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Mort de Quentin Deranque : pourquoi le maire de Lyon, Grégory Doucet, est sous pression

La responsabilité du maire écologiste sortant de Lyon est mise en cause par ses adversaires aux élections municipales, après la mort de Quentin Deranque roué de coups de pied en marge d'une conférence de Rima Hassan à Sciences Po.

Grégory Doucet, le maire de Lyon, en juillet 2023.

Crédit : Ludovic MARIN / AFP

Marie-Pierre Haddad

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À Lyon, la mort de Quentin Deranque, roué de coups en marge d'une conférence de Rima Hassan à Sciences Po, a plongé la ville dans un climat de tensions. Le maire écologiste Grégory Doucet a évoqué, ce jeudi 19 février, des "risques avérés de troubles à l'ordre public" et a demandé "l'interdiction" d'une marche en hommage au militant identitaire de 23 ans.  L'édile a expliqué "redouter la venue d'individus susceptibles de commettre des violences", tout en jugeant "naturellement compréhensible" un "rassemblement de la famille, des proches et de toutes celles et ceux touchés par ce décès". 

À trois semaines des élections municipales, Jean-Michel Aulas, candidat Les Républicains, Renaissance, Horizons et UDI, Anaïs Belouassa-Cherifi, candidate LFI et Alexandre Dupalais, candidat RN ont annoncé suspendre leur campagne.

Le maire sortant et candidat à sa réélection a, quant à lui, évoqué la mort de Quentin Deranque, lors de la présentation de son programme. "Nous devons faire la preuve de notre attachement à une démocratie vivante face à des temps comme celui-ci (…) c’est ce qui permet le débat et la confrontation d’idées, sans violence, dans le respect de nos différences d’opinion", a-t-il défendu comme le rapporte Le Monde

Caméras et surveillance

Si l'élu local ne s'est pas associé à la démarche de ces adversaires, il a précisé avoir ralenti sa campagne. Auprès de Mediapart, sa directrice de campagne et maire du VIIᵉ arrondissement de Lyon Fanny Dubot a déclaré : "Ce n'est pas sain que l'élection tourne autour de ce meurtre atroce". Le maire de l'arrondissement voisin, Olivier Berzane a lui assuré que "sur le terrain", "personne" ne lui "parlé de la mort de Quentin Deranque". 

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Mais dans les propositions des candidats, cela a bien une résonance. Jean-Michel Aulas a proposé la mise en place davantage de caméras de surveillance et d'agents sur le terrain pour assurer la sécurité. "Là où s'est produit le drame, malheureusement, on n'a qu'une vision d'un téléphone portable, alors que peut-être qu'avec les outils nécessaires, on aurait pu détecter très" rapidement les agresseurs", a expliqué l'ancien président du club de football de l’Olympique lyonnais. Il a aussi proposé la mise en place d'"un certain nombre de caméras supplémentaires" à Lyon. Tout en assurant "ne pas vouloir rentrer dans la polémique", a-t-elle ajouté.

L'entourage de Grégory Doucet assure que "plus d'une vingtaine de caméras ont produit des images" qui ont été apportés à l'enquête sur la mort de Quentin Deranque. 

"Aucun lien contractuel entre la ville et la Jeune Garde"

Grégory Doucet fait aussi face à une polémique concernant son adjoint à la sécurité de la ville, Mohamed Chichi. Une ancienne interview datant de 2022 a été repartagée sur les réseaux sociaux où ce dernier affirmait avoir travaillé avec le groupuscule d'extrême gauche la Jeune garde, comme l'a repéré Le Figaro

Dans un communiqué, Mohamed Chichi, a expliqué qu'en "2020, la Jeune Garde, comme d'autres associations, a été un interlocuteur parmi d'autres, dans une démarche plus large de compréhension des phénomènes de violence sur la voie publique (...) notamment au sein du comité de vigilance que nous avions mis en place". La mairie de Lyon a aussi réagi auprès du journal en assurant qu'"il n'existe aucun lien contractuel entre la ville et la Jeune Garde". 

Les candidats déclarés aux élections municipales à Lyon : Jean-Michel Aulas (Les Républicains, Renaissance, Horizons, UDI),  Grégory Doucet (Les Écologistes), Anaïs Belouassa-Cherifi (La France insoumise), Delphine Briday (Lutte ouvrière), Alexandre Humbert Dupalais (Union de la droite - Rassemblement national), Georges Képénékian (divers centre), Raphaëlle Mizony (Nouveau Parti Anticapitaliste), Nathalie Perrin-Gilbert (divers gauche).

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