignon ébranlé par deux suicides d'agents et plusieurs tentatives : une enquête ouverte après une plainte pour harcèlement moral dans les services du premier ministre

Une plainte pour harcèlement moral visant quatre personnes au sein des services du Premier ministre a été déposée fin juin. Une enquête préliminaire a été ouverte alors même que deux suicides d'agents ont eu lieu ces derniers mois.

L'hôtel de Matignon le 10 septembre 2025

Crédit : AFP

Sophie Neumayer & AFP - édité par Laurène Rocheteau

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Une plainte pour harcèlement moral a été déposée contre plusieurs membres des services du Premier ministre, et une enquête prélimiaire a été ouverte et confiée à la brigade de Répression de la délinquance à la personne, a appris RTL auprès du parquet de Paris. L'avocate d'un représentant du personnel avait également indiqué à l'AFP qu'un signalement pour harcèlement moral et mise en danger d'autrui avait été effectué, concernait des faits qui auraient conduit une fonctionnaire à tenter de se suicider. 

Ce signalement, révélé par France Inter et daté du 25 juin, fait état depuis octobre 2025 de deux suicides, d'une autre tentative de suicide et d'une mort suspecte (une personne retrouvée morte dans les toilettes). Le même jour, une plainte a été déposée par cette fonctionnaire pour "harcèlement moral", a précisé l'avocate, maître Christelle Mazza. 

Le signalement désigne comme "victime principale" cette fonctionnaire du service de la correspondance du Premier ministre et met en cause quatre personnes. Sont évoqués un retrait progressif de responsabilités, des humiliations publiques, des commentaires dévalorisants, un isolement croissant avec une affectation dans un bureau au sous-sol, qui ont entraîné une souffrance au travail et une dégradation de son état de santé, jusqu'à son hospitalisation en avril après avoir voulu se suicider. Elle a été retenue par un usager alors qu'elle s'apprêtait à se jeter sous un train, a expliqué à l'AFP son avocate. 

Un contexte de "souffrance au travail"

Le 26 mars dernier, un collègue d'un "service adjacent", le Secrétariat général du gouvernement (SGG), s'était jeté sous un train "dans un contexte de souffrance au travail identifié", selon ce signalement, qui dénonce des "manquements de l'employeur à son obligation de protection". Le représentant du personnel fait état d'"une situation de harcèlement moral institutionnel présumée" au sein des services du Premier ministre. 

À écouter aussi

Ces services regroupent une cinquantaine d'administrations aux statuts variés (secrétariats généraux, directions, missions et autorités administratives indépendantes), sous l'autorité directe du chef du gouvernement. Ils sont chargés notamment de coordonner l'action gouvernementale. 

"Il ressort des éléments du dossier que les services du Premier ministre sont profondément déstabilisés depuis notamment la dissolution de l'Assemblée nationale en juin 2024 et la succession des Premiers ministres et cabinets ministériels, la situation ayant commencé à se dégrader à l'automne 2024 pour les personnels administratifs", écrit maître Mazza dans un courrier accompagnant la plainte et le signalement. 

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