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Le rappeur Naps a été mis en examen le 3 octobre 2021.
Crédit : VALERY HACHE / AFP
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Le verdict est tombé quelques jours après l’ouverture du procès, le lundi 16 février. La cour criminelle de Paris a condamné le rappeur à sept ans d’emprisonnement, assortis d’un mandat de dépôt, ce jeudi 19 février. Dans ses motivations, la cour criminelle de Paris a fait valoir "l'absence de consentement".
Quelques heures plus tôt, l’avocate générale Sarah Cadeillan avait requis la même peine. Devant la cour, elle a rejeté l’idée d’un simple affrontement de versions. "On essaie de vous faire croire qu’il s’agit de parole contre parole", a-t-elle déclaré, estimant que les déclarations "circonstanciées" de la plaignante, qui "n’a jamais varié" dans son récit, démontraient un "viol par surprise".
Elle a également dénoncé l’absence de "remise en question" de l’artiste. "Même si elle est inerte, une jeune fille ne peut pas lui résister, ne peut (pas) lui dire non", a-t-elle déploré, pointant un raisonnement consistant à considérer que la présence de la jeune femme dans la chambre valait consentement.
A l'annonce du verdict, celle-ci a fondu en larmes de soulagement, tandis que Nabil Boukhobza qui a toujours nié les faits, l'air abattu, a pris sa femme dans ses bras.
Les faits remontent au 1er octobre 2021. Après une soirée dans la boîte de nuit The Key, dans le 9e arrondissement de Paris, la plaignante, Emma - le prénom a été modifié pour préserver son anonymat -, et deux amies acceptent de poursuivre la nuit dans un hôtel proche de la gare de Lyon, à l’invitation du rappeur.
Selon l’enquête, de l’alcool, du cannabis et du protoxyde d’azote sont consommés. Un rapport toxicologique souligne que ce gaz peut entraîner “une importante diminution de la vigilance et de la mémoire”. Les amis du rappeur quittent progressivement la chambre, laissant l’artiste seul avec les trois jeunes femmes, à qui il avait été demandé de laisser leurs téléphones à l’entrée.
Tous s’endorment dans le même lit, sans se dévêtir. Emma affirme s’être sentie "dans les vapes, entre le réveil et le sommeil", avant de ressentir qu’on lui baissait ses sous-vêtements. Elle dit avoir été réveillée par "la douleur d’une pénétration vaginale" et avoir tenté de repousser le rappeur. Des traces d’ADN de l’artiste ont été retrouvées sur ses vêtements et une lésion a été constatée au niveau de son hymen.
À la barre, la jeune femme de 24 ans est restée constante. "La question, c’est pourquoi est-ce que j’ai été réveillée par une pénétration forcée ?", a-t-elle lancé aux avocats de la défense.
Les trois jeunes femmes, malgré des récits parfois brumeux, se rejoignent sur un point : Emma dormait lorsque la pénétration a eu lieu.
La veille du verdict, le mercredi 18 février, le rappeur, aujourd'hui âgé de 40 ans, a nié avec force. "Jamais de la vie ça ne me viendrait à l’idée d’avoir un rapport avec une personne endormie (…) c’est impossible", a-t-il assuré. "Ce n’est pas moi."
Il a soutenu qu’il s’agissait d’un rapport consenti, affirmant que "tous les signaux (étaient) au vert" et évoquant des "rapprochements" qui "se sont faits naturellement". Devant les enquêteurs, il avait même affirmé que la jeune femme avait "émis des gémissements de plaisir".
Ses avocats ont reconnu la difficulté de leur tâche. Me Marceau Perdereau, à la défense du rappeur, a parlé d’"une tâche ardue" de défendre un homme accusé de violences sexuelles et d’"une épreuve pour (la plaignante) qu’on ne nie pas", tout en pointant des incohérences - notamment puisque les récits des jeunes femmes montraient des imprécisions - et "l’absence de réaction" des témoins des deux témoins présentes dans la chambre ce soir-là. L’une des amies a admis, ce mardi 17 février, avoir menti au départ, affirmant avoir eu un rapport consenti avec le rappeur pour protéger Emma.
"Qui n’a jamais regretté une nuit avec un homme ou une femme ? Est-ce pour autant un viol ?", a interrogé Me Orane Quénot, autre avocate du rappeur, plaidant l’acquittement.
Par ailleurs, des échanges de textos lus à l’audience ont mis en lumière les tensions entre les jeunes femmes. Dans un échange de texto lu pendant l'audience, la plaignante lui reproche longuement l'inaction de son amie de l'époque : "C'est normal que le mec ait réussi à rentrer en moi sous tes yeux", "Sa bite elle était en toi car vu comme sa bite était minuscule", puis elle lui répond : "T'as bien vu, je pouvais à peine bouger".
Connu du grand public pour son tube La Kiffance, Naps fait également l’objet d’une mise en examen depuis juillet 2024 dans le Var pour viols et agressions sexuelles après les plaintes de trois jeunes femmes dans un contexte similaire. Il conteste aussi ces accusations.
En novembre 2024, année de la sortie de son album Mec de cité simple, l’artiste, suivi par plus de trois millions d’abonnés sur YouTube, avait publié un communiqué sur ses réseaux sociaux, depuis supprimé, dans lequel il se disait "tarpin serein" face aux accusations. Mi-janvier encore, réagissant à un classement des rappeurs aux singles les plus écoutés depuis 2020 où il apparaissait en tête, il écrivait : "Les hommes mentent, pas les chiffres !! Gamberge".
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