4 min de lecture Attentats à Paris

Procès de Reda Hame : le jihadiste condamné à 12 ans de réclusion criminelle

Le procès de Reda Hame, le Parisien recruté et entraîné en Syrie par Abdelhamid Abaaoud en 2015, s'est conclu ce mardi 25 février. Il a été condamné à 12 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises spéciale de Paris.

Le palais de justice de l'île de la cité à Paris, accueil la cour d'assises spéciales, où s'est tenu la procès de Reda Hame
Le palais de justice de l'île de la cité à Paris, accueil la cour d'assises spéciales, où s'est tenu la procès de Reda Hame Crédit : Google Maps
Marie Gingault et AFP

Le procès de Reda Hame a pris fin ce mardi 25 février, aux assises spéciales de Paris. L'homme de 34 ans a été condamné à douze ans de réclusion criminelle. Cette peine est assortie d'une période de sûreté des deux tiers. L'avocate générale avait requis ce lundi, 20 ans de prison, soit la peine maximale, à l'encontre de cette recrue d'Abdelhamid Abbaoud, le coordinateur des attentats du 13 novembre.

Ce Parisien, ancien technicien informatique, n'a passé qu'une semaine en Syrie, en juin 2015. Durant cette période, Abdelhamid Abaaoud l'a formé à la kalachnikov avant de le raccompagné à la frontière turque. Reda Hame repart donc avec 2.000 euros et 500 dollars en liquide, et une mission glaçante : commettre un attentat en Europe

"Si on te passe de quoi t'armer, est-ce que tu serais prêt à tirer dans la foule?", lui avait demandé Abaaoud. "Par exemple, imagine un concert de rock", avait ajouté "l'émir". Cinq mois plus tard, le 13 novembre 2015, survenait les attentats de Paris. 130 victimes à déplorer entre le Bataclan, et les terrasses parisiennes touchées par les attaques de trois commandos djihadiste, dont Abaaoud. 

Jamais de la vie je n'aurais fait de mal à quelqu'un

Reda Hame
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Pour sa défense, Reda Hame a affirmé à la cour, avoir accepté la mission meurtrière dans l'unique but de rentrer en France. "Jamais de la vie je n'aurais fait de mal à quelqu'un" a-t-il déclaré lors de son procès, avant d'ajouter, "Quand j'ai vu ce qu'ils faisaient contre des civils, je me suis dit : 'ils sont tarés'".

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Arrêté en août 2015 à Paris, Reda Hame avait averti la DGSI (Direction général de la Sécurité intérieur) qu'une vague d'attentat risquait de toucher la France. L'homme qui a passé quatre ans et demi en détention provisoire a été jugé pour participation à une association de malfaiteurs à visée terroriste. 

Une question plane depuis le début du procès : "Devait-il lui même participer aux attentats du 13 novembre ?" questionne la magistrate du Parquet national antiterroriste. Reda Hame est soupçonné d'avoir rencontrer Mohamed Abrini, un proche d'Abaaoud, qui passe pour un logicien des attentats du 13 novembre. 

Pensez-vous qu'Abaaoud l'aurait choisi s'il n'avait pas perçu sa détermination ?

Avocate générale du procès de Reda Hame
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Reda Hame martèle qu'il a fait un "abandon de poste" avec le groupe État islamique. Il affirme ne pas avoir appelé Abdelhamid Abaaoud, comme ce dernier lui avait demandé, une fois arrivé à Prague, et dit même avoir jeté les coordonnés de "l'émir". Pourtant, selon l'avocate générale, Reda Hame s'est comporté "comme un soldat" qui "suit les instructions". 

Au lieu de rentrer directement en France, l'accusé est passé par l'Europe de l'Est, Prague et Budapest comme lui avait demandé Abaaoud. Lors du procès l'avocate générale a fait part de ses doutes : "Pensez-vous qu'Abaaoud l'aurait choisi s'il n'avait pas perçu sa détermination ?". 

Lors de son retour à Paris, l'ancien technicien informatique a été placé sous surveillance pendant plus d'un mois. Il a repris son train de vie, sans signe particulier de radicalisation. L'homme vivait chez sa mère et sortait avec sa petite amie, une jeune femme non voilée travaillant dans le secteur bancaire. 

Julie Fabreguettes, son avocate, a fait valoir qu'il n'y avait "aucune trace de communication vers l'État Islamique". Cependant entre ces activités classiques, l'homme a fait quelques recherches sur Youtube, comprenant les mots "kamikaze" et "suicide bombers"

Un homme opérationnel

Entraîné personnellement par Abaaoud, l'accusé a expliqué lors de son procès ne pas avoir eu de tâches très compliquées à exécuter. Ce qu'Abdelhamid Abaaoud recherchait, c'était l’efficacité, "faire le plus grand nombre de victimes possible, c'était ça l’efficacité", relève Xavière Simeoni, la présidente. 

Au bout de trois jours en Syrie, Abaaoud dit à Reda Hame : "C'est parfait, la formation est terminée". Et lorsque la présidente a demandé à l'accusé : "Vous étiez opérationnel ?", l'homme a admis : "Oui. (...) A l'époque j'étais capable de me servir d'une kalachnikov". 

Ses avocats ont demandés le retrait de la qualification criminelle

Selon un rapport de détention datant de janvier 2020, Reda Hame "ne semble pas à ce jour présenter une adhésion à une idéologie violente ou un risque de passage à l'acte". Pour son avocate Julie Fabreguettes, l'homme est "un déserteur" de l'EI, "il n'a jamais adhéré au projet criminel" ajoute-t-elle. Reda Hame était "une planche pourrie" pour l'EI, a renchéri l'avocat Archibald Celeyron. Ils ont donc demandé le retrait de la qualification criminelle

Reda Hame présente un profil plutôt atypique et sa radicalisation aurait été plutôt politique que religieuse. En effet, l'accusé se décrit comme "complotiste" depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. Son avocate signale qu'il n'y a "aucun point de contact avec l'Islam radical" dans sa famille ou ses proches.

Le parquet national antiterroriste a requis lundi, vingt ans de réclusion criminelle à l'encontre de Reda Hame, avec une période de sûreté des deux tiers. Il s'agit de la peine maximale encourue puisque les faits sont survenus en 2015, soit avant la loi du 21 juillet 2016 qui a fait passer cette peine à 30 ans

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