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Terrorisme : l'aînée du clan Clain jugée pour avoir tenté de rejoindre la Syrie

Anne Diana Clain comparaît à Paris mardi 19 et mercredi 20 novembre. Cette mère de six enfants âgée de 44 ans est en prison depuis son expulsion par les autorités turques en septembre 2016.

Fabien Clain, l'un des deux frères Toulousains qui ont revendiqué les attentats du 13 Novembre à Paris.
Fabien Clain, l'un des deux frères Toulousains qui ont revendiqué les attentats du 13 Novembre à Paris. Crédit : OFF / AFP
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Quentin Marchal
et AFP

Son nom de famille est l'un des plus connus de la "jihadosphère" française. Anne Diana Clain, soeur aînée de Fabien et Jean-Michel Clain, les voix francophones de Daesh, tués en février dernier par des frappes de la coalition internationale à Baghouz, comparaît mardi 19 et mercredi 20 novembre à Paris pour avoir tenté de les rejoindre en Syrie.

Cette mère de six enfants âgée de 44 ans est en prison depuis son expulsion par les autorités turques il y a trois ans, en septembre 2016. Entre 2014 et 2015, toute sa famille, qui fut au cœur de la nébuleuse islamiste toulousaine pendant des années, a gagné les zones tenues par les jihadistes de Daesh en Syrie.

Avec son époux Mohamed Amri, leurs trois enfants et son fils issu d'un précédent mariage, tous mineurs, Anne Diana Clain est la dernière à partir, via la Grèce, en août 2015. Devant les enquêteurs, elle a expliqué qu'il s'agissait de rejoindre sa famille en Syrie pour vivre dans un "État musulman".

Jugée pour association de malfaiteurs à visée terroriste

Leur périple s'arrête d'abord à la frontière gréco-turque. Refoulés, ils se replient vers la Bulgarie où ils attendront une fenêtre favorable pendant plus de huit mois. Ils passent finalement en Turquie mais sont interceptés en juillet 2016 alors qu'ils s'apprêtent à entrer en Syrie, incarcérés, puis expulsés.

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Mohamed Amri, un Tunisien de 58 ans, avait joué un rôle majeur dans la conversion à l'islam des Clain, famille chrétienne originaire de la Réunion, dès 1999. En dépit des déclarations de son épouse, il a nié tout projet d'installation en Syrie. Le couple comparaîtra devant le tribunal correctionnel pour association de malfaiteurs à visée terroriste. 

Ce lourd contexte familial pourrait peser dans la balance judiciaire, les juges d'instruction estimant dans leur ordonnance de renvoi qu'Anne Diana Clain et Mohamed Amri sont partis en connaissant parfaitement la "nature terroriste" de Daesh et les hautes fonctions de propagandistes des frères Clain.

L'aînée du clan Clain dit "avoir appris de ses erreurs"

La prévenue écrivait l'an dernier à ses juges avoir "appris de ses erreurs" après avoir cru à "l'utopie" de Daesh, et être "déçue" que ses proches "soient devenus aussi haineux". Le tribunal devra évaluer sa sincérité. Selon ses avocats Xavier Nogueras et Martin Desrues, Anne Diana Clain "souhaite livrer un discours de vérité" et "son expérience carcérale lui a permis de porter un regard très critique sur l'engagement qui était le sien à l'époque". 

Pendant l'enquête, Anne Diana Clain a affirmé ne pas se considérer comme radicalisée et a condamné les attentats. À sa manière: "Tu vas annoncer l'islam à qui si tout le monde est mort ?" Mohamed Amri, quant à lui, est allé jusqu'à demander aux enquêteurs, dans une défense hasardeuse : "C'est quoi le 13 novembre ? Il s'est passé quoi ? Je ne sais pas qui a revendiqué".

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