3 min de lecture Justice

Redoine Faïd, assoiffé de braquage et d'évasion

Ce jeudi s'ouvre le procès en appel de Redoine Faïd, à Saint-Omer. Retour sur l'itinéraire d'un assoiffé de braquage et d'évasion.

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Rédoine Faïd, assoiffé de braquage et d'évasion Crédit Image : Benoit PEYRUCQ / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Jean-Alphonse Richard
Jean-Alphonse Richard édité par Esther Serrajordia

Le procès en appel de Redoine Faïd s'ouvre ce jeudi 27 février pour le braquage d'un fourgon en 2011. Mais des incertitudes planent notamment sur la tenue du procès du professionnel de l'évasion. Ce qui en fait un procès très particulier.

Tout d'abord parce que Redoine Faïd reste aujourd'hui le criminel français le plus connu. Il a participé lui-même à la fabrication finalement de sa légende qui est contestée parfois, mais il n'en demeure pas moins que c'est une célébrité. Et puis, deuxième point, c'est un homme qui s'est déjà évadé deux fois : avril 2013, Lille Sequedin, puis juillet 2018 Réau en Seine-et-Marne

S'évader une fois c'est déjà beaucoup dans la vie d'un condamné aussi surveillé, alors deux fois, ça reste exceptionnel, d'où les mesures de sécurité exceptionnelles qui ont été prises pour sécuriser le palais de justice de Saint-Omer. Des portes renforcées, des escortes doublées, une surveillance par hélicoptère, 250.000 euros de travaux pour que Faïd n'ait aucune chance de s'envoler une nouvelle fois.

Le braquage est sa raison de vivre

Redoine Faïd est un lion en cage. Très en colère, il a commencé il y a quelques jours une grève de la faim et de la soif. On ne sait même pas s'il sera présent à son procès pour protester contre ses conditions de détention à la centrale de Vendin-le-Vieil. Des conditions extrêmes, très dures qui l'ont conduit à demander de changer de prison, ce qui lui a été refusé. Il dit lui même qu'il est emmuré vivant.

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En fait il ne tient plus en place Redoine Faïd. C'est quelqu'un qui depuis très exactement vingt ans s'est drogué au braquage. Il a lui même décrit dans des interviews et dans un livre, sorti en 2015, cette montée d'adrénaline, ce besoin vital de braquer, avec ses attaques de fourgons qui sont très spectaculaires dans lesquelles il est acteur, mais dans lesquelles il est aussi spectateur. Il a besoin encore aujourd'hui de cette odeur du braquage, d'où le fait qu'il ne tienne plus en place. 

Le braquage est sa seule raison d'exister, c'est sa raison de vivre. Il suffit de regarder sa trajectoire. Premier braquage, celui d'une petite agence bancaire, alors qu'il est en terminale. Il est lycéen quand il commet cette première attaque. Et puis les braquages ne vont jamais cesser. Toujours plus risqués, toujours plus spectaculaires. 

Une propension à prendre des risques inconsidérés

Le premier fourgon attaqué, c'est en 1997 à Villepinte. Et ce jour là c'est très important parce que Faïd franchit un cap. Il entre dans la cour des grands. L'attaque des fourgons, c'est un peu le Graal des braqueurs, la consécration. Et il le fait de manière très particulière, il s'est inspiré de films d'action comme Point Break par exemple ou Heat de Michael Mann. Il va copier ces scénarios et les appliquer sur le terrain, ça va beaucoup participer à sa légende. En 1995, par exemple il séquestre un directeur de banque. Il s'inspire donc du film Point Break. Lui et ses complices portent des masques d'hommes politiques de l'époque, François Mitterrand, Michel Rocard ou encore Édouard Balladur. 

Les experts psychiatriques l'ont souvent décrit comme une personnalité narcissique, au point de prendre tous les risques. Il y a eu une expertise très intéressante établie après la première évasion de Lille Sequedin. Les psychiatres avaient relevé une propension à prendre des risques inconsidérés. Cela s'appelle chez les experts le Sensation seeking, la recherches de sensations fortes, de sensations physiques face au risque et ce goût de se mettre en danger..Et ces mêmes experts ajoutaient que l'inactivité entraîne chez Redoine Faïd un état de manque, des crises d'angoisse. 

Si la prison ne le brise pas, ça va être compliqué pour lui parce que dans les vingts années qui viennent il va sûrement rester en détention. Ce qui est sûr c'est qu'il doit avoir l'obsession de trouver une solution pour sortir de là. Et pour cela il est tout à fait probable qu'il réfléchisse à un nouveau scénario d'invasion.

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