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"Un risque d'accident très grave" : la RATP épinglée par l'inspection du travail, des températures atteignant les 42°C dans des bus

L'inspection du travail a mis en demeure la RATP dans un courrier daté du 10 juillet, après avoir relevé des températures pouvant atteindre 42°C. Dénoncées par les syndicats, ces conditions étouffantes font peser un risque sur la santé des conducteurs et la sécurité des passagers.

Un bus de la RATP (illustration)

Crédit : ERIC PIERMONT / AFP

Flora Granchette - édité par Athénaïs Cornette de Saint Cyr

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Canicule et transports en commun ne font pas bon ménage. En région parisienne, l'inspection du travail a épinglé la RATP dans un document qui décrit des conditions de travail étouffantes pour les conducteurs de certains bus, avec des températures atteignant 42°C au volant ou 39°C dans les salles de repos. 

Une décision qui "ne choque pas" Ahmed Berrahal, ancien délégué syndical de la RATP et secrétaire de la CSSCT (Commission Santé, Sécurité et Conditions de Travail). "C'est très grave, déjà pour les usagers qui payent un Navigo à 100 euros, alors qu'on n'est pas en capacité de leur mettre une climatisation", poursuit-il. 

De plus, il souligne le risque sanitaire qui pèse sur les conducteurs. "C'est dangereux pour le chauffeur de bus qui conduit pendant plus de 7h30 à 8h toute une journée. Il y a un risque d'accident très grave. On a déjà eu un collègue qui est rentré dans un arbre, dans un terminus".

Pas de climatisation dans les espaces de repos

Selon le document de l'inspection du travail, la chaleur reste très élevée jusque dans les espaces censés permettre aux conducteurs de récupérer. "Le terminus, c'est l'endroit où le chauffeur doit venir se reposer, prendre un petit verre d'eau pour souffler. On voit bien que même là, la climatisation ne fonctionne pas", poursuit l'ancien délégué syndical. 

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Jason, conducteur, passe sept heures par jour dans un bus non-climatisé. "C'est vraiment infernal. On est là, on conduit, on subit la chaleur. C'est vraiment dur parce que c'est pesant. Il n'y a pas de moyen de s'échapper", raconte-t-il, au micro de RTL. 

En juin dernier, pendant la canicule, l'inspection du travail avait relevé 46 degrés dans son bus. Alors quand il prend le volant, il craint toujours le pire : " Il faut garder sa concentration, avec la chaleur on peut faire des malaises. Ça m'est déjà arrivé."

Une "idéologie anti-clim"

Fin juin, la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, défendait le recours à la climatisation dans les transports en commun face aux épisodes de chaleur extrême, en visant directement ce qu’elle appelle une "idéologie anti-clim". "Cette idéologie anti-clim, elle nous a fait prendre 10 ans de retard dans la climatisation des bus", avait-elle affirmé au micro de Thomas Sotto. 

Selon elle, la responsabilité remonte à la majorité régionale d'il y a dix ans. "La région était dirigée par une coalition de gauche avec des Verts qui avaient interdit d’acheter des bus climatisés", avait-elle estimé, avant d'appeler les voyageurs qui le peuvent à limiter leurs déplacements.

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