2 min de lecture

INFO RTL - La descente aux enfers continue au BHV : l'inspection du travail saisie après des signalements

Selon les informations de RTL, une cellule d'écoute psychologique a également été ouverte pour les antennes du BHV en région, comme à Reims, Limoges ou Grenoble.

Le BHV-Marais à Paris le 18 mars 2016

Crédit : MARTIN BUREAU / AFP

Nos révélations sur la descente aux enfers du BHV

00:03:21

Joanna Chabas - édité par Juliette Vignaud

Je m'abonne à la newsletter « Économie »

La situation ne fait qu'empirer au BHV. Entré dans la polémique depuis l'arrivée de Shein dans le grand magasin, il ne cesse depuis de couler. Selon les informations de RTL, l'inspection du travail a même été saisie suite aux signalements des employés.

Les inspecteurs viennent ainsi, presque chaque semaine, pour constater le mal-être des salariés, dans des rayons quasiment vides. Vides de clients, mais aussi de marques. Plus d'une centaine sont parties à cause d'impayés. Cela touche le BHV à Paris, mais aussi toutes ces antennes en région. Les anciennes galeries Lafayette, comme à Reims, Limoges ou Grenoble. 

Dans ces magasins régionaux, le ménage n'est plus fait à cause d'une dette envers le prestataire. La collection hiver est toujours en place, car l'entreprise qui livre les nouveautés n'a pas été payée. Et pour les salariés, c'est une souffrance au quotidien. Selon les informations de RTL, la direction du BHV a ouvert une cellule d'écoute psychologique pour ses magasins en région. 

Une employée qui en a bénéficié a accepté de témoigner sur notre antenne, sous couvert d'anonymat. "Plus ça va et plus les magasins se vident, c'est très très dur. On n'a vraiment pas envie d'y aller, il n'y a rien à faire, c'est anxiogène, on n'a plus de clients alors que c'est notre métier", déplore-t-elle. 

"C'est très compliqué à vivre, surtout quand on a connu un beau magasin bien achalandé et que là il se vide. Vivre comme ça au jour le jour, c'est hyper compliqué." Dernière goutte d'eau pour les salariés, ils ont été payés avec presque une semaine de retard, au point de se retrouver à découvert pour certains.

Près de 700 départs en quatre ans

Depuis l'arrivée de Frédéric Merlin au BHV il y a 4 ans, près de 700 employés sont partis à Paris et en région, selon les représentants du personnel. Ce sont des départs à la retraite, mais aussi beaucoup de démissions, de licenciements, de ruptures conventionnelles. Et pour ceux qui restent, c'est dur à vivre. 

"Quand du jour au lendemain, on perd une amie et qu'on la voit attristée de perdre son travail, ça fait toujours mal au cœur. Et on se dit, quand est-ce que ça va être notre tour ?", s'interroge un employé. "On voit tellement de monde partir qu'on ne voit pas comment la société va pouvoir rebondir. On ne voit que des marques partir, mais on ne voit rien de revenir." Et de questionner : "Où va-t-on ?"

Les raisons de s'inquiéter se multiplient. Selon les représentants du personnel, le BHV à Paris a vu son chiffre d'affaires dégringoler, -80% sur un an. Et l’arrivée de Shein n’arrange rien. Le stand à Paris fait quelques milliers d’euros de recette par jour. En région, c’est parfois à peine 100 euros par magasin.

La direction n'a toujours pas pris la parole officiellement, mais elle a toujours contesté les chiffres des syndicats. Selon nos informations, elle tente de rassurer ses employés. Pour combler le vide en rayon, la direction promet une transformation, une vague de nouvelles marques pour cet été, une parapharmacie, une halle alimentaire… Pas de quoi convaincre les salariés.

Pourtant, les dirigeants se sont donnés un objectif : fêter en grande pompe les 170 ans du BHV en septembre. À quelques mois de l'échéance, le défi semble immense.

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info