2 min de lecture Justice

"Sextape" de Valbuena : les policiers ont-ils usé d'un stratagème déloyal ?

La Cour de cassation doit trancher ce lundi 9 décembre sur la question de la validité de l'enquête sur le chantage à la sextape de Mathieu Valbuena, dans laquelle est mis en examen Karim Benzema.

De gauche à droite : Mathieu Valbuena, Djibril Cissé et Karim Benzema
De gauche à droite : Mathieu Valbuena, Djibril Cissé et Karim Benzema Crédit : SIPA / AFP
Noémie Grinberg et AFP

Quatre ans de procédure et deux carrières internationales à l'arrêt. L'enquête sur l'affaire désormais tristement célèbre du chantage à la sextape de Mathieu Valbuena, impliquant Karim Benzema, va connaître un nouveau virage. 

Les policiers ont-ils usé d'un stratagème déloyal pour monter un dossier visant l'attaquant vedette du Real Madrid, soupçonné d'avoir cherché à faire chanter son ancien coéquipier en bleu ? C'est la question à laquelle va répondre ce lundi 9 décembre la Cour de cassation. 

Tout commence en juin 2015, lorsque Mathieu Valbuena prévient les forces de l'ordre après avoir reçu un appel l'informant de l'existence d'une vidéo à caractère sexuel sur laquelle il est clairement identifiable. L'interlocuteur l’aurait menacé de rendre le document public.

Un agent de police va alors prendre les choses en main et se faire passer pour un négociateur missionné par Valbuena. Il n'aura de contacts qu'avec un certain Younes Houass, un intermédiaire gravitant dans le milieu du football.

Karim Benzema est mis examen depuis 2015

Le nom de Karim Benzema entrera dans le dossier quelques mois plus tard, en octobre, quand il évoquera l'existence de la vidéo avec Valbuena lors d'un rassemblement de l'équipe de France à Clairefontaine. Une simple conversation amicale, selon lui, pour prévenir son coéquipier d’une injonction à payer. 

À lire aussi
Un détenu dans une prison (Illustration). évasion
Alpes-Maritimes : un détenu s'évade 4 minutes, sa peine est rallongée de 8 mois

En novembre 2015, Karim Benzema est mis en examen, en compagnie de cinq autres personnes, dont son ami d'enfance Karim Zenati et l'ancien footballeur Djibril Cissé.

Seulement Benzema et Zenati estiment que le policier ayant agi sous couverture comme intermédiaire entre Mathieu Valbuena et les maîtres-chanteurs présumés a outrepassé son rôle en incitant les protagonistes de l'affaire à se rendre coupables de chantage. "Il va prendre la direction des échanges en relançant régulièrement ses contacts", affirme Maître Fabrice Spinosi, avocat de Benzema. 

Des méthodes tout à fait normales pour l'avocat de Mathieu Valbuena, Maître Frédéric Thiriez. "Les maîtres-chanteurs utilisent le silence pour effrayer leurs victimes, explique-t-il, il est normal de les relancer". "L'enquêteur n'a fait que son travail comme le ferait, toute proportion gardée, un négociateur dans le cadre d'une affaire d'enlèvement et de séquestration", complète-t-il.

La décision de la Cour de cassation de ce lundi sera la dernière avant un retour de l'affaire sur le bureau du juge d'instruction. Si le pourvoi est rejeté, la perspective d'un procès de Karim Benzema se concrétisera un peu plus. Mais si la Cour lui donne raison, l'affaire devrait s'arrêter là pour lui. Une affaire, quoi qu'il arrive, qui aura contribué à priver l'actuel meilleur buteur du championnat d'Espagne de sa place en équipe de France depuis novembre 2015.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Justice Cour de cassation Affaire Valbuena
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants