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Le procureur de Lyon Thierry Dran le 19 février 2026
Crédit : AFP
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Une semaine après la mort de Quentin Deranque, les responsabilité des personnes impliquées dans la mort du militant identitaire se précisent. Le procureur de Lyon Thierry Drean a tenu une conférence de presse ce jeudi 19 février pour faire le point sur les dernières avancées de l'enquête à l'issue des gardes à vue des onze suspects interpellés mardi et mercredi.
Lors de sa prise de parole, le magistrat a insisté sur l’ampleur du travail mené depuis la mort du militant identitaire en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Les fonctionnaires de la police judiciaire ont engagé dès le jeudi 12 février dernier des investigations pour déterminer avec précision les personnes présentes sur les lieux. L’identification s’est révélée "difficile". "À ce stade, a-t-il précisé, plusieurs personnes restent encore à identifier".
L’exploitation "des témoignages et des nombreuses vidéos" a toutefois permis de cibler sept individus. Leur localisation a été affinée mardi 17 février dans l’après-midi, conduisant à leur interpellation entre mardi 18 heures et mercredi 9 heures du matin. Quatre autres personnes, dont trois femmes, ont également été placées en garde à vue. Des perquisitions ont été menées à leurs domiciles.
Au total, sept hommes ont été placés en garde à vue dans le cadre principal du dossier, suspectées d'avoir pris part aux violences. Selon le procureur, "deux d’entre elles ont refusé de s’expliquer". "Deux autres ont admis avoir porté des coups" à Quentin Deranque ou à "d’autres victimes". Deux ont "reconnu leur présence sur les lieux". Tous, en revanche, contestent "l'intention d'homicide" et refusent d'endosser la responsabilité des coups mortels.
Les quatre autre suspects, initialement soupçonnées d'avoir aidé les autres à se cacher, ont été remis en liberté, mais seront convoqués ultérieurement. Parmi eux figure notamment un attaché parlementaire du député LFI du Vaucluse Raphaël Arnault nommé Robin C., suspecté d'avoir aidé un ancien stagiaire de l'élu à se soustraire aux enquêteurs. Ses droits d'accès à l'Assemblée nationale avaient été suspendus mercredi, avait annoncé la présidente de l'hémicycle Yaël Braun-Pivet.
Au vu des éléments réunis, notamment les résultats de l’autopsie, le parquet a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire criminelle. Les sept personnes suspectées d'avoir pris part aux violences seront présentées au parquet avec une demande de mise en examen pour "homicide volontaire". Le procureur de Lyon Thierry Dran a précisé en conférence de presse qu'il avait demandé leur placement en détention provisoire en raison notamment du "risque de trouble à l'ordre public".
Ce dernier a précisé que les mis en cause, âgés de 20 à 26 ans, sont pour l’essentiel étudiants ou employés dans le secteur privé. L’un est sans emploi et un autre assistant parlementaire, il s'agit notamment de Jacques-Elie Favrot, collaborateur du député LFI Raphaël Arnault, qui a mis fin à ses fonctions après l'annonce de sa garde à vue, qui reconnaît des coups, mais ceux ayant entraîné la mort du militant. Aucun ne présente de casier judiciaire, à l’exception de deux d’entre eux (l’un pour des faits de vol et port d’arme, l’autre pour des violences).
Certains des suspects appartiendraient à des associations et trois seraient proches de la mouvance de l’ultragauche, a indiqué le magistrat, sans donner davantage de précisions. Interrogé sur un éventuel fichage "S", il n’a pas souhaité répondre. L’enquête se poursuit désormais sous l’autorité de juges d’instruction.
Le procureur de Lyon a par ailleurs fait savoir qu'il restait "plusieurs personnes à identifier" dans l'enquête. "L'identification des personnes présentes sur les lieux était difficile et à ce jour d'ailleurs il reste plusieurs personnes à identifier", a déclaré Thierry Dran.
La justice n'a pas encore les identités de l'ensemble des personnes présentes sur la scène de lynchage ni les identités de l'ensemble des personnes ayant porté des coups à Quentin Deranque. Le procureur de Lyon a parlé d'"un très grand nombre de coups portés directement sur le visage et sur le crâne du jeune homme.
L'information judiciaire, qui sera conduite par trois juges d'instruction, va permettre de faire toute la lumière sur ce qu'il s'est passé avant, pendant, et après le lynchage du militant.
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