2 min de lecture Faits divers

Un réseau franco-bulgare de traite d’êtres humains démantelé, 4 Bulgares arrêtés

L'alerte avait été donnée par des travailleurs bulgares venus en France pour faire les vendanges. À leur retour, ils ont dénoncé des conditions de travail et d'hébergement indignes.

Les travailleurs ont été exploités dans des vignobles de Bourgogne et du Beaujolais.
Les travailleurs ont été exploités dans des vignobles de Bourgogne et du Beaujolais. Crédit : Photographe SIRPA, gendarmerie nationale.
Léa Stassinet
Léa Stassinet
Journaliste

C'est un gros coup de filet, minutieusement préparé. Le 17 septembre dernier, après quasiment un an d'enquête, quatre Bulgares dirigeants ou intervenants au sein d’une société, ont été interpellés puis mis en examen et placés sous contrôle judiciaire. 

Âgés d'une "trentaine à une soixantaine d'années" et déjà connus de la justice pour des "faits mineurs", ils sont poursuivis notamment pour "travail illégal en bande organisée", "traite des êtres humains aux fins d'exploitation par le travail en bande organisée" et "association de malfaiteurs", indique l’office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI). À la direction d'une société de travail temporaire, basée dans la région rhônalpine, les quatre hommes recrutaient chaque année des travailleurs saisonniers bulgares pour les vendanges "dans le Beaujolais et le Mâconnais". 

L'alerte avait été donnée fin 2018, lorsque certains de ces saisonniers sont revenus dans leur pays et "se sont plaints de conditions de travail et d'hébergement indignes", précise une source proche de l'enquête contactée par RTL.fr. Il était notamment question d'une "très grande pression" concernant leur rendement, et de "logements, parfois dans des tentes, insalubres", poursuit-on. 

Là où les victimes étaient logées.
Là où les victimes étaient logées. Crédit : Photographe SIRPA, gendarmerie nationale.

80 enquêteurs mobilisés, 167 victimes présumées

Une enquête préliminaire a alors été ouverte en février dernier, sous la direction de la Juridiction Inter Régionale Spécialisée (JIRS) de Lyon, avant une information judiciaire quelques mois plus tard. L'enquête avait alors été confiée à L'OCLTI, aidé des policiers et gendarmes du Rhône et de Saône-et-Loire.

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Sur le plan de la coopération policière, l'agence Europol a assisté les autorités bulgares et françaises dans leur action, selon l'OCLTI, ajoutant que "plus de 80 enquêteurs de différents services" ont été mobilisés pour l'opération. 

Cette enquête, menée également en Bulgarie, a révélé qu'au moins 167 ouvriers bulgares auraient travaillé illégalement pour cette société. "Pauvres et illettrés, ils signaient des contrats en français qu'ils ne comprenaient pas avec la promesse d'être payées soixante euros par jour (...) Les organisateurs du réseau retenaient ensuite la plus grande partie de leurs salaires qu'ils investissaient en immobilier et dans le commerce", a-t-on encore ajouté.  

Mais quel est le rôle des viticulteurs français propriétaires des terres sur lesquels les victimes étaient employées ? "Les investigations se poursuivent et leur responsabilité est en train d'être étudiée", nous confie une source proche de l'enquête. 

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