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Sœur Gabrielle : quel mystère entoure la disparition de la religieuse ?

Un matin de 1982, sœur Gabrielle ne se présente pas à l'office. Dans son couvent flamand, la religieuse semble s'être brutalement volatilisée. Des circonstances brumeuses et une enquête qui piétine, comme si l'on tentait de maintenir la vérité sous silence.

Illustration d'une religieuse priant dans l'Abbaye du Mont Saint Michel, le 16 octobre 2020
Illustration d'une religieuse priant dans l'Abbaye du Mont Saint Michel, le 16 octobre 2020
Crédit : DAMIEN MEYER / AFP
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Jean-Alphonse Richard & Marie Kerlidou

Sœur Gabrielle était une figure emblématique de sa communauté. Elle avait intégré le couvent des Saints-Vincent-et-Paul, au nord de la Belgique à l'âge de 18 ans. De son vrai nom Germaine Robberechts, 56 ans, s'est toujours démarquée des autres religieuses par son originalité, son ouverture d'esprit et son naturel curieux.

Elle joue de l'accordéon et a obtenu un diplôme d'arts plastiques. Elle conduit, dessine, fait de la photographie et fabrique des poteries en céramique. C'est aussi elle qui s'occupe des loisirs, des voyages et des finances de l'école religieuse.

Le jour de la disparition. Jeudi 4 mars 1982 aux alentours de 6h30 du matin, Sœur Gabrielle ne se montre pas à l'office du matin, dans la chapelle du couvent de Saint-Vincent-et-Paul, érigée sur Roosstraat, dans la ville de Termonde, en Flandre-Orientale.

Une disparition qui ne laisse ni témoin, ni trace, pas de corps ni désordre. Pourtant, un silence religieux plane autour de sa disparition et certains éléments intriguent.

Tout semble démontrer que la sœur est sortie la veille

Ce jour-là, elle devait donner un cours de dessin industriel, mais ne s'y présente pas. Des sœurs se rendent à sa chambre, frappent à sa porte mais sans succès. La porte est verrouillée.

Dans la journée, un ouvrier du couvent force la serrure. Le lit n’est pas défait, Sœur Gabrielle n'a pas dormi ici. Aucun désordre dans sa chambre. Mais son manteau n'est pas là, une pèlerine en laine sombre qu'elle porte tout l'hiver.

La religieuse est la seule personne au couvent à posséder son permis de conduire. La Peugeot 504 qu'elle utilise encore à sa place sous son abris. Elle serait donc restée dans l'enceinte du bâtiment. 

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En dépit de ces constatations, la direction du couvent, sous la coupe d'un chanoine, ne semble pas s'alarmer outre mesure de cette disparition.

Un silence de plomb entoure la disparition

Deux semaines après la disparition, ses proches ont la surprise de découvrir que le couvent n'a toujours pas prévenu les autorités. Il faudra attendre 25 jours pour que deux officiers de la police judiciaire de Termonde, Jean Jacobs et Norbert Devriendt, soient enfin chargés de rédiger un procès-verbal pour disparition inquiétante.

Mais les inspecteurs se heurtent vite au mur du silence et l'accès à la chambre de Sœur Gabrielle leur est interdit par l'infirmière en chef, sur ordre du Conseil de l'établissement.

Les investigations tournent au ralenti. Le chanoine Gaston Mornie, qui supervise tout le fonctionnement du couvent, est entendu. Il élude les questions, exaspéré par ce remue-ménage, ignorant tout de ce qui a pu se passer. 

Le procureur et son substitut ne sont pas pressés de déclencher de véritables investigations. Et pour cause, l'un est administrateur de Saints-Vincent-et-Paul et l'autre demeure proche du Conseil d'administration.

Une religieuse curieuse

L'attitude de la congrégation suscite l'interrogation de la famille. Et elle l'est encore davantage lorsqu'on leur apprend, en guise de conclusion, que Sœur Gabrielle avait un amant. Un paysan du coin, qu'elle serait partie rejoindre. 

Une thèse d'autant plus étonnante que l'homme est identifié mais dément toute aventure avec la disparue.

Le mystère ne cesse de s'épaissir. Après 40 années d'enquête, les investigations vont finalement établir que Sœur Gabrielle, poussée par sa curiosité, avait découvert de très sombres secrets sur la vie d’un notable de l’église. Un chanoine, puissant et influent qui organisait la vie du monastère. 

Elle était au courant de ses rendez-vous cachés et de ses travers inavouables. Était-elle sur le point de révéler un retentissant scandale ?

Les invités de "L'heure du crime"

 Philip Heymans, journaliste pour la VRT.
- Chantal Lanssens, avocate générale auprès de la Cour d’appel de Gand, chargée des disparitions mystérieuses.




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