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PPDA : huit femmes dénoncent les agissements de l'ancien présentateur

VU DANS LA PRESSE - Le journal "Le Monde" a recueilli les témoignages d'anciennes consœurs du journaliste de TF1. Elles racontent des violences et un système de domination.

Patrick Poivre d'Arvor, en mars 2009 à Valenciennes
Patrick Poivre d'Arvor, en mars 2009 à Valenciennes
Crédit : FRANCOIS LO PRESTI / AFP
PPDA : huit femmes dénoncent les agissements de l'ancien présentateur
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Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud

C'est une longue enquête du journal Le Monde qui vient s'intéresser à l'ex-star du 20 heures de TF1, Patrick Poivre d'Arvor. Huit femmes, anonymes ou qui n'hésitent pas à donner leurs noms, dénoncent un "système industrialisé" de séduction, de harcèlement sexuel voire de violences opéré par l'ancien présentateur. Une nouvelle salve de témoignages allant dans le même sens que celui de Florence Porcel qui a révélé, dans un livre puis plus frontalement dans les médias, son histoire avec Patrick Poivre d'Arvor. Des témoignages qui intéresseront la justice dans les prochains mois même si, pour de nombreuses victimes présumées, la frontière de la prescription a déjà été franchie. 

La journaliste Hélène Devynck, 54 ans, raconte dans les colonnes du journal son expérience avec celui dont elle fut l'assistante dans les années 90. "C’était impensable de ne pas passer à la casserole, mais tout autant impossible de le dire. Moi, je ne l’ai pas dit, je savais bien que si je disais quelque chose, il y avait un tel déséquilibre que je serais la pute et lui le séducteur. La journaliste raconte la scène "chez lui à Neuilly. Un petit coup vite fait mal fait, vraiment du troussage de domestique et j’étais la bonne. (...) J’ai cédé. Mais j’ai serré les dents, et étouffé mes larmes. C’était vraiment humiliant. Je n’avais pas le choix, sinon je ne travaillais plus. Quand j’ai voulu que notre collaboration s’arrête, il a été vexé et cruel, et est allé dire à toute la rédaction que j’étais nulle." Cette scène, elle l'a racontée aux enquêteurs de la brigade de répression de la délinquance aux personnes qui l'a convoquée le 10 mars 2021. Le Monde a aussi publié un texte dans lequel elle raconte les raisons de sa prise de parole : Quel poids a la parole d’une jeune femme inconnue, face à la vedette capricieuse ?

Selon Le Monde, trois femmes au moins ont décrit des faits s’apparentant à des viols. D’autres décrivent des agressions sexuelles ou des faits de harcèlement. Le journal remarque que ces femmes ne se connaissent pas, mais qu'elles décrivent toutes un "système". Les approches, les situations, les conversations, les gestes décrits sont similaires. Les témoignages racontent des attouchements non désirés au sein même de la rédaction. À chaque fois, le statut de star et l'influence réelle ou crainte de PPDA dans le monde de la télévision sont présentés comme autant de chaînes pour réduire au silence et pétrifier des femmes qui se perçoivent comme des proies. Ce statut de star est aussi présenté comme un aimant, un subtil instrument de séduction.

Les victimes présumées évoquent aujourd'hui des anecdotes, de la gêne voire de véritables traumatismes. Clémence de Blasi qui a interviewé le présentateur pour la revue Charles se souvient de propositions insistantes et de ce que son refus lui aurait coûté. "PPDA a appelé son supérieur hiérarchique à la rédaction de Charles, pour lui dire qu’elle n’était pas une bonne journaliste, décrit le quotidien. 'Moi j’étais juste une petite fourmi et lui, c’était le roi du PAF. Il se sentait tellement puissant, il ne voyait pas pourquoi je refuserais'", raconte la jeune femme.

Paroles contre paroles

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Patrick Poivre d'Arvor, lui, explique dans les médias ne pas comprendre ces accusations qui seraient contraires à sa nature. "Il n’y a rien de pire pour moi que de contraindre quiconque, et bien évidemment une femme, à quoi que ce soit. (…) Ça ne peut pas être dans ma nature, ça ne me ressemble pas", se défendait-il sur le plateau de Quotidien. Mais à TF1 la réputation d'un "serial séducteur", au mieux désinhibé ou au pire dangereux pour les nouvelles recrues, circule, raconte le journal. Le journal du soir a tenté de savoir si les anciens responsables de la chaîne avaient été mis au courant de ces comportements. Si des rumeurs, au moins, leur étaient parvenues. Etienne Mougeotte, Robert Namias ou encore Xavier Couture ont préféré ne pas commenter ces révélations en attendant les résultats de l'enquête et les éventuelles décisions de justice. 

D'autres collaborateurs et collaboratrices de PPDA racontent que le présentateur était un séducteur, mais qu'il n'était certainement pas violent dans ses entreprises. L'une d'elles se souvient : "Patrick recevait des dizaines et des dizaines de lettres, certaines avec des photos de femmes très suggestives, voire complètement dénudées, je le sais, c’est moi qui les ouvrais. Il recevait aussi des cadeaux divers et variés, qui allaient de gâteaux et chocolats jusqu’à des dentelles… C’était hallucinant !"

"Son bureau était au centre de la rédaction, s’il s’était passé des choses répréhensibles, on l’aurait su", a déclaré Jean-Pierre Pernaut sur RMC. Même son de cloche pour Claire Chazal, ancienne compagne de PPDA et mère de leur fils François : "Concernant TF1, jamais les choses n’ont été évoquées ni même imaginées dans cette tour où son bureau était au cœur de la rédaction et auquel chacun avait accès", a-t-elle expliqué sur France Inter. Patrick Poivre d'Arvor a reconnu face à Yann Barthès quelques marques d'affection d'un autre temps, une incompréhension entre générations. "Ce comportement où il y a de petits bisous dans le cou, parfois de petits compliments, ou parfois du charme ou de la séduction, n’est plus accepté aujourd’hui par les jeunes générations. Si vous voulez mon avis, je le regrette", a-t-il déclaré. 

Par la voix de son avocate, PPDA conteste "des témoignages à charge qui voudraient faire de [lui] un homme au comportement pressant à l’égard des femmes, voire irrespectueux de leur consentement. (...) [Il] n’a jamais imposé à quiconque un acte ou une relation sous la contrainte et réfute toute accusation qui évoquerait des faits non consentis". Le journaliste a aussi tenu à faire savoir qu'il était "profondément attaché à la libération de la parole des femmes même s’il est aujourd’hui victime de son dévoiement". L'avocate de Patrick Poivre d'Arvor a expliqué rédiger des plaintes pour "dénonciation calomnieuse et diffamation" en guise de contre-attaque.

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