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"Retour en force" des températures élevées en France : parle-t-on de vague de chaleur ou de canicule ?

Le mercure va remonter dès ce samedi 8 août dans de nombreux départements, et la tendance va se poursuivre au fil de la semaine. À quoi s'attendre... et quels mots employer pour le décrire ?

Vague de chaleur (photo d'illustration).

Crédit : Loic VENANCE / AFP

Benjamin Pierret

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De nouvelles températures extrêmes sont attendues dans les jours à venir. Météo-France a annoncé vendredi 7 août un "retour en force" progressif de la chaleur en France. 

Une nouvelle masse d'air chaud remontera par le sud-ouest et la vallée du Rhône, avant de se propager vers le nord samedi, rapporte l'AFP. 
Le seuil de 30°C sera "souvent atteint jusqu'en Bretagne, en Île-de-France et jusqu'à la frontière allemande, avec 36 à 38°C dans le Sud, voire 39°C dans le Sud-Ouest", indique le prévisionniste national sur son site internet. Et la tendance devrait se poursuivre la semaine prochaine. 

De 35 à 40 degrés

"Les températures baissent à nouveau dimanche et lundi avec quelques orages, mais cette baisse sera très provisoire", décrit Patrick Galois, prévisionniste de Météo-France, auprès de RTL.fr. 

"Elles repartiront de nouveau à la hausse en début de semaine prochaine. On atteindra un niveau de température très élevé entre mercredi et vendredi prochain, qui va concerner les trois quarts du pays." Des températures autour des 35°C pourront alors "remonter jusqu'au nord de la France et les 40°C être parfois approchés", peut-on lire dans un communiqué du service de météorologie

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Ce nouveau pic intervient alors que l'actuelle vague de chaleur, la troisième de l'année après celles de juin et de la première quinzaine de juillet, se poursuit depuis le 28 juillet. Selon le système de mesure de Météo-France, vague de chaleur et canicule sont deux données différentes. Si toutes les deux indiquent des températures extraordinairement élevées, l'une n'implique pas nécessairement l'autre. 

La vague de chaleur, des critères précis

La vague de chaleur est définie à une échelle nationale, selon des critères précis : pour qu'elle soit déclarée, il faut que la moyenne des températures minimales et maximales de 30 stations réparties sur la France dépasse un niveau de 25,3°C. 

Ainsi, par exemple, les fortes chaleurs du mois de mai n'ont pas constitué une vague de chaleur, car la moyenne des 30 stations n'a pas dépassé les 24,8°C. Pour autant, des alertes canicule ont été déclenchées dans plusieurs départements : "Ces températures restaient exceptionnelles à ce moment de l'année", explique le spécialiste. "C'était la première fois qu'on déclenchait des alertes canicule au mois de mai." 

"Nous avons une définition analogue pour les vagues de froid", ajoute-t-il... "sauf que nous n'en avons plus depuis 2018."

La canicule du Morbihan n'est pas celle du Var

Les alertes canicule, déclenchées au niveau départemental, ont été intégrées à la carte vigilance après celle de 2003. Les critères de température pour les déclarer dépendent "des sensibilités des différents territoires à la chaleur". 

Les trois niveaux d'alerte, du jaune au rouge, dépendent d'autres critères encore : il faut que le seuil de température élevé s'étende sur trois jours pour passer au niveau orange. Le passage au niveau de vigilance rouge, quant à lui, se décide en concertation avec le ministère de la Santé et Santé publique France, "en fonction des retours qu’ils ont sur la fréquentation des hôpitaux."

Troisième, quatrième, cinquième canicule?

Alors que la mi-août approche et que le nombre de séquences d'extrême chaleur s'accumule, peut-on donner un nombre de canicules traversées à ce stade ? Pas vraiment, selon Météo-France : "On se permet de parler d'un 'temps caniculaire' sur le pays quand une bonne partie du territoire est concernée. En revanche, parler d'une 'cinquième canicule' sur le pays ne veut pas dire grand chose", explique-t-on à RTL.fr. "Dans certains départements du Sud-Est, on pourrait dire que c'est seulement la troisième, alors que d'autres en ont connues quatre. Ça ne veut pas dire qu'il a fait moins chaud dans le Sud-Est : seulement que les canicules ont été plus longues."

Dans certaines situations, les contours sont flous : "La canicule est terminée dans le Centre-Est depuis hier, mais elle reprend demain : est-ce qu'on compte ça comme une nouvelle canicule ? C'est parfois un peu compliqué."

Quoi qu'il en soit, la situation est historique : "Juillet a été le mois le plus chaud jamais observé à l’échelle du pays et nous sommes partis pour avoir l’été le plus chaud. Il faut attendre la fin du mois d'août pour les chiffres définitifs, mais il y a peu de suspense."

Les vagues de chaleur répétées auxquelles nous assistons sont, en outre, un indice criant de l'accélération du réchauffement climatique, pour Philippe Galois : "54 vagues de chaleur ont été enregistrées sur le territoire depuis le début des registres en 1947. Les deux tiers ont eu lieu au XXIe siècle, soit sur les 26 dernières années. Seul un tiers s'est produit sur les 53 années précédentes."

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