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DOCUMENT RTL - "J'ai fait mon devoir" : héros de l'attentat antisémite de Sydney, il raconte comment il a désarmé un assaillant

Le héros de la fusillade antisémite de Sydney, Ahmed al Ahmed, s'est entretenu avec Marc-Olivier Fogiel sur RTL. Il est revenu sur son face-à-face avec l'assaillant qu'il a désarmé ce jour-là sur la plage de Bondi, où 15 personnes sont mortes et 42 autres ont été blessées.

Ahmed al Ahmed, l'un des héros de l'attentat antisémite de Sydney (Australie), témoigne sur RTL en janvier 2026.

Crédit : RTL

"J'ai fait mon devoir" : le héros de l'attentat antisémite de Sydney raconte comment il a désarmé un assaillant

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DOCUMENT RTL - Le héros de l'attentat antisémite de Sydney raconte son face-à-face avec l'un des assaillants

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Marc-Olivier Fogiel - édité par Marine Langlois

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Il est devenu un héros en quelques secondes. Le 14 décembre dernier, Ahmed al Ahmed risque sa vie pour désarmer l'un des assaillants de l'attaque antisémite de la plage de Bondi, à Sydney (Australie), qui a fait 15 morts et 42 blessés. Une vidéo capture son acte de bravoure et devient virale, alors que l'homme de 43 ans, un vendeur de fruits et légumes, est à l'hôpital après avoir reçu des tirs au niveau de l'épaule. 

Près d'un mois après les faits, il s'exprime au micro de Marc-Olivier Fogiel sur RTL, pour sa première interview dans un média français. Il revient sur le déroulé des faits, expliquant être ce jour-là, avec son cousin pour aller prendre un café sur la plage de Bondi. "J'ai vu tous ces gens sur la plage avec de la musique, il se passait quelque chose, un événement, on ne savait pas ce que c'était. Il y avait un food truck, je pensais pouvoir prendre un café là-bas", commence-t-il.

"Le bruit des balles qui sifflaient"

Une fois sur place, il se rend compte qu'il y a des agents de sécurité devant l'entrée et plein de monde, dont des enfants, dans "une ambiance festive". "On m'a dit que c'était une fête de la communauté juive. Donc j'allais partir avec mon cousin pour aller me promener dans la rue parce qu'on ne trouvait pas de café sur la plage. Et puis, quelques instants plus tard, j'ai entendu des coups de feu. Et c'est là que tout a commencé", continue Ahmed al Ahmed. 

J'entendais le bruit des balles qui sifflaient et j'ai ressenti ça dans mon corps, mon cousin aussi. J'ai demandé à mon cousin : 'Mais qu'est-ce qui se passe, c'étaient des feux d'artifice ?' Non, non, non, c'est une fusillade.

Ahmed al Ahmed, héros de la fusillade de Sydney

Ahmed al Ahmed va alors s'abriter derrière deux voitures avec son cousin puis voit sur la plage, des gens en train de se réfugier, de se coucher au sol. "J'étais toujours caché derrière la voiture et c'est là que j'ai vu devant moi quelqu'un qui était caché derrière un arbre. Il n'y avait que 5 ou 6 mètres entre lui et moi. Et puis, ce type me dit : 'Ne bougez pas !'"

"Je savais que je risquais ma vie"

Le père de famille d'origine syrienne voit alors "un grand gaillard qui portait un casque", avec une arme "en train de tirer dans le tas". C'est alors que ce face-à-face spectaculaire commence. "Quand je l'ai vu s'éloigner et se retourner, je me suis reculé un petit peu, raconte Ahmed al Ahmed face à Marc-Olivier Fogiel. Je me suis placé derrière une autre voiture et dès que j'ai pu, je me suis lancé sur lui. Là, je l'ai attrapé par-derrière, je lui ai mis le bras autour du cou et j'ai dû me battre avec lui. J'ai dû lui arracher son arme. Je lui ai coincé le pied avec le mien, je l'ai renversé au sol". 


Ensuite, l'assaillant "a commencé à se relever, j'ai commencé à le traiter de tous les noms parce qu'il hurlait de son côté. Je lui ai dit de partir, il est parti, il a fait 20 mètres et il est revenu en arrière. Je lui ai dit : 'si tu reviens, je te tire dessus'. Ce qu'il a fait, c'est qu'il s'est éloigné vers le pont, il s'est rapproché de son père et ils ont commencé à tirer de nouveau. Mais là, c'était moi qu'il visait, il était furieux, évidemment, que je lui aie arraché son arme". 

J'ai senti une balle qui m'a touché le bras, j'ai vu du sang qui coulait. Je suis tombé au sol. Puis là, j'ai cru que tout s'arrêtait là.


Ahmed al Ahmed, héros de la fusillade à Sydney

Ahmed al Ahmed n'est pas sorti indemne de cette altercation. "Et là, j'ai senti une balle qui m'a touché le bras, se souvient-il. J'ai vu du sang qui coulait". L'homme explique avoir été bien conscient que son geste héroïque aurait pu lui coûter la vie : "Je savais que lorsque je me suis lancé sur ce tireur, je savais que je risquais ma vie. Il était tout à fait possible que je disparaisse. Tout ce que je sais, c'est que j'ai sauté sur ce gars pour sauver des innocents."

Il affirme aujourd'hui ne pas avoir tenté de tirer sur l'assaillant car il est "un être humain". "Je ne veux pas tuer des gens. Moi, je savais que quand on tue des innocents, on se retrouve en enfer. Mais moi, je ne voulais pas être associé à cette tuerie. Mon objectif, c'était d'arracher son arme et de l'empêcher de tuer d'autres gens."

Aujourd'hui Ahmed al Ahmed est à New York où il est parti se faire soigner. "En arrivant, j'avais le bras tout gonflé, j'étais en mauvais état, j'étais stressé, je souffrais. En plus, j'avais pris des médicaments, des antidouleurs, d'autres médicaments qui m'assommaient un petit peu, donc c'était difficile", avoue-t-il. 

Il doit aussi se faire à son nouveau statut de héros, son courage avait été largement salué dans la foulée de l'attaque. Le Premier ministre australien Anthony Albanese avait salué un homme qui brillait "comme un exemple de la force de l'humanité". Une cagnotte de soutien avait même été lancée par un influenceur, récoltant 2,5 millions de dollars. 

À écouter

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00:10:32

"J'étais très étonné de voir cette cagnotte. J'étais là sur mon lit d'hôpital. Alors, qu'est-ce que je vais faire de tout cet argent ? D'abord, la première chose, c'est les soins chirurgicaux. Ma main a été très gravement blessée, je n'arrive plus à bouger mes doigts. Donc, il y aura de l'argent pour ça, pour les soins médicaux, pour aider les pauvres également ou d'autres qui auraient besoin de mon aide. De même que j'ai aidé les gens sur la plage, si je peux encore les aider avec cet argent, je le ferai aussi", explique le vendeur de fruits. 

Aider les autres mais aussi porter un message d'unité. Une fois à New York, Ahmed, musulman, est allé prier avec la communauté juive. "C'est un message de paix, explique-t-il. Il faut rester aux côtés des uns des autres. Toutes les religions, quelles qu'elles soient, doivent pouvoir rester unies et travailler, œuvrer ensemble pour la paix. Que nous soyons juifs, chrétiens, hindous, nous sommes tous des êtres humains. Il faut oublier cet aspect religieux. Nous sommes tous des êtres humains et je respecte tout le monde."

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